Extrait

Un ado nommé Rimbaud
de Sophie Doudet

Le 15/03/2018 à 08:27

Auteur : Sophie Doudet
Editeur : Scrineo
Genre :
Date de parution : 31/08/2017
ISBN : 9782367405308
Total pages : 250
Prix : 14.90 €
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ISBN : 9782367405414

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Résumé du livre
Un roman sublime sur les convictions, les combats et les passions de l'un des plus grands poètes du XIXe siècle, à l'âge adolescent.



En ce début de l'été 1870, Arthur brille au collège de Charleville, où il rafle un par un les prix d'excellence. Son avenir semble tout tracé. Sa mère imagine pour lui une vie paisible et convenable, une carrière sans panache et respectable. Mais Arthur étouffe et ne supporte pas cet horizon étriqué.

Il rêve de Paris et de gloire : il veut être Poète !

Une année, douze mois fulgurants et quatre saisons colorées vont bouleverser son existence et l'arracher à l'enfance. Alors que la France est en guerre et que la révolution gronde, le bon élève se rebelle avec pour seules armes ses mots...



Et c'est ainsi qu'Arthur devient Rimbaud.

 

Premier chapitre

À mon étoile qui a pleuré rose le 27 février 2003

Et à sa sæur, Mimosa.

 

 

AVERTISSEMENT


Le récit que vous allez lire est une biographie fictive d’Arthur Rimbaud. Il s’appuie sur des éléments de sa jeunesse qui se sont réellement déroulés ainsi que sur des extraits de son œuvre et de sa correspondance, mais il inclut également des événements inventés et ne prétend pas se substituer à la vérité. Une chronologie et des indications bibliographiques sont proposées en fin d’ouvrage afin de vous aider à faire la part entre ce qui fut et ce qui a été imaginé.

 

 

Il est né dans les montagnes arabes,

un enfant qui est grand...


Juillet 1869

 

Bleu. Le ciel de juillet remplit tout le cadre de la fenêtre, aveuglant à force d’être lumineux. Aucun nuage n’arrête ce matin le ballet des martinets qui se croisent en poussant des cris stridents. Le regard clair d’Arthur suit, fasciné, les oiseaux fous qui se disputent les insectes dans l’air vibrant. Soudain, un papillon aux grandes ailes pointues descend vers la vitre et s’y cogne jusqu’à l’épuisement.

Toc ! Toc !

Arthur l’observe avec attention. « C’est un magnifique voilier, Iphiclides podalinus, se dit-il. J’aimerais tant pouvoir me lever et ouvrir cette affreuse fenêtre ! Il va mourir bêtement contre le filet invisible du carreau ! » Mais il le sait bien, c’est aujourd’hui impossible.

Ses yeux se détournent un instant de l’animal et considèrent la classe grise dans laquelle il est enfermé depuis trois heures maintenant. Autour de lui, les autres élèves venus de toute l’académie de Nancy sont assis, bien sagement, à leur pupitre. Studieux, tirant parfois la langue d’application, ils font tous crisser en cadence leur porte-plume. Avec une indifférence souveraine, Arthur les regarde remplir leurs brouillons de vers latins. Ratures et taches d’encre noire sur les buvards, sourcils froncés, sueur qui perle sur le front dans l’atmosphère déjà moite de la matinée... tous cherchent l’inspiration. Sur le tableau noir à côté du pion, sont inscrits ces quelques mots :

Classe de seconde

Concours académique de 1869 de vers latins.

Matière : Jugurtha1

Le voisin d’Arthur, un grand rouquin longiligne, mordille avec inquiétude son crayon. Nous sommes déjà à la moitié de l’épreuve et il griffonne rageusement des déclinaisons, manifestement dépassé par l’exercice. Un de ses feuillets tombe au sol et il se précipite pour le ramasser. Son regard croise celui d’Arthur qui le fixe de ses yeux d’azur, presque transparents. L’adolescent à la mine boudeuse et aux cheveux châtains en bataille est assis tout raide face à sa copie.

Il n’a strictement rien inscrit dessus.

Un mince sourire se dessine alors sur ses lèvres. « Vaincus... Vous êtes tous des vaincus... Ici ou ailleurs », murmure-t-il. L’autre hausse les épaules et se rassied rapidement pour reprendre son grattage frénétique.

Toc ! Toc !

Le papillon s’est déchiré les ailes à force de se heurter à la vitre. Un dernier sursaut et il s’abandonne enfin sur le bois de la croisée. Arthur sent ses yeux s’embuer et serre les dents pour empêcher ses larmes de couler. « Quelle bêtise ! se dit-il. N’a-t-on pas idée de pleurer sur le cadavre d’un éphémère quand on a quinze ans ? » Et les pupilles bleues se noient à nouveau dans le ciel d’été.

 

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