Extrait

Un certain M. Piekielny
de Francois-Henri Deserable

Le 28/02/2018 à 08:41 - 0 commentaire

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Prix :

Francois-Henri Deserable

Gallimard

17/08/2017

9782072741418

260

19.50 €

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ISBN : 9782072741418

Editeur : Gallimard

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ISBN : 9782072741425

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Résumé du livre
""Quand tu rencontreras de grands personnages, des hommes importants, promets-moi de leur dire : au n° 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny..." Quand il fit la promesse à ce M. Piekielny, son voisin, qui ressemblait à "une souris triste", Roman Kacew était enfant. Devenu adulte, résistant, diplomate, écrivain sous le nom de Romain Gary, il s’en est toujours acquitté : "Des estrades de l’ONU à l’Ambassade de Londres, du Palais Fédéral de Berne à l’Élysée, devant Charles de Gaulle et Vichinsky, devant les hauts dignitaires et les bâtisseurs pour mille ans, je n’ai jamais manqué de mentionner l’existence du petit homme", raconte-t-il dans La promesse de l’aube, son autobiographie romancée. Un jour de mai, des hasards m’ont jeté devant le n° 16 de la rue Grande-Pohulanka. J’ai décidé, ce jour-là, de partir à la recherche d’un certain M. Piekielny."

 

Premier chapitre

Aux souris tristes

 

 

« (…) car on ne saurait mieux dire. »

ROMAIN GARY

Les cerfs-volants

 

 

PREMIÈRE PARTIE


1

 

En mai 2014, des hasards me jetèrent rue Jono Basanavičiaus, à Vilnius, en Lituanie.

Un ami se mariait, il me prit pour témoin. J’aimerais, dit-il, que tu organises mon enterrement. J’objectai que c’était un peu tôt, qu’il avait encore de belles années devant lui, qu’en outre il semblait jouir d’une robuste constitution, mais que le cas échéant je saurais m’occuper de sa veuve. De vie de garçon, précisa-t-il. Ah, dis-je, tu veux dire promenade sur les Champs-Élysées, déguisé en cow-boy ? Il voulait dire strip-tease et hockey sur glace.

Nous prîmes donc des billets pour Minsk, où se tenait un tournoi de hockey qui devait nous servir d’alibi, parce que vois-tu, mon amour, qu’y pouvons-nous si le futur marié est amateur de patins et de crosses, s’il rêve d’assister aux championnats du monde, et s’ils ont lieu cette année en Biélorussie où les filles sont si belles et si blondes et si promptes à se dévêtir ? Du reste, jurâmes-nous la main sur le cœur et les doigts croisés, de Minsk nous ne verrions que sa patinoire et notre hôtel. Nous étions quatre, il ne restait que trois places dans l’avion, pas grave, dis-je, je prendrai un vol pour Vilnius, et de Vilnius un train pour Minsk. Ainsi me retrouvai-je en Lituanie.

 

 

2

 

De la Lituanie je n’avais qu’une image naïve et sommaire, aux contours imprécis. Les époques se confondaient, se télescopaient dans mon esprit en un méli-mélo folklorique et loufoque : je voyais, pêle-mêle, des chevaliers cabrant leurs montures au milieu de rues grises, le Petit Père des peuples empoignant Gediminas au collet, ou des apparatchiks livrant combat au Royaume des Tatars. Tout cela n’avait ni queue ni tête et je pris conscience assez vite que la Lituanie m’était inconnue. Je ne savais finalement que deux ou trois choses sans grand intérêt : qu’elle s’écrivait sans h après le t, qu’elle était le plus grand des trois États baltes, qu’elle comptait près de trois millions d’habitants. (À vrai dire, je connaissais aussi le nom de son meilleur joueur de hockey, mais pressentant qu’il me serait parfaitement inutile, je m’efforçais à l’effacer de ma mémoire – débarrassons-nous-en une fois pour toutes en le casant ici, Dainius Zubrus, et n’en parlons plus.)

 

 

3

 

À Vilnius ce jour-là le soleil faisait grève, le ciel était gris, délavé, et la pluie jouait du tambour contre la tôle des avions – roulement savoureux quoique légèrement monotone pour me souhaiter bienvenue. Ayant récupéré ma valise, je pris un taxi et me fis déposer devant la gare. Il était midi, mon train pour Minsk ne partait pas avant deux heures, j’avais donc le temps de déjeuner puis de prendre mon billet, mais pour la visite de la ville, tant pis, une autre fois.

J’entrai dans un restaurant en sous-sol, une de ces tavernes aux murs en moellons, aux plafonds enfumés, aux cheminées dans quoi l’hiver brûlent de grands feux : l’âtre inutile au printemps souriait de sa gueule béante, encrassée, cependant qu’au plafond grésillaient deux ampoules, jetant une lumière blafarde sur le vieux ciré jaune du seul client ce jour-là, un jeune homme pesamment accoudé pour ne pas dire avachi sur la table, la joue posée contre la paume de sa main, l’autre main cramponnée à l’anse d’une chope.

 

 

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