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Plus jamais seul
de Caryl Férey

Le 08/11/2018 à 11:24 - 0 commentaire

Auteur :

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Caryl Férey

Gallimard

08/02/2018

9782072757914

320

19 €

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ISBN : 9782072757914

Editeur : Gallimard

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ISBN : 9782072757938

Editeur : Editions Gallimard

Prix grand format : 19.00...76941519....

 

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Résumé du livre
Premières vacances pour Mc Cash et sa fille, Alice. L'ex-flic borgne à l'humour grinçant - personnage à la fois désenchanté et désinvolte mais consciencieusement autodestructeur - en profite pour faire l'apprentissage tardif de la paternité.Malgré sa bonne volonté, force est de constater qu'il a une approche très personnelle de cette responsabilité.Pour ne rien arranger, l'ancien limier apprend le décès de son vieux pote Marco, avocat déglingué et navigateur émérite, heurté par un cargo en pleine mer.

 

Premier chapitre

À la mémoire de Marc Fontaine…

 

à ses amis Georges et Philippe(s),

qui non plus n'oublient pas.

 

 

Elle était assise sur une chaise haute, devant une assiette de soupe qui lui arrivait à hauteur des yeux. Elle avait le nez froncé, les dents serrées et les bras croisés. Sa mère réclama du secours :

— Raconte-lui une histoire, Onelio, demanda-t-elle, toi qui es écrivain.

Et Onelio Jorge Cardoso, une cuillère de soupe à la main, commença son récit :

— Il était une fois un petit oiseau qui ne voulait pas manger sa petite bouillie. Le petit oiseau tenait son petit bec tout fermé, et sa petite maman lui disait : « Tu vas devenir un tout petit nain, petit oiseau, si tu ne manges pas ta petite bouillie. » Mais le petit oiseau n'écoutait pas sa petite maman et n'ouvrait pas son petit…

L'enfant l'interrompit :

— Quelle petite merde, ce petit oiseau, déclara-t-elle.

EDUARDO GALEANO, Le livre des étreintes

(traduction de Pierre Guillaumin)

 

 

PREMIÈRE PARTIE

MARCO-LE-DINGUE

 

 

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Trop tard pour s'échapper : le cargo fondait sur le voilier en perdition, formant peu à peu une digue flottante en pleine mer, haute de plusieurs étages. Marco jaugea le monstre de fer dont la coque luisait comme une lame sous la lune. Démâté, le Class 40 n'était déjà plus qu'une épave dans la houle, menacé par le rouleau compresseur à l'approche. Les passagers retinrent leur souffle sur le pont du voilier, les bras serrés dans un réflexe de protection inutile. Lui ne broncha pas. La masse qui avance, gigantesque, sa surface portante, deux ou trois nœuds de vitesse, quatre mille tonnes de jauge brute : si le cargo était arrivé sous son vent, machine avant lente, il serait venu mourir sur le voilier, mais le courant était traître et il n'y avait rien à espérer de ces flibustiers.

Enfin le navire de commerce stoppa les moteurs, se laissant glisser jusqu'à eux ; Marco distinguait les visages des marins penchés par-dessus les bastingages, la muraille terrifiante de la coque rouillée et ses coquillages incrustés. Ils allaient se faire broyer, aspirer par l'eau noire. Des cris de terreur résonnèrent depuis la cabine. Tout ça pour ça… Marco jeta un regard angoissé à son équipière, livide sous l'astre blanc. Fin de l'aventure. La mer le rappelait. Après ce qu'ils avaient vécu ensemble, c'était presque une fleur dans les pattes de la Faucheuse.

Un filin atterrit alors sur le pont du voilier. Les voix des marins l'invectivaient tout là-haut. Bande de cons, songea-t-il. Mais ils avaient encore une chance de s'en sortir. Marco hurla des ordres brefs, engueula ceux qui se précipitaient vers la proue du voilier pour éviter la panique. Avec la gîte et la peur qui traversait leurs yeux, ou ils se tenaient tranquilles ou ils passaient par-dessus bord. Un autre cordage dégringola sur le cockpit du bateau. Marco attacha les passagers par la taille, un par un, avant de les abandonner à la furie des marins qui commencèrent à les hisser. Ce fut un carnage.

 

 

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