Extrait

Sur cette terre comme au ciel
de Enia, Davide

Le 05/11/2016 à 10:45 - 0 commentaire

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Enia, Davide

Albin Michel

litterature italienne

17/08/2016

9782226328816

400

22 €

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ISBN : 9782226328816

Editeur : Albin Michel

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ISBN : 9782226420794

Editeur : Albin Michel

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Résumé du livre
Palerme, années 1980. Comme tous les garçons de son âge, Davidù, neuf ans, fait l'apprentissage de la vie dans les rues de son quartier. Amitiés, rivalités, bagarres, premiers émois et désirs pour Nina, la fillette aux yeux noirs qui sent le citron et le sel, et pour laquelle il ira jusqu'à se battre sous le regard fier de son oncle Umbertino. Car si Pullara, Danilo, Gerruso rêvent de devenir ouvrier ou pompiste comme leurs pères, Davidù, qui n'a pas connu le sien, a hérité de son talent de boxeur.
Entre les légendes du passé et les ambitions futures, le monde des adultes et la poésie de l'enfance, Davide Enia, finaliste du prix Strega, tisse le destin d'une famille italienne, de l'après-guerre aux années 1990, à travers trois générations d'hommes dont le jeune Davidù incarne les rêves. Entremêlant leurs histoires avec brio, il dresse un portrait vibrant de sa terre, la Sicile, et de ceux qui l'habitent. (traduit de l'italien par François Brun)

 

Premier chapitre

et me voilà

dans toute ma splendeur

toujours debout

mes mains ensanglantées

devant le fruit noir de sa bouche

elle qui prend mes doigts couverts de sang

qui les porte à ses lèvres

et les baise

un à un

elle s’appelle Nina

c’est mon amoureuse

elle a neuf ans

 

 

Ils sont deux sur le ring.

L’un pèse cinquante-sept kilos, mesure un mètre soixante-cinq et a vingt-six ans.

L’autre on ne sait pas combien il pèse et ce qu’il mesure on s’en fiche, il grandira.

On ne lui a pas bandé les mains, il porte les gants, sautille sur le ring.

Il a neuf ans.

Au fond de la salle, un homme fume en parlant au téléphone.

« T’inquiète pas, Zina, il est avec moi. Tout va bien, on sera là dans une demi-heure tout au plus. Ciao. »

Il raccroche, prend le journal sur la table, examine la cote des chevaux pour se combiner un tiercé d’enfer qui lui changerait la vie pour quelques mois.

Au bord du ring, contre les cordes, un homme coiffé d’une casquette crie : « À trois. »

Les autres boxeurs arrêtent de cogner sur le sac et de faire des pompes.

« Un… deux… trois ! »

Le môme instaure d’emblée une distance rassurante entre lui et son adversaire. Il a un jeu de jambes intéressant : les pointes des pieds qui décollent et retombent à l’unisson.

Au fond de la salle le type qui fume tape du dos de la main la feuille du journal.

« Le tiercé du siècle : As du Soleil, Régulus, Doberman III, je le joue aussi sec. »

Il déchire la page, la fourre dans sa poche et vient près du ring.

Le boxeur qui a vingt-six ans s’appelle Carlo. Il est concentré : garde haute, jambes fléchies, regard planté dans celui de l’adversaire.

Le môme feinte à droite, puis fait un bond inattendu sur sa gauche. Ce ne sont pas des mouvements conscients, il les exécute, c’est tout. Carlo reste en position de défense. Fermé, comme le portail d’une église la nuit. Les pieds du môme ont à peine touché le sol qu’il remonte un gauche par en dessous. Carlo pare avec le coude droit. L’homme à la casquette au bord du ring veut crier quelque chose mais l’ordre s’étrangle dans sa gorge : le môme, sans que rien ne l’annonce, a doublé le coup.

Son gauche a frôlé le visage de Carlo.

Il a tenté.

Et raté.

Celui qui fume ordonne, froidement : « Vas-y. Cogne. »

Le portail de l’église s’ouvre.

Carlo lâche un direct du droit qui frappe le môme à la joue et l’envoie au tapis.

Quelques secondes, et le môme se relève mais perd très vite l’équilibre.

Il serre les dents pour ne pas tomber de nouveau.

L’homme à la casquette lui demande : « Tu sais sauter à la corde ?

– Ma tête, ça tourne.

– C’est pas la question qu’on t’a posée », réplique l’autre, angélique, en soufflant la fumée du coin de la lèvre.

Il a le regard du chasseur qui s’apprête à tirer.

« Je sais pas sauter à la corde.

– Apprends. »

Le môme enlève les gants, descend du ring, prend une corde, essaie de sauter. Sans y arriver.

« Alors ? demande l’homme qui fume au type à la casquette.

 

 

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