Extrait

Une image peut-etre vraie ; Alix Cléo Roubaud
de Giannecchini, Helene

Le 02/07/2014 à 18:27

Auteur : Giannecchini, Helene
Editeur : Seuil
Genre : monographie / histoire de l'art / essais / dictionnaires
Date de parution : 02/05/2014
ISBN : 9782021137576
Total pages : 224
Prix : 23 €
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Résumé du livre
L’existence d’Alix Cléo Roubaud (1952-1983) fut d’une exceptionnelle intensité. Photographe, écrivain, complice de son époux Jacques Roubaud, amie du cinéaste Jean Eustache, elle a laissé une œuvre intime et profonde. Après les trente ans qui ont suivi sa brusque disparition, ses photographies sont désormais conservées et exposées dans de grands musées. Mais un pan entier de son travail d’écrivain demeurait oublié. Ce livre se fonde sur plus de six cents photographies inédites – dont une cinquantaine reproduite dans cet ouvrage –, des centaines de lettres et d’écrits pour éclairer la vie intime d’Alix Cléo Roubaud et la force de sa conception de la photographie. Malgré l’importance de ses archives, certains mystères persistent. Restituer cette vie fulgurante, découvrir ces images, pose aussi la question de la mémoire et de ses oublis. Jacques Roubaud écrit dans sa postface: « Ce livre n’ignore pas la dimension autobiographique de l’œuvre d’Alix Cléo Roubaud, mais il relativise son importance. Le chapitre qu’Hélène Giannecchini consacre à l’étude poussée d’une des photographies conservées, Quinze minutes la nuit au rythme de la respiration, constitue, je pense, l’illustration la plus accomplie de la richesse de sa démarche. »

 

Premier chapitre

Le fonds qui alimente ce travail m’a été confié par Jacques Roubaud. Les documents (lettres, photographies, textes, etc.) ont été produits durant leur vie conjointe : de décembre 1979 (date de leur rencontre) à la mort d’Alix Cléo Roubaud en janvier 1983.

Rares sont les documents antérieurs.

Les passages cités sont : des extraits du Journal d’Alix Cléo Roubaud (éd. du Seuil, « Fiction & Cie », 1984) dans la version rééditée de 2009, des retranscriptions exactes de documents appartenant au fonds Alix Cléo Roubaud (lettres, carnets, essais, etc.) ou des moments d’entretiens que j’ai pu mener avec ceux qui l’ont connue.

La ponctuation d’Alix Cléo Roubaud, souvent inhabituelle, et les espaces irréguliers entre les mots ont été respectés.

Les photographies reproduites dans cet ouvrage, à l’exception de trois, sont inédites.

Alix Cléo Roubaud est née le 19 janvier 1952 à Mexico. Elle est morte le 28 janvier 1983 rue des Francs-Bourgeois à Paris quelques jours après son trente et unième anniversaire. Elle est le premier enfant de Marcelle et Arthur Edward Blanchette. Son frère Marc naît en 1957 à Pretoria en Afrique du Sud. Fille de diplomate, son enfance a été rythmée par des voyages et déménagements au gré des nominations de son père au Mexique d’abord, puis en Égypte, au Portugal et en Grèce. Ce mode de vie cossu mais nomade l’a amenée à entretenir dès la prime adolescence de longues correspondances avec les amis et proches qu’elle avait dû quitter. Je dispose aujourd’hui d’environ huit cents lettres, mots et télégrammes, dont un tiers environ a été rédigé par elle. Ce livre est nourri par ces documents.

Alix Cléo Roubaud entre à l’université d’Ottawa en 1967, âgée de quinze ans, pour étudier, de manière un peu désordonnée, la psychologie, la littérature, l’architecture, avant de choisir la philosophie. Elle suit également quelques cours ponctuels de chinois et de journalisme à Carleton. En 1972, désirant s’éloigner du giron familial, la jeune femme quitte le Canada pour suivre des études de philosophie à Aix-en-Provence. Ce choix est aussi motivé par des raisons de santé : le climat méditerranéen l’aide à soigner l’asthme dont elle souffre depuis l’enfance et qui s’aggrave avec le temps. Trois ans plus tard, en 1975, elle part pour Paris et s’inscrit au département du champ freudien à l’Université Paris-VIII. À vingt-quatre ans, elle commence une thèse de doctorat sous la direction de Jacques Bouveresse. Son sujet : « Wittgenstein : style et pensée. Remarques sur l’écriture philosophique. » Elle n’a jamais terminé ses recherches.

En 1977, elle fait la connaissance de W. et vit avec lui une histoire sincère et tumultueuse. Le jeune homme, d’origine allemande, étudie l’architecture. À l’intérieur d’une enveloppe trouvée dans l’appartement d’Alix, j’ai découvert les lettres et mots échangés par les deux amants. Des notes tendres, vraisemblablement laissées pour l’autre encore endormi, succèdent à des courriers de reproches et d’insultes. Il semble que W. et Alix aient aussi beaucoup échangé : elle apprend l’allemand – ses carnets de vocabulaire et de grammaire l’attestent – et déchiffre ainsi Wittgenstein dans le texte, ils réalisent des photographies ensemble. Certaines, morbides, ont été prises après qu’Alix a ingéré une dose mortelle de somnifères, juste avant l’arrivée des secours. Elle avait, m’a-t-il dit lors d’un entretien en février 2010, choisi le cadre. Ces images à la lisière de la mort ne sont pas conservées dans le fonds Alix Cléo Roubaud. Je ne les ai vues qu’une seule fois, à la hâte. W. les a gardées.

 

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