Extrait

Sirius
de Stéphane Servant

Le 16/01/2018 à 11:06

Auteur : Stéphane Servant
Editeur : Rouergue
Genre :
Date de parution : 23/08/2017
ISBN : 9782812614330
Total pages : 480
Prix : 16.50 €
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ISBN : 9782812614606

Editeur : Éditions du Rouergue

Prix grand format : 11.99 €

 

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Résumé du livre
Ils Alors que le monde se meurt, Avril, une jeune fille, tente tant bien que mal d’élever son petit frère, Kid. Réfugiés au cœur d’une forêt, ils se tiennent à l’écart des villes et de la folie des hommes… jusqu’au jour où le mystérieux passé d’Avril les jette brutalement sur la route.



Pourchassés, il leur faut maintenant survivre dans cet univers livré au chaos et à la sauvagerie. Mais sur leur chemin, une rencontre va tout bouleverser : Sirius.



Avec ce road trip post-apocalyptique, Stéphane Servant signe un grand roman d’aventure, brut et haletant.

 

Premier chapitre

69.


– Des zoiseaux ?

– Non, Kid, répondit la jeune fille, ce ne sont pas des oiseaux.

Le petit tenait son nez levé vers la nuit qui étendait son immense couverture au-dessus de ce coin du monde. La cabane était perchée tout en haut du chêne, à une dizaine de mètres du sol. Avril et Kid étaient allongés sur la plate-forme qui formait une terrasse à l’aplomb du vide, si bien qu’on aurait pu croire qu’eux aussi étaient suspendus au milieu du ciel.

– Ce sont des étoiles filantes.

Au-dessus d’eux, tout autour d’eux, par-delà la ramure du chêne, la nuit était comme poudrée d’or, rayée par les traînées lumineuses de toutes ces comètes qui s’en allaient mourir de l’autre côté du monde. Avril n’en avait jamais vu autant. Depuis quelque temps, les nuits étaient presque plus lumineuses que les jours. Comme si un animal énorme lacérait le ciel à grands coups de griffes.

– T’es sûre ? C’est pas des zoiseaux ?

– Non, je te l’ai déjà dit, répondit patiemment Avril. Les oiseaux, ça avait des ailes. C’était vivant. Là, ce sont des étoiles. Des bouts d’étoiles. Des gros cailloux qui tombent. Ce que tu vois, ce sont les derniers moments de ces étoiles.

Avril était fatiguée, aussi elle n’eut pas le courage d’expliquer à Kid comment les débris de roche s’enflammaient en rentrant dans l’atmosphère. Comment ils se désintégraient et se transformaient en poussière et comment cette poussière retombait ensuite sur notre monde. Cette même poussière dans laquelle leurs pas laissaient des traces nettes. Cette même poussière qui poudrait leurs cheveux, sans doute en ce moment même sans qu’ils n’en sachent rien.

– C’est des zétoilfilantes, répéta Kid en hochant la tête. Des zétoilfilantes ! C’est beau, hein ?

– Oui, Kid, c’est beau, approuva Avril.

Kid ne dit rien pendant un moment. Le chêne gigantesque tanguait mollement. Au-dessus, il y avait tant de rayures mordorées que la nuit ressemblait à une broderie orientale ou à une toile de ce peintre à l’oreille coupée dont Avril avait oublié le nom. Les étoiles semblaient toutes filer vers l’est. Et, curieusement, le ciel dans cette direction était beaucoup plus sombre. C’était magnifique. Vraiment magnifique, et tout aussi terrifiant.

– Dis, Avril, pourquoi elles filent, les zétoiles ? demanda Kid en tournant son regard vers la jeune fille. Elles jouent à casse-casse ?

– Non, elles ne jouent pas à cache-cache, elles filent, c’est tout. Kid se gratta le bout du nez.

– Elles ont peur, alors ?

Avril caressa la joue sale de l’enfant.

– Ne t’en fais pas, Kid, rien ne peut effrayer les étoiles.

Les yeux du gamin brillaient dans l’obscurité, pareils aux étoiles enflammées là-haut.

Kid lui sourit. Un petit sourire un peu forcé. Avril voyait bien que son explication n’était pas suffisante. Elle voyait bien ce que Kid se disait dans sa petite tête d’enfant : À quoi bon filer quand rien ne nous menace ? Si on se trouve bien quelque part, pourquoi ne pas y rester ? Kid en était persuadé : si les étoiles se ruaient à l’autre bout du ciel, c’est qu’elles étaient en danger, sans doute poursuivies par quelqu’un ou quelque chose. Avril essaya d’imaginer à quoi pourrait ressembler une telle créature. Est-ce qu’il y avait là-haut un Dieu si furieux qu’il faisait fuir jusqu’aux étoiles ? Est-ce qu’il y avait autre chose dans le ciel que l’ombre portée de l’homme, la faim d’un ogre jamais rassasié ?

 

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