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Une vie inachevée
de Mark Spragg

Le 30/07/2018 à 07:30 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Mark Spragg

Code Errone

Littérature française

02/06/16

9782404005898

304

7.30...49404560.....

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ISBN : 9782404005898

Editeur : Code Errone

Prix grand format : 7.30...49404560.....

 

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Résumé du livre
Dans un ranch délabré d'Ishawooa, Wyoming, le vieil Einar vit reclus dans une tranquille solitude depuis la mort de son fils, dix ans plus tôt. Aussi voit-il d'un mauvais œil resurgir sa belle-fille, Jean, qu'il tient pour responsable de l'accident de voiture qui a coûté la vie à Griffin. Fuyant son compagnon violent, la jeune femme vient se réfugier chez lui. Einar découvre alors l'existence de sa petite-fille Griff, âgée de neuf ans. Le tempérament bien trempé de l'enfant et la fascination qu'exerce sur elle la vie au ranch ne laissent pas le vieil homme indifférent. Mais tandis qu'un équilibre fragile semble s'instaurer, l'ex-amant de Jean débarque en ville.
Cette flamboyante histoire d'amour, d'amitié et de rédemption est une véritable ode aux espaces de l'Ouest américain.
trad. Nicole Hibert

 

Premier chapitre

À Virginia, parce qu’elle est Virginia, toujours,

à Kent et Cathy Haruf et Nancy Stauffer,

avec toute mon affection.

 

 

Ces rides, ce n’est rien.

Ces cheveux gris, rien non plus.

Ce ventre qu’ont distendu

Les nourritures du passé,

Ces chevilles douloureuses

Et enflées,

Mon cerveau qui s’embrume,

Ce n’est rien.

Je suis toujours le petit garçon

Qu’embrassait ma mère.

Mark Strand, Not Dying.

 

 

1


LES BÛCHES d’aubier craquent et se rompent dans le petit ventre du poêle, la chaleur enfle entre les planches en pin des murs et du toit usées par les intempéries, toute la cabane semble gémir.

C’est la première nuit fraîche de l’automne – une nuit idéale pour une bonne suée. Einar carre son dos et son postérieur humides dans le fauteuil en sangles de toile. Il sent tout le poids de ses soixante-dix ans et regrette de ne pas avoir pris une serviette pour recouvrir les sangles, mais ce printemps, quand il est venu ici, il avait aussi oublié d’en apporter une. Il puise de l’eau dans le seau près de lui, la jette sur le poêle où elle grésille et fume.

Si seulement il avait su que les choses tourneraient comme ça.

— Il aurait dû y avoir un vieux con pour m’expliquer ce que c’est de vieillir, dit-il à voix haute en inclinant la tête pour se protéger de la pulsation de la vapeur. Il y a sans doute eu un vieux con pour me l’expliquer, mais je ne l’écoutais pas.

La sueur lui dégouline du nez et du menton.

Il attrape la chemise en jean pendue à un clou, la plonge dans le seau, se lève pour s’éponger la figure et le torse.

Il étale la chemise sur le siège, se rassied et contemple le fauteuil vide devant le sien, tous deux installés sur l’estrade, dans la chaleur.

Par la fenêtre côté ouest il voit la lune ambrée et se remémore l’automne où ils ont amené ici des pierres sur un traîneau. Ils les ont liées avec du mortier pour les fondations, sous ce plancher. La cabane était une idée de Griffin.

— Papa, j’en ai besoin. Je t’assure.

— Tu as besoin d’un sauna ?

— Je suis un Viking. C’est ce qu’ils faisaient, les Vikings.

Il y avait vingt ans de ça, Mitch les avait aidés à construire les murs et les ouvertures. Griffin n’était qu’un gamin, mais il travaillait déjà avec l’application d’un homme. Et c’était un gamin qui n’avait jamais réclamé grand-chose.

Ils avaient percé une fenêtre côté sud, celle-ci côté ouest et une autre dans le toit pentu pour pouvoir contempler les étoiles. Et encore une plus petite, en bas du mur de gauche pour que Karl, le chien du gamin, puisse se coucher sous le porche et les regarder.

Quand ils avaient eu terminé, Griffin s’était campé entre eux, les tenant chacun par la main. Il avait incliné la tête.

— Dieu bénisse cet endroit.

Il était grave, bizarre, il ne se contentait pas de répéter des mots qu’il avait entendus.

— Il y a autre chose dont tu as besoin ? avait demandé Mitch.

Le gamin avait levé la tête vers lui, la main en visière sur ses yeux.

 

 

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