Extrait

Soixante jours
de Sarah Marty

Le 13/06/2018 à 14:31 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Sarah Marty

Denoel

03/05/2018

9782207142257

288

20 €

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ISBN : 9782207142257

Editeur : Denoel

Prix grand format : 20 €

 

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ISBN : 9782207142264

Editeur : Editions Denoël

Prix grand format : 20.00...77658504....

 

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Résumé du livre
"C’est l’histoire vraie d’un homme qui a marché des nuits et des jours, sans relâche. L’histoire d’un homme venu un jour reconstruire le mur d’enceinte de ma maison soufflé par la tempête. Quelque chose de solide émanait de lui, une force implacable. Pourtant, face à ce mur écroulé qui offrait comme horizon le jardin aux arbres séculaires des voisins, l’homme s’est mis à trembler. Après un long silence, il m’a avoué avoir peur des forêts. Cette confidence m’a étonnée, le contraste entre cet homme costaud et cette peur enfantine était saisissant. Qui était-il vraiment ? Peu à peu, l’homme s’est confié, et une fois sa vie exhumée je lui ai fait une promesse, écrire son histoire. Celle de ces Kurdes qui, un matin de novembre, ont fui ensemble la Turquie. Ce livre est double, il raconte l’histoire de ce groupe de personnes qui m’a tant bouleversée mais il nous raconte aussi. En chacune de ces personnes se cache une part de nous-mêmes. Chacun porte en soi le ciel et l’enfer…"

 

Premier chapitre

À Yoldas

 

 

MOT DE L’ÉDITRICE

 

De temps à autre, arrive par la poste un manuscrit qui nous rappelle, à nous éditeurs, la raison pour laquelle nous aimons tant notre métier.

Soixante jours est un de ces manuscrits. Sarah Marty nous relate le périple terrifiant de quinze Kurdes qui fuient leur pays en guerre pour rejoindre l’Europe. Tout est vrai dans cette histoire, Sarah Marty a simplement prêté à Yoldas les mots qu’il n’aurait pu trouver. Elle a aussi su donner vie à chacun des quinze personnages de ce récit, qui au fil des pages nous deviennent de plus en plus familiers. C’est un livre bouleversant, insoutenable parfois, mais dans lequel rayonnent l’amitié, l’entraide, l’espoir.

J’espère que, comme moi, vous refermerez ce livre avec les larmes aux yeux, des larmes de tristesse pour le calvaire de Yoldas et ses amis. Des larmes d’émotion aussi à l’idée que certains d’entre eux sont arrivés enfin dans un pays en paix.

Béatrice Duval

 

 

« … Quand le bien rencontra le mal

Il ne se méfia pas de ses mauvaises intentions

Et le mal trouva une solution pour régner demain

“Tu es usé par la marche

De mon dos, je te ferai une selle”

Le bien n’a pas douté de ces paroles

Et est monté sur son dos… »

Souad Massi, Le Bien et le Mal

 

 

Itinéraire suivi par Yoldas et ses compagnons de route

 

 

1

 

Village du district de Varto. Province de Mus.

Anatolie orientale. Kurdistan, Turquie

 

 

Le temps est à l’arrêt, immobilisé par le froid. Les bourrasques gelées lèchent les routes cabossées mais les arbres ne se soumettent pas, ils se tiennent raides, frigorifiés. Yoldas se recroqueville au fond du vieux canapé et ne lâche pas des yeux le givre collé sur les carreaux de la seule fenêtre de la maison. Les minutes traînent, interminables. Un bloc de givre glisse très lentement, laissant entrevoir un petit bout du jardin où cinq vaches étiques se tiennent encore debout par miracle. L’échine tremblotante, la tête inclinée comme pour partir à l’abattoir, elles luttent contre le froid. Yoldas se lève, s’approche de la fenêtre et regarde la plus vieille.

Dès qu’il sera lui-même un peu moins gelé, il ira dans le jardin poser une couverture sur le dos de la pauvre bête. Il approche sa bouche de la vitre, souffle et la vache disparaît sous un halo de buée.

Le temps est suspendu, mais le silence est brutalement interrompu par un crissement de freins, une voiture s’arrête sous la fenêtre, égrenant derrière elle une pluie de neige glacée. À peine quelques instants plus tard, c’est Abdulcebar qui fait une entrée fracassante. Il ne dit pas un mot à Yoldas et, dans un silence à nouveau pesant, il scrute attentivement la maison. À croire que celle-ci aurait pu disparaître durant son absence. On peut lire du soulagement dans ses yeux fatigués, quelque chose comme : « Ça au moins, ça existe encore ! » Rien n’a changé depuis le matin : les matelas des trois garçons, posés à même le sol avec les draps en boule, les matelas des filles avec les couvertures bien pliées dessus. Quant au drap qui sert de cloison pour délimiter le coin de nuit des parents, il pend toujours tel un fantôme, accroché par le cou à une pince à linge en bois sur une corde détendue.

 

 

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