Extrait

Romain Gary s'en va-t-en guerre
de Laurent Seksik

Le 21/02/2018 à 08:28 - 0 commentaire

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Laurent Seksik

Flammarion

18/01/2017

9782081343900

19 €

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ISBN : 9782081343900

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Résumé du livre
Avant d’inventer Émile Ajar, Romain Gary s’est inventé un père. Bâtissant sa légende, l’écrivain a laissé entendre que ce père imaginaire était Ivan Mosjoukine, l’acteur russe le plus célèbre de son temps. La réalité n’a rien de ce conte de fées. Drame familial balayé par l’Histoire et fable onirique, Romain Gary s’en va-t-en guerre restitue l’enfance de Gary et la figure du père absent. Avec une émotion poignante, le roman retrace vingt-quatre heures de la vie du jeune Romain, une journée où bascule son existence. Après Les derniers jours de Stefan Zweig et Le cas Eduard Einstein, Laurent Seksik poursuit magistralement cette quête de vérité des personnages pour éclairer le mystère d’un écrivain, zones d’ombre et genèse d’un créateur, dans une histoire de génie, de ténèbres et d’amour.

 

Premier chapitre

À ma mère chérie.

À toi, papa,

Tu étais mon premier lecteur.

 

Au moment où je t'ai fermé les yeux, j'étais en train de terminer ce roman, le premier que tu ne liras pas mais dont tu avais aimé le sujet parce qu'il nous ramenait tous deux trente ans en arrière, au temps où j'étais étudiant en médecine. Du balcon de notre appartement à Nice, au 1 rue Roger-Martin-du-Gard, nous contemplions, toi et moi, l'église russe et le lycée du Parc impérial associés au souvenir de Romain Gary. Tu m'encourageais en me promettant une carrière de professeur de médecine, tandis qu'en secret je rêvais d'embrasser celle de romancier.

Comme les autres, ce roman t'est dédié.

 

 

Remerciements

À Jean-François Hangouët, directeur du Cahier de l'Herne Romain Gary,

à Paul Pavlowitch,

pour leur lecture et leurs conseils.

 

 

Wilno

26 janvier 1925

 

 

1

Nina

 

 

Elle fouilla le premier tiroir du bahut, en sortit un à un les objets qui s'y trouvaient, ses mains agitées d'un léger tremblement qui n'était pas dû à l'air glacial pénétrant dans la pièce par les interstices de la fenêtre. Sur la table, elle déposa une brosse à cheveux, deux factures impayées, une enveloppe déchiquetée, quelques breloques, un cendrier en terre cuite fissuré de part en part. Elle glissa la main au fond du tiroir. Il n'y avait rien de ce qu'elle cherchait. Elle remit le tout en vrac et entreprit de prospecter dans les placards de la cuisine. Une fois pris les verres et les assiettes, elle monta sur une chaise, vit l'étagère nue. Elle souffla sur le bois. Une couche de poussière se souleva et retomba aussitôt. Dans son esprit, ce fut comme si le temps se recouvrait de cendres. Elle descendit de la chaise, alla dans sa chambre, fouilla sous les draps, examina sous le matelas, tira la petite malle où elle rangeait ses livres pour les protéger du froid et de l'humidité. C'était cette trentaine des plus belles éditions des romans russes et français qu'elle possédait et qu'elle avait commandées, ouvrage après ouvrage, à la Grande Librairie Française de Varsovie et pour laquelle elle avait déboursé au total plusieurs centaines de zlotys. Le dernier ouvrage reçu était le premier tome d'une édition de Guerre et paix. Elle avait abandonné depuis longtemps l'idée d'obtenir un jour le second tome.

Elle sortit les livres par piles de trois ou quatre et eut un pincement au cœur en contemplant le fond de la malle vide. L'argent n'était pas là non plus. Tout en remettant les livres, elle calculait dans son esprit combien elle pourrait en tirer si elle trouvait acheteur à Wilno. Mais qui aujourd'hui dans le ghetto lui proposerait une somme décente pour ces ouvrages pour lesquels elle s'était ruinée ? M. Piekielny à qui elle s'était ouverte de son intention de vendre la collection s'était montré intéressé par Madame Bovary, en hommage à son épouse disparue et prénommée Emma. Elle lui avait dit :

« Vous prenez Madame Bovary, prenez L'Éducation sentimentale ! On ne sépare pas les enfants d'un même lit. »

 

 

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