Extrait

Riverkeep
de Martin Stewart

Le 28/03/2018 à 18:30 - 0 commentaire

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Martin Stewart

Editions Milan

Lecture 12 ans et +

07/03/18

9782745998835

384

10.99 €

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ISBN : 9782745998835

Editeur : Editions Milan

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Résumé du livre
Le fleuve Danèk, sur lequel travaillent Wull et son père, charrie cadavres et créatures maléfiques... Quand le destin cruel s'abat sur Pappa, Wull va devoir avancer et inventer pour survivre et tenter de sauver son père.Un futur classique, aux accents de "Moby Dick" dark, à mettre entre les mains de tous les fans de la série "L'Épouvanteur".

 

Premier chapitre

Pour Ellice et James, mes grands-parents bien-aimés

 

 

Qui se lace des eaux del fleuve trove la vie dessus la terre pleus sinistre que la mort en dessous.

R. J. Fobisher, proverbe Registre du garde-fleuve, vol. I, p. 4

 

 

1


Li Danék garder.

La vie préservez et ceux quel eau a pris retrover.

Les évents consignez dans la voix del fleuve

Et dignaument agir.

Registre du garde-fleuve, vol. I, p. 1

 

– T’as les mains qui tremblent, Wulliam.

Wull haussa les épaules et déplaça ses mains sur la tasse.

– Y fait froid.

Pappa éclata de rire, projetant un souffle piquant de tabac lakoris.

– L’est pas du froid, ça. Le froid, l’est quand t’as les zœils qui te grattent dès que tu clignes, quand ça te fait mal de respirer.

Tantôt, ça sera toi le garde-fleuve. Le Riverkeep comme on appelle. Tu vas t’accoutumer bein vite.

– Mais je suis pas encore garde-fleuve, protesta Wulliam.

Jamais, songea-t-il.

Pappa resserra un nœud avant de reprendre sa position accroupie.

– Tu vas voir qu’une semaine passe comme rein, mon drôle, dit-il. L’temps paraît long pour la jeunesse, mais t’inquiète pas : tu seras point jeune bein longtemps.

Il sourit et partit préparer le bateau en ébouriffant les cheveux de Wull au passage. Le crissement de ses bottes de caoutchouc se dissipa dans l’obscurité.

Wull posa sa tasse et regarda ses mains, déjà bien abîmées par la brûlure des cordes et de la neige. Par-delà la voix du fleuve – les bruits de succion et de bois flotté –, il sentit les craquements de la glace toute fraîche le long des rives du Danék.

La glace annonçait l’hiver et l’obscurité, et pour le peuple de l’eau, une nouvelle sorte de danger. Pappa la considérait comme un grand ennemi qu’il fallait craindre et combattre avec des flammes et des piquets.

Dans la chaleur de l’été, des fleurs sauvages parfumées poussaient sur les rives, des insectes rasaient la surface et des nuées de poissons argentés crevaient l’eau – pourchassés par les seulas, dont les petites têtes mouillées parsemaient l’étendue telles les pierres d’un gué, leurs yeux d’été dorés flamboyant au soleil.

Mais Wull ne parvenait pas à penser au fleuve comme s’il s’agissait d’une créature vivante. Il avait vu ce qui arrivait : les corps prisonniers de l’eau, bras levés et hurlant à pleine bouche contre la plaque de glace comme derrière une vitre épaisse.

Il revenait au garde-fleuve de briser cette barrière pour saisir le mort à bras-le-corps en penchant la tête si près de la sienne qu’il goûtait son haleine putride avant de le soulever hors de l’eau. Pappa s’acquittait de cette mission avec la grâce d’un martyr, aveugle aux marques laissées par les gangs et plein d’indulgence pour les suicidés. D’aussi loin que remontaient ses souvenirs, Wull avait toujours vu ces morts : vautrés dans une grotesque parodie de sommeil, comme s’ils faisaient la sieste à l’arrière de la bäta.

À présent, il devait s’asseoir avec eux dans la barque. Il arrivait que les cadavres soient anciens, et la chair glissait alors de leurs os luisants comme la peau sur un poisson poché.

 

 

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