Extrait

Ta vie en éclats
de Plana Radenovic

Le 11/07/2018 à 14:40 - 0 commentaire

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Date de parution :

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Plana Radenovic

Michalon

04/05/2017

9782841868605

15 €

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ISBN : 9782841868605

Editeur : Michalon

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ISBN : 9782347001100

Editeur : Michalon Editeur

Prix grand format : 10,99 €

 

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Résumé du livre
Aussi loin que remontent ses souvenirs, Plana a toujours vu sa mère vivre à cent à l'heure. Ainsi s'égrènent les scènes, prémices de la folie à venir mais qui, sous le regard d'une fille qui n'a jamais cessé d'aimer cette mère excentrique, donnent la mesure de toute sa fantaisie et sa liberté. Des amours contrariées, la perte de son travail, l'ennui, la dépression qui affleure, l'alcool et les médicaments auront peu à peu raison de cette femme intelligente et sensible, véritable héroïne romanesque. À la suite d'une crise de folie, elle est internée. Suivront des années entre la rue, les foyers et l'hôpital, de Paris à Évreux, jusqu'à l'arrêt cardiaque qui l'emportera en 2015.
D'une mère originale à une mère marginale, il n'y a qu'un pas, que Plana a décidé de ne pas franchir. Elle livre un récit intime et drôle, qui traduit toute la complexité des sentiments éprouvés � honte, culpabilité, tendresse, pardon � et sonne avant tout comme une vibrante déclaration d'amour.

 

Premier chapitre

IL FAISAIT BEAU LORSQUE JE SUIS NÉE

 

C’était une de ces journées qui vous autorisent à espérer. Le soleil orangé, tardif et doux d’un 27 septembre, à l’hôpital Tenon. Tu accouches là où, tous les jours, tu enfiles ta blouse blanche d’infirmière, au travail.

Ton travail, c’est ta vie. Tes collègues, tes seuls amis. Les malades, ta raison d’être. Il y en a même un, un vieux monsieur un peu artiste, qui t’a ouvert le cœur à vif, mais nous y reviendrons.

Ce jour-là, me sortir de toi fut difficile. Ton premier enfant, après un garçon avorté. Césarienne d’urgence, coup de bistouri sur le côté de mon crâne, depuis abondamment dissimulé par mes cheveux épais.

Tu aimais le raconter à chacun de mes anniversaires, jusqu’au vingt-neuvième. Quand tu as émergé de ton sommeil artificiel, on t’a présenté une « momie », emmitouflée dans des linges, une tache rouge sur le côté du crâne. Puis il a fallu me « torturer », comme tu disais, me faire une ponction lombaire, pour vérifier si je n’avais pas je ne sais plus quelle maladie grave.

 

Il faisait beau et tu étais belle ce jour-là, tu l’as tant raconté que je l’ai vécu à travers toi. Tu avais tes cheveux sombres, coupés de manière hasardeuse par mon père, répandus sur l’oreiller. Un regard qui pétille, avec la même flamme que lorsque tu disais « mes filles ».

Pas de fleurs, tu n’avais pas d’amis. Mamie déboule dans ta chambre claire. Elle est en pétard. Comment ? mais c’est irresponsable de donner naissance à un enfant qui ne t’a rien fait, dans des conditions pareilles, avec un père pareil ! Plus tard, alors que j’étais assise dans sa cuisine aux carreaux de faïence bleue, à La Poterie, elle me dira : « Un jour, tu lui en voudras. » Comme une évidence.

Tu as rencontré mon père comme dans un film. Toi, jeune brunette mal fagotée, mal dans sa peau, mais resplendissant d’un éclat déjà étrange, lui, « clochard céleste », comme il aimait à s’appeler. Son apparence criait que les livres étaient tout ce qui lui importait.

Tu voulais traverser en frôlant les roues d’une voiture, c’était toujours comme ça que tu traversais. Paris, Quartier latin. Mon père t’a saisi l’avant-bras, fort, avec sa grosse main qui n’avait rien d’intellectuel. « Je vous ai sauvé la vie. »

Il t’invite à boire un café, mais n’a pas de quoi payer. « Cela aurait dû me mettre la puce à l’oreille », m’as-tu répété ensuite, une fois que tout était fait, trop tard. Il avait un bouquin qui trouait la poche de son blouson, et un joli accent de l’Est.

Jezdimir Radenovic, critique littéraire pour le journalPolitika, est venu tâter la vie française, ou plutôt vérifier si le rêve collait à la réalité. Il a tout quitté, pour promener ses yeux troubles sur les pavés, au fond de la Seine, le long de Notre-Dame, en pensant aux poètes maudits. Clandestin, il ne travaille pas, du moins pas régulièrement, et vit chez une amie.

 

 

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