Extrait

Un si petit oiseau
de Marie Pavlenko

Le 05/02/2019 à 09:17 - 0 commentaire

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Editeur :

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Marie Pavlenko

Flammarion

02/01/2019

9782081443846

394

17,50 €

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ISBN : 9782081443846

Editeur : Flammarion

Prix grand format : 17,50 €

 

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ISBN : 9782081474246

Editeur : Flammarion jeunesse

Prix grand format : 11,99 €

 

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Résumé du livre
"Elle ferme les yeux, écoute la nuit, elle sent battre le coeur de la Terre, sous elle, celui des hommes, des arbres, des animaux, ce coeur nocturne qui bat depuis le commencement, qui battra après elle. Elle appartient à ce monde immense. Et son bras, peut-être, alors, est dérisoire."

 

Premier chapitre

Pour Stéphane.

 

 

« Ma main coupée brille au ciel dans la constellation d’Orion. »

Blaise Cendrars, Au cœur du monde

 

 

Elle se souvient de l’air.

Doux.

Effervescent.

Le soleil couchant dissimulé derrière une rangée de vieux peupliers dont les feuilles vibrionnaient dans la brise tiède.

La lumière d’or.

Elle se souvient avoir pensé : c’est tellement parfait, on se croirait dans une publicité pour un parfum.

L’atmosphère criait la vie, sa force ; le printemps flamboyait, entaché de nuées d’insectes, les bourdons vrombissaient, survolaient les champs de blé vert pour aller butiner et faire ce que fait un bourdon au mois de mai. Un de ces moments de grâce où chaque particule de l’univers donne l’impression de s’être passé le mot et d’être à sa place. Il suffit de regarder, se saouler de beauté.

Et cet air…

Il s’engouffrait par la fenêtre ouverte, soulevait ses cheveux, lui fouettait le visage. Il sentait le foin, la terre féconde, les pollens, le rire des ruisseaux, le sous-bois.

Accoudée à la portière, elle dessinait des vagues avec sa main, doigts tendus et serrés, face au vent, elle était un dauphin, sautait hors de l’eau, replongeait dans des gerbes d’écume blanche.

Au volant, sa mère lui a demandé si elle avait des nouvelles de Thomas. Sa question a failli dissiper la magie. Elle a dit non et sa mère n’a pas insisté, elle n’allait pas gâcher ce joli week-end prolongé.

Nina Simone et sa voix sensuelle s’échappait de la radio, Love Me or Leave Me, son piano débobinait une impro sautillante en totale symbiose avec le panorama.

Elle se souvient avoir souri.

Des fleurs se hissaient sur les façades des fermes, des rosiers grimpants, une glycine piquetée de délicates grappes mauves. Elle adore les glycines. Leurs corps qui se contorsionnent, se tordent, s’enroulent.

Elle a souri. Encore. Elle n’arrêtait pas. Thomas était loin. Le monde était une caresse sur son cœur, il hurlait que ça irait, oui, ça irait, la vie serait merveilleuse, bien sûr. Elle allait passer les concours pour lesquels elle avait travaillé si dur, intégrer l’école de ses rêves, avancer.

Sa mère a fredonné avec Nina.

Et puis elle se souvient du choc.

Le crissement suraigu des freins, le vacarme de la tôle qui se plie et fracasse les tympans, le paysage cul par-dessus tête, les arbres renversés, elle valdingue dans tous les sens, elle se cogne, la ceinture la rattrape, coupe sa poitrine en deux, comprimée, déchirée, le gémissement du métal lacéré, la douleur dans son bras, inhumaine, un cri de femme et elle n’arrive plus à respirer, son bras, elle ne comprend pas ce qui se passe dans son bras mais c’est monstrueux.

 

Rien ne bouge.

 

Elle a rouvert les yeux, la voiture était encastrée dans un mur, l’avant défoncé.

Le moteur fumait.

Et toujours cette femme, quelque part, qui gueulait comme si on l’éventrait. Mais pourquoi est-ce qu’elle gueule comme ça ?

Elle a rentré son bras à l’intérieur.

 

 

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