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Une autre histoire de la Renaissance
de Didier Le Fur

Le 26/03/2018 à 09:36 - 0 commentaire

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Didier Le Fur

Perrin

15/02/2018

9782262070595

22 €

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Résumé du livre
La France, au XVIe siècle, se serait réveillée après une longue nuit, le Moyen Age, pour embrasser avec éclat et gourmandise la modernité. La civilisation française, avec ses us et coutumes, son élégance et son esprit, était née. Si depuis quelques années les historiens ont largement nuancé cette vision simpliste, ils ont convenus de la réalité de la révolution culturelle qu'aurait été cette Renaissance du XVIe siècle. Il reste pourtant un fait incontestable : si le joli tableau brossé à coup d'affirmations et d'exemples

 

Premier chapitre

Pour Maïtena Douménach

 

 

Introduction

La Renaissance. Cette période de l’histoire est aujourd’hui perçue par le plus grand nombre comme un temps remarquable, un moment phare et essentiel du roman européen. Elle aurait été une période de bouillonnement scientifique, littéraire et intellectuel unique en son genre, que l’humanisme, né en Italie, aurait transcendée, l’imprimerie, venue d’Allemagne, diffusée, et la réforme de la religion chrétienne, elle aussi d’origine germanique, accompagnée. Elle aurait vu la naissance de la conscience individuelle et l’éveil flamboyant des arts porté par une foison de génies. Une révolution que les princes, quelle que soit leur nationalité, laïcs ou religieux, auraient encouragée, principalement par leur mécénat, parce que eux-mêmes seraient devenus des lettrés, amateurs d’art et de philosophie. Elle aurait été le temps des grandes constructions étatiques, des grandes expéditions au-delà des mers, voire, pour certains, en raison du développement du capitalisme qui aurait engendré une mobilité sociale encore jamais vue, le temps de la première mondialisation. Cette Renaissance aurait fortement marqué la France. Celle-ci, après la longue nuit du Moyen ge empreinte de superstitions et soumise à un pouvoir religieux omniprésent, aurait embrassé, mieux que toute autre nation, cette modernité, accaparant ses nouveautés pour les magnifier et inventer, sur ces bases, sa propre civilisation qui rayonne toujours par son savoir-faire, son altruisme, son élégance et son esprit.

Le tableau est joli, et comme il est doux de s’y laisser prendre ; il est si rassurant. N’est-il pas un prétexte formidable pour illustrer une flatteuse composante d’un sentiment national idéal qui revaloriserait tout un peuple ? Mises bout à bout, toutes ces belles affirmations laisseraient penser à la vérité du propos. Après tout, les châteaux, les œuvres d’art, les textes fondateurs et les découvertes ne sont-ils pas là pour en démontrer l’authenticité ? Pourtant, à l’observer, il manque bien des éléments à cette peinture, d’autant que ce qui y est mis en évidence fut souvent bien éloigné des préoccupations et de l’imaginaire des individus qui la traversèrent, bien distant de leur idée de la nation. En fait, et là est la gêne, cette peinture est, pour l’essentiel, le résultat d’une construction dont l’ébauche se dessina au début du xixe siècle. C’est pour cette raison que je crois utile d’esquisser ici les contours de son histoire, afin, peut-être, de mieux éclairer le propos de ce livre, comme le choix du titre.

 

Créé au milieu du xive siècle, le mot « renaissance » fut d’abord compris dans un sens chrétien, celui de la régénération qu’offraient le baptême ou la pénitence : renaître au péché, qu’il soit originel ou l’expression d’une transgression de la loi divine, tel était le but. C’est au début du xve siècle, en Italie, que sa définition s’élargit. Fascinée par la langue de Cicéron que Pétrarque avait tiré de l’oubli, une génération d’intellectuels florentins eut pour ambition de remettre ce langage à l’honneur par l’imitation. Cette rinascita ne qualifiait donc qu’un mouvement littéraire, un phénomène culturel dont l’objectif était de faire revivre, au moins par la pratique de l’excellence d’une langue, une époque perdue mais glorieuse, celle où l’Italie était le centre du monde, dans l’une des cités les plus ambitieuses de la péninsule. Un intérêt qui se porta également sur le grec ancien qui fut enseigné non seulement à Florence, mais aussi à Rome, puis à Venise. À la fin du siècle suivant, le mot resurgit dans un sens analogue, sous la plume du peintre Giorgio Vasari, auteur de la première histoire de l’art. Celui-ci l’employa pour individualiser le mouvement artistique qui caractérisait, selon lui, la fin du xve et le début du xvie siècle. Un art incarné principalement par Raphaël et Michel-Ange, deux créateurs qui auraient su se débarrasser des poncifs esthétiques étriqués de leurs devanciers pour retrouver la grandeur des œuvres antiques. En somme, le mot de renaissance utilisé par ces hommes conservait son caractère chrétien qui impliquait la nécessaire rupture avec le mal pour renaître au bon, favorisant l’idée d’un retour à un temps précis, celui d’avant l’erreur, même si, par la résurgence de ses qualités, il devait conduire à la perfection du futur.

 

 

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