Extrait

Sur la piste animale
de Baptiste Morizot

Le 11/06/2018 à 09:17 - 0 commentaire

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Baptiste Morizot

Actes Sud

11/04/2018

9782330092511

192

20 €

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ISBN : 9782330092511

Editeur : Actes Sud

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ISBN : 9782330101152

Editeur : Éditions Actes Sud

Prix grand format : 14,99 €

 

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Résumé du livre
Depuis les forêts du Yellowstone aux crêtes du Kirghizstan, des steppes du Haut-Var à la terrasse de son appartement, Baptiste Morizot nous invite à partir sur les traces d'êtres hors du commun, souvent mythifiés : les grands prédateurs - ours, loups, panthères des neiges... A travers différents récits de pistage, l'auteur nous propose ainsi de nous "enforester", selon l'expression des coureurs de bois du Grand Nord canadien : porter son attention sur le vivant simultanément autour de nous et en nous, et apprendre à cohabiter avec lui. Page après page, le pistage repeuple la nature, et notre monde intérieur.

 

Premier chapitre

“MONDES SAUVAGES”

POUR UNE NOUVELLE ALLIANCE

 

La nation iroquoise avait l’habitude de demander, avant chaque palabre, qui, dans l’assemblée, allait parler au nom du loup.

Il n’y a malheureusement plus d’Iroquois, mais la collection “Mondes sauvages” souhaite offrir un lieu d’expression privilégié à tous ceux qui, aujourd’hui, mettent en place des stratégies originales pour être à l’écoute des êtres vivants. La biologie et l’éthologie du xxie siècle atteignent désormais un degré de précision suffisant pour distinguer les individus et les envisager avec leurs personnalités et leurs histoires de vie singulières. C’est une approche biographique du vivant. En allant à la rencontre des animaux sur leurs territoires, ces auteurs partent en “mission diplomatique” au cœur du monde sauvage.

Ils deviennent, au fil de leurs expériences et de leurs aventures, les meilleurs interprètes de tous ces peuples qui n’ont pas la parole mais avec lesquels nous faisons monde commun. Parce que nous partageons avec eux les mêmes territoires et la même histoire, parce que notre survie en tant qu’espèce dépend de la leur, la question de la cohabitation et du vivre-ensemble devient centrale. Il nous faut créer les conditions d’un dialogue à nouveaux frais avec tous les êtres vivants, les conditions d’une nouvelle alliance.

 

 

 

Préface de Vinciane Despret

 

  

 

“Où allons-nous demain ?”


Où irez-vous demain, ou le jour d’après, ou encore la semaine prochaine, quand vous serez arrivés aux dernières pages de ce livre ? Peut-être serez-vous de ceux à qui adviendra cette étonnante expérience d’être touché, contaminé, infecté par ce qui l’anime. J’aurais pu écrire : “par l’aventure qui l’anime”, mais je me méfie un peu de ce que ce mot peut charrier d’exotisme épique ou de scénario prévisible. Sans doute décrirais-je mieux ce que Baptiste Morizot nous propose en mobilisant le beau terme d’initiation. Car être initié, ou le devenir, évoque l’idée de faire connaissance avec quelque chose ou, plus précisément, avec l’art qui autorise cette connaissance, et cette idée elle-même renoue, par-delà les siècles, avec l’expérience de participer aux Mystères, comme la cultivaient les paganismes anciens.

Ainsi donc, ce livre se propose de nous initier à un art, bien particulier, qui lapidairement pourrait se définir comme l’art de faire de la géopolitique en pistant des invisibles. Certes, dit comme cela, on pourrait s’effrayer – et se demander s’il est bien raisonnable d’avoir laissé le soin de cette préface à quelqu’un qui hésite devant le mot “aventure” mais mêle sans frémir “géopolitique” et “invisibles”.

 

 

Formes d’invisibilité : “Tu ne peux pas exister sans laisser de traces”


Pourtant, rien de plus concret, de plus proche du sol et de la vie que le projet de Baptiste Morizot. C’est la proposition la plus terre à terre que vous puissiez imaginer, littéralement, une proposition qui demande de chausser de bonnes chaussures et de marcher, mais qui surtout conduit à réapprendre à fixer le sol, à regarder la terre, à lire les taillis, les herbes foulées et les fourrés obscurs, à scruter la boue qui accueille marques et empreintes et les roches qui ne s’en affectent pas, à inspecter des troncs où se sont accrochés des poils, à ausculter des chemins où les laissées sont abondantes – ici et pas là. Car c’est ainsi que ceux qu’on appelle les animaux et qui nous sont la plupart du temps invisibles manifestent leur présence. Délibérément parfois, ou encore sans y prendre garde. Pister, en d’autres termes, c’est apprendre à détecter les traces visibles de l’invisible ou, encore, c’est transformer de l’invisible en présences.

 

 

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