Extrait

Un bouquet dans l'écume
de Vallecalle, Jean-Louis

Le 05/07/2016 à 11:42

Auteur : Vallecalle, Jean-Louis
Editeur : Editions Du Net
Genre : litterature francaise romans nouvelles correspondance
Date de parution : 21/06/2016
ISBN : 9782312044651
Total pages : 130
Prix : 14 €
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ISBN : 9782312044651

Editeur : Editions Du Net

Prix grand format : 14 €

 

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Résumé du livre
J'ai écrit ce roman pour ne pas oublier ce fait divers qui s'est passé dans le sud de la Corse et qui semblerait, pour moi et pour certains d'entre nous, quelque chose d'inimaginable. Après tout, qu'importe la réaction de chacun. Bien qu'assez sombre, l'histoire me paraît suffisamment belle pour savoir qu'elle vous touchera.

 

Premier chapitre

Chapitre 1

Comme chaque soir, afin d’accéder à la lucarne, je bloquai deux pieds de mon tabouret, entre le mur et le tuyau de chauffage qui traversait ma cellule. Je distinguai, tel un gyrophare mal réglé, les lumières de la ville. Comment aurais-je pu imaginer être aussi ému par ce qui m’apparaissait quand j’étais de l’autre côté ? J’observai, fasciné, le croisement des feux de véhicules lancés à toute allure. Tout semblait s’organiser avec la dextérité et la précision d’un vol d’étourneaux. Pour rien au monde, je n’aurais raté cet instant. L’émotion passée, je fermai les yeux et me laissai submerger par cette fraîcheur toujours présente à la nuit tom­bée. La brise naissante me caressait ainsi les tempes, jusqu’à ce que le cliquetis de l’œilleton me ramène à la triste réalité. Je retournai à mon lit et je continuai à laisser défiler les images qui me permettaient temporairement de m’évader. Je pouvais ainsi entrer dans le cœur de cette ville, alors que je n’y avais jamais mis les pieds. Elle était entre ces quatre murs, mon seul moyen de fuir ces lieux. Excepté bien entendu les quelques bouquins, sur une étagère, que j’avais fini par connaître par cœur et qui désor­mais servaient de ramasse-poussière. Ils étaient là et ça me rassurait. Il y avait aussi un tas de lettres empilées et des coupons de mandats que, malgré sa faible retraite, ma mère m’envoyait. Je pouvais, en attendant de ses nouvelles, passer des heures à les relire et faire ainsi un bras d’honneur au temps. Parfois, j’appuyais sur un bouton mural pour avoir la radio qui était tou­jours sur la même fréquence. Je ne le faisais que pour rompre, au moment de la sieste, ce silence assourdissant. Chaque fin d’après-midi, un gar­dien accompagné d’un autre, entrait dans chaque cellule avec une barre métallique pour vérifier si l’un des barreaux ne sonnait pas faux. Ça m’amusait. Je partageais ma cellule avec Bagdad. Il avait pris quatorze ans pour avoir li­goté un vieillard afin de le cambrioler, pensant qu’un de ses proches lui rendrait visite très pro­chainement. Malheureusement le vieil homme fut découvert dix jours plus tard. Sachant pour­tant que personne n’aurait pu remonter jusqu’à lui, Bagdad s’était livré à la police après avoir lu le fait divers dans un journal local. En ce qui me concerne, j’étais tombé en comparution immé­diate pour vol et recel. Il n’en était rien, mais je m’étais trouvé au mauvais endroit quand les gendarmes, prévenus par le voisinage de ma présence sur les lieux, m’ont interpellé. C’était sur les bords du Loiret. Je faisais du camping sauvage depuis une semaine. Il y avait sur un tas de briques, à proximité de mon emplacement, un véhicule volé que je n’avais jamais remar­qué. Les malfaiteurs avaient dû l’abandonner faute de ne pouvoir le réparer. Après m’avoir réveillé sans ménagement, les forces de l’ordre m’y ont conduit. Il y avait un écriteau sur le coffre, qui mentionnait en lettres capitales, « Servez-vous, c’est gratuit ». Comme celui-ci débordait de marchandises alimentaires déro­bées à une supérette de la région, je faisais le suspect idéal. Au poste de police, j’ai été con­traint de signer la déclaration des faits repro­chés. À la maison d’arrêt d’Orléans, où j’ai été incarcéré, moi qui ne mangeais pas toujours à ma faim, j’avais été très agréablement surpris par les plateaux-repas de l’établissement. J’avais eu pour le premier, comme si je devais être exé­cuté le jour même, un menu digne d’un roi.

 

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