Extrait

Un dernier tour de valse
de Inès de Kertanguy

Le 23/05/2016 à 08:29

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ISBN : 9791021017863

Editeur : Tallandier

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Résumé du livre
1860. Lors d'un voyage à Madrid, Sophianne, jeune fille issue d'une famille bourgeoise qui a fait fortune dans les chemins de fer, fait une rencontre qui scelle son destin : Eugenia de Montijo, future impératrice des Français, devient son amie intime. En la suivant dans son ascension, son mariage avec Napoléon III, la naissance du prince, Sophianne réalise son rêve :Appartenir au grand monde.

 

Premier chapitre

À mon frère Loïc qui me protège
et qui répond toujours présent lors des moments difficiles.


À ma petite Lorine avec mes vœux de bonheur réitérés.

 

 

« Je regarde avec effroi la responsabilité qui va peser sur moi, et cependant j’accomplis ma destinée… À la veille de monter sur un des plus grands trônes d’Europe, je ne puis me défendre d’une certaine terreur ; la responsabilité est immense… J’ai accepté cette grandeur comme une mission divine. »

EUGÉNIE DE MONTIJO.

« Je crois que, de temps en temps, des hommes sont créés, que j’appellerais providentiels, dans les mains desquels sont remis les destinées de leur pays. Je crois être moi-même un de ces hommes. »

NAPOLÉON III.

J’avais ouvert un œil et laissé mes pensées vagabonder, quand je me rappelai que nous étions le 25 mai, jour anniversaire de la mort de mon fils aîné. D’un coup, mon cœur se serra. Chaque année, depuis vingt-cinq ans, je faisais donner une messe pour le repos de son âme en la petite église de mon village. Pour cela, je devais quitter Paris et monter dans la confortable berline de voyage tirée par quatre chevaux pour me rendre dans ma propriété située dans le beau pays de Loire. Je serais accompagnée de Charlotte, ma dame de compagnie, et de Valentine, ma petite-fille.

Je poussai un soupir et réfléchis jusqu’à ce que j’entende la grosse horloge de parquet, placée tout au fond du couloir, sonner la demie de sept heures. Je tendis l’oreille, sachant que je n’allais plus tarder à percevoir les pas de Minette, la plus jeune de mes femmes de chambre. En effet, quelques secondes plus tard, je vis sa silhouette gracile se glisser par l’entrebâillement de la porte et, tout de suite derrière, celle de la précieuse Charlotte. L’étau se desserrait. Minette déposa le plateau du petit déjeuner sur le guéridon, puis alla repousser les volets : gicla un rayon de soleil qui se coucha sur le parquet tel un chien aux pieds de son maître. Tandis qu’elle regagnait la porte, Charlotte me dédia un de ces sourires teintés d’âme qui m’avaient conquise dès notre première rencontre.

La voiture était chargée. Prudent, le cocher ne poussait pas les chevaux. Nous roulions depuis une bonne heure et Paris était déjà loin derrière nous. J’écoutais d’une oreille distraite converser Valentine et Charlotte. Ma petite-fille était si jolie dans sa robe blanche dont la large ceinture soulignait une taille fine et souple. Sur ses cheveux blonds était posé un canotier. Dans un visage encore arrondi par l’enfance, ses yeux brillaient. Malgré cette date du 25 mai, Valentine se montrait d’humeur primesautière. La jeunesse a ceci de particulier qu’elle sait mettre de côté ses chagrins, alors qu’à mon âge les peines imprègnent l’âme de façon indélébile, marquant durablement les mémoires et les visages.

Vers quatre heures, les chevaux, mis au pas, passèrent le portail, prirent l’allée bordée de marronniers en fleur. La lourde voiture stoppa devant les marches de l’élégante façade XVIIIe percée de hautes fenêtres. Les chevaux hennirent, leurs robes étaient couvertes d’une écume blanche. Le palefrenier se précipita au-devant de nous. Il ouvrit ma portière, descendit promptement le marchepied. La vue de ce brave homme me fit du bien et je retrouvai pour quelques instants un peu de légèreté.

 

 

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