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Toute Histoire Est Histoire D'Une Pensee ; Autobiographie D'Un Philosophe Archeologue
de Robin George Collingwood

Le 15/12/2014 à 21:53 - 0 commentaire

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ISBN : 9782354270162

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ISBN : 9782354271145

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Résumé du livre
Robin George Collingwood est peu connu du public français, alors qu’il fait depuis longtemps partie des classiques dans le monde anglo-saxon. Professeur de philosophie dans l’un des Colleges les plus réputés d’Oxford, il s’est révélé dans le même temps l’un des maîtres de l’histoire de la Roman Britain, cette Angleterre occupée pendant des siècles par Rome. D’un côté, il se trouvait donc enseigner la philosophie aussi bien ancienne que moderne ; de l’autre, il menait des fouilles pour construire un savoir historique cohérent sur une époque où les données textuelles sont plus que rares. Ce double mouvement l’a amené à des réflexions sur la nature de la tâche historienne qu’il n’a guère livrées que vers la fin de sa vie (relativement brève: il meurt en 1943, à cinquante quatre ans). Ainsi publie-t-il d’abord des ouvrages sur l’art, la religion, l’histoire de la philosophe, avant de se lancer dans des éclaircissements sur sa conception de l’histoire dans lesquels il stigmatise ce qu’il appelle « l’histoire ciseaux-pot-de-colle », désignant par là ces historiens qui ne connaissent que leurs « sources » textuelles, qu’ils découpent et recollent à leur guise. Le travail de l’archéologue, remarque-t-il, ne consiste pas à creuser là où il pense qu’il y a quelque chose à trouver, mais à se poser des questions à partir de son savoir lacunaire, et à chercher ce qui lui manque pour arriver à un minimum de consistance rationnelle. Collingwood part donc de l’idée qu’on ne trouve, pour peu qu’on soit chanceux, que ce qu’on cherche, quitte à ce que d’heureuses surprises viennent troubler ce plan de base. En philosophe, il généralise les leçons de cet apprentissage pour considérer qu’une proposition, quelle qu’elle soit, n’a de sens que relativement à la question, au problème, à l’aporie qu’elle entend solutionner. Ce qui revient à privilégier l’histoire dans l’étude même de la philosophie puisqu’un énoncé ne sera désormais reçu qu’au prix d’avoir été ramené, non seulement à son « contexte », mais aussi à ce qui depuis longtemps risque de s’être complètement dissipé et qu’il faut donc reconstruire, à savoir la question à laquelle il doit le jour. Dans cette Autobiographie, qu’il écrit rapidement en sachant que les années lui sont comptées, il livre, sous une forme libre et souvent drôle, les étapes de sa vie intellectuelle qui l’ont conduit de l’Oxford realism de sa jeunesse (devenue sa bête noire dès l’âge mur) à une vision de l’historien qui alimente encore aujourd’hui de nombreux débats en langue anglaise.

 

Premier chapitre

 

 

 

 

 

Présentation

 

 


L’histoire
comme principe d’intelligibilité

 

 

 

Sous couvert d’autobiographie, ce livre est un pamphlet qui résume une vie de combats. Lorsque Robin George Collingwood entreprend de l’écrire, en 1938, il n’a que quarante-neuf ans, mais il sait depuis plusieurs années que ses jours sont comptés. De fait, il meurt cinq ans plus tard1, en plein milieu de la Seconde Guerre mondiale, lui qui, au sortir de ses études et de ses tout débuts dans le professorat, avait dû consacrer quatre ans à la précédente guerre. Dès le début des années 1930, l’insomnie, le surmenage, l’hypertension et de lourdes complications survenues à la suite d’une varicelle tardive contraignirent parfois au repos ce travailleur impénitent. C’est dans le cours de ces interruptions forcées que Collingwood écrivit les deux derniers livres qu’il publia de son vivant, cette Autobiographie, puis un ouvrage monumental, rédigé durant le bombardement de Londres, Le nouveau Leviathan2.

On lira, au fil des pages, les pérégrinations de celui qui, né dans un milieu peu fortuné mais intellectuellement favorisé, rencontra dès l’enfance un impératif qu’il tentait alors de cacher au monde : « Je dois penser. » Il s’y est employé sans relâche, usant incessamment de ses multiples talents, tant pratiques que mentaux, entre autres celui d’évoluer dans sept langues différentes : anglais, français, espagnol, italien, allemand, grec et latin. Son originalité tient cependant plus à sa double nature, qui le conduisit à enseigner la philosophie dans l’un des collèges les plus prestigieux d’Oxford, tandis qu’il était reconnu comme l’un des maîtres de l’histoire de la Bretagne romaine3, organisant lui-même des fouilles, publiant livres et articles d’encyclopédie sur le sujet. Aussi actif sur le plan de la réflexion et de l’érudition philosophique que sur le plan pratique d’une histoire à rebâtir à partir d’objets retrouvés ça et là, cet homme de cabinet et de terrain s’est trouvé, du fait de ses intérêts en large partie contradictoires, pris dans un questionnement très vif sur les méthodes de l’historien dès lors qu’il les soumettait à la rigueur d’une démarche philosophique.

On aurait cependant tort de ne voir chez lui qu’un intellectuel face à des questions abstraites. L’esprit pratique et le bon sens qui le caractérisent sont tout aussi présents ; peut-être du fait d’une enfance libre et joueuse ; peut-être à cause de la longue guerre qu’il dût affronter ; peut-être aussi en raison d’une tournure d’esprit qui lui faisait autant goûter la tenue complexe et très terre à terre d’un chantier de fouilles que les raffinements conceptuels d’une pensée analytique. Dans ce chiasme où il se trouve ainsi pris, il façonne sa méthodologie d’archéologue en prenant appui sur les contraintes de la rationalité, et parfait sa méthodologie de philosophe à partir de son expérience de chasseur de vestiges.

 

 

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