Extrait

Une dose de douleur nécessaire
de Victoire de Changy

Le 05/09/2017 à 10:25 - 0 commentaire

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Victoire de Changy

Autrement

30/08/2017

9782746745865

14.50 €

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ISBN : 9782746745865

Editeur : Autrement

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ISBN : 9782746746282

Editeur : Autrement

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Résumé du livre
« Mais je suis quoi pour toi, elle lui demande. Je suis quoi, elle insiste, un bonus ? Ta petite dose de douleur nécessaire ? »
C’est un drôle de ballet qui se joue à Bruxelles. Elle est jeune, songeuse, tout à lui. Il a une vie ailleurs et le double de son âge. Rencontre insolite, séduction musicale, retrouvailles fugaces… Mais quand l’amour en vase clos ne suffit plus, les tensions s’avivent. Et la douceur devient douleur.
Au fil d’instantanés amoureux alliant la sensibilité de Marguerite Duras à la fantaisie de Michel Gondry, Une dose de douleur nécessaire nous emporte dans une passion singulière.

 

Premier chapitre

Ce serait donc l’heure ? dit-il.

D’aller se coucher, dit la petite fille.

Oui, dit Matelot, donne ta main, fillette.

Elle lui tendit sa main, il la soupesa dans la sienne.

Pas lourd, dit-il, mais beaucoup. Alors adieu.

Adieu, dit-elle, vous reviendrez ?

Non, dit-il, j’embarque ce soir.

Il sortit.

Les Vraies Richesses, Jean Giono

 

 

J’écris la nuit. J’écris : la Nuit. La Nuit est une si grande déité qu’un jour elle a fini par s’incarner et faire apparition dans l’une de mes pièces. La Nuit est mon autre jour. La moitié la plus prodigieuse de ma vie. La plus prodigue.

L’Amour du loup et autres remords, Hélène Cixous

 

 

Mettre sa nuit en plein jour, le mystère en pleine lumière. L’impudeur est notre héroïsme à nous et l’œuvre d’un homme doit être assez forte pour qu’on puisse lever le rideau sur ses coulisses.

Lettre de Jean Cocteau à Jean Marais

 

 

Un très grand merci aux très grandes mains dans mon dos.

 

 

1

 

 

Il entre, elle sort.

Elle sort par la fenêtre du salon, d’abord les genoux nus qui s’éraflent sur le rebord du balcon, puis un pied, les doigts serrés autour de la barre en aluminium, l’autre pied, elle y est. Elle y est, debout sur le plateau d’acier, par--dessus le trottoir, face aux fenêtres ouvertes du quatrième étage de son immeuble.

D’ici le salon lui semble encore plus grand, elle l’entend qui s’affaire dans la cuisine, elle écoute aussi le disque de Bessie Smith qui tourne et sent toujours l’odeur de dizaines de bougies, encore une minute avant que la rue – ses vapeurs, ses cris – ne dévore le tout. C’est une drôle de perspective d’apercevoir la maison depuis l’extérieur, de n’être plus l’habitant mais la ville qui regarde au-dedans. Elle croit encore se voir les jambes emmêlées dans les siennes sur le canapé. Elle est l’intruse, la voyeuse. Le décor n’est plus dehors.

Elle se retourne et commence à escalader comme un chat. Elle ne sait rien du vertige ni de la peur du vide, s’il y eut des chutes elle a toujours gardé cette parfaite inconscience du danger, sauf quand c’est l’autre qui se penche, là elle a le tournis et la nausée, le cratère se déplace sous ses pieds. Elle dit arrête, recule, putain, elle s’accapare le risque, elle ne respire plus très bien.

Elle attrape le premier barreau de la première échelle de l’échafaudage, puis les suivants, puis ceux de la seconde, ça grince et ça tremble, p-olyphonie métallique, un petit attroupement se forme en bas sur le perron de l’église, ils la regardent grimper, l’un d’eux s’époumone, vous savez que c’est interdit ce que vous faites, elle se contente de hausser les épaules elle l’entend, de plus en plus loin, de moins en moins fort, rire de bon cœur. Le vent s’engouffre dans ses vêtements, la rue sale regarde sous ses jupes. L’attroupement s’agrandit, elle les voit en tout petit, elle plisse les yeux et elle enregistre les détails : deux femmes voilées, trois hommes, la femme tient le poignet de sa voisine ou de sa sœur, garde l’autre main devant sa bouche. La fille du troisième, celle qui habite dans l’appartement au parquet entièrement peint en blanc, ouvre grand ses fenêtres, elle tente un mademoiselle, attendez ! Elle aussi l’imagine déjà sauter. Lui non, lui n’imagine rien du tout, il ne l’a pas suivie. Il ne veut pas savoir, c’est ce qu’elle se dit.

 

 

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