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Si un inconnu vous aborde
de Laura Kasischke

Le 14/08/2018 à 10:55 - 0 commentaire

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Laura Kasischke

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19/08/2017

9782375270301

18 €

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ISBN : 9782375270325

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Résumé du livre
Bienvenue dans l'univers caractéristique de l'auteure avec cet unique recueil de nouvelles de Laura Kasischke : étrangeté à la frontière du surnaturel, éventail raffiné de violences et tensions sous-jacentes parcourent ces quinze nouvelles inédites.
Plongée dans l'univers décalé de Laura Kasischke...

Paru en 2013 aux États-Unis, ce recueil comprend 15 nouvelles dans lesquelles on retrouve le climat caractéristique de Laura Kasischke : l’étrangeté, à la frontière du surnaturel, un malaise palpable, souvent innommable, un éventail raffiné de violences et une tension sous-jacente. Le plus : ces formats courts révèlent l’humour subtil que l’on devine dans ses romans.
Cet ouvrage a été traduit par Céline Leroy et est introduit par une préface de Véronique Ovaldé.

Un recueil de nouvelles qui mêle l'étrange, le surnaturel, le malaise, la violence, la tension ainsi que l'humour !
traduction Céline Leroy

 

Premier chapitre

COMME UNE DÉLICATE EXPLOSION

Ce qui est frappant quand on rencontre Laura Kasischke c’est sa douce beauté, son sourire timide, son regard surpris, comme celui d’une antilope prise dans les phares sur une route en plein désert, quelque chose de candide et d’un tout petit peu inquiet, quelque chose qui semble absolument inoffensif, alors qu’à l’intérieur, soigneusement caché, il ne reste plus rien de domestiqué, tout est sauvage et féroce, ne persiste qu’un territoire post-apocalyptique où errent çà et là quelques fantômes. C’est ce contraste qui est fascinant. C’est cela que j’aime et que nous sommes si nombreux à aimer chez Kasischke. L’impression de toucher à quelque chose de secret, de profondément existentiel, qui s’apparenterait à une révélation, mais une révélation terrifiante et jubilatoire à la fois – la vie n’est que cela, l’adolescence n’est que cela et la mort n’en parlons pas.

C’est ce charme si singulier et si hypnotique que l’on retrouve dans chacune de ses nouvelles. Sa délicatesse de ballerine et sa précision de médecin légiste.

Je pourrais, je crois, établir une liste de tout ce qui me plaît infiniment chez Kasischke – j’aime la poétique des listes –, il y aurait avant toutes choses son sens des images, son acuité et son inventivité pour exprimer le plus précisément possible une sensation, cette manière si particulière d’en appeler à notre expérience commune et de la tisser dans un maillage d’images inédites : l’autoroute est « un ruban de velours noir », il y a ces femmes qui ont l’air minuscule au milieu de tout le chrome de leur voiture, il y a l’odeur de « la tourte à la viande de ses cheveux », et puis ce « ciel aussi limpide que du gin ». Je me souviens dans l’un de ses romans de « mon cœur qui s’emballe comme un requin circulant dans mon sang ». Ou d’un panier de fruits « comme une petite explosion, comme une bombe abandonnée par l’IRA dans une poubelle de la gare ». Ces phrases, je les connais par cœur, elles sont mes trésors.

J’aime son acuité, sa manière de parler des faubourgs de la vie, du mariage, de la jalousie, du divorce, des conseilleurs conjugaux et des centres commerciaux infinis, de la férocité des mères et du dépit des pères, et j’aime son humour bien sûr, un humour plutôt bienveillant, comme si elle regardait de jeunes enfants s’ébattre dans un grand jardin et qu’elle secouait la tête, incrédule. La différence essentielle entre les hommes et les femmes, nous dit-elle par exemple, ne serait-elle pas résumée dans leur manière de jouer à la balle aux prisonniers : les garçons, formés à être compétitifs, veulent être les derniers dans la course, les filles, quant à elles, dupent le système en se laissant toucher dès que possible par la balle afin d’aller tranquillement s’asseoir pendant toute la partie.

Et puis il y a son rapport aux accidents grotesques, aux farces dans ce qu’elles ont de plus grimaçant, aux deuils qui entachent à jamais notre fréquentation des autres, le manque, le terrible manque que l’absence a créé et qui est comme une ombre qui vivrait sur notre visage. L’ombre d’une plante grimpante qui croît à notre insu et qui baigne nos traits de gravité et de perplexité. Comme un démon discret qui habite notre figure et se cacherait dès que quelqu’un nous regarde.

 

 

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