Extrait

Ni tout à fait une autre
de Caroline Vié

Le 07/03/2018 à 06:21 - 0 commentaire

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Prix :

Caroline Vié

Les Escales

mars 2018

9782365693325

200

17.90 €

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ISBN : 9782365693325

Editeur : Les Escales

Prix grand format : 17.90 €

 

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ISBN : 9782365693943

Editeur : Les escales éditions

Prix grand format : 17.90...77531104....

 

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Résumé du livre
Exister pour soi, loin du regard des autres, et goûter enfin la vie...
C'est l'histoire d'une femme qui perd l'homme qu'elle aime. Elle lui a tout donné : son temps, ses rêves, ses renoncements. Il était la star, pas elle ; cela lui allait très bien. Mais lorsque Ignace Lambert, dit Iggy, meurt d'une overdose, tout s'effondre. Il n'y a plus que le vide, et ce goût amer dans la bouche. Jusqu'au jour où Iris fait la rencontre du discret Adrien, solitaire et timide. Elle redécouvre qu'elle a un corps, qu'elle peut aimer... au risque de ne pas être payée de retour. Et alors ?
Avec une vision corrosive des rapports humains, de l'amour et de nos désirs les plus intimes, Caroline Vié brosse le portrait d'une femme de cinquante ans en quête d'un nouveau départ.

 

Premier chapitre

Pour Véronique, ma sœur de cœur

qui m’aime et me comprend.

 

 

« On se console toujours. »

Antoine de Saint-Exupéry

 

« Je n’aimais qu’un seul être et je le perds deux fois ! »

Edmond de Rostand

 

 

PREMIÈRE PARTIE


LE GOÛT DU CAOUTCHOUC

 


* * *

 

 

* * *

 

 

Ton médecin légiste s’exprime en français. Il a un visage en lame de scalpel et un regard compatissant. L’habitude sans doute.

— J’ai passé six mois à Aix-en-Provence pour que français à moi parfait, précise-t-il avec un petit sourire.

Je ne dois pas lui paraître suffisamment admirative car il reprend tout de suite un ton professionnel.

— Ignace Lambert, ton mari, il est mort d’une overdose d’héroïne. Je te donne le condoléance.

L’homme a de longues mains fines. Fondantes. Elles me rebutent un peu. C’est avec elles qu’il t’a ouvert. Soudain, je t’imagine nu sur la table d’autopsie. Ce corps que j’ai tant caressé a été découpé sans cérémonie. Tes cheveux rasés. Ton crâne scié et sorti ton cerveau. Ton cœur qui m’a chérie a été délicatement extrait de la cage thoracique, boîte noire d’un avion écrasé. On l’a posé sur une balance, pesé, évalué. Les pensées que je t’ai inspirées étaient si peu nombreuses qu’elles n’en ont pas augmenté le poids. Est-il maintenant dans un bocal ou remis pêle-mêle dans la cavité comme dans le coffre d’un enfant qu’on a contraint à ranger ? Il ne battra plus pour moi. Je me sens aussi vide que le trou creusé par le médecin légiste. Il a eu le droit de te toucher comme je ne le ferai jamais.

— Il est tombé immédiatement dans la coma. Puis il s’est étouffé avec sa vomi. Il n’a pas souffert, explique le docteur avec son délicieux accent américain.

Quelle mort absurde ! L’absurdité a toujours le même effet sur moi. Tu es bien placé pour le savoir. J’essaie de me contenir. C’est pire et je m’écroule sur le bureau d’un docteur sidéré, prise d’une crise d’hilarité incontrôlable qu’il prend pour des sanglots.

— Mrs Ignace Lambert. L’officier Iggleston va vous recevoir.

J’ai vu assez de séries et de films anglo-saxons pour savoir que le mot « officier » veut dire « inspecteur » en anglais. Le gentil représentant de l’Ambassade de France qui s’est senti obligé de m’accompagner m’assiste jusqu’à la porte en me tenant le coude. L’avocat de ta maison de disques me tient l’autre bras. Je me laisse faire. J’ai de la confiture dans les genoux et du larsen dans les oreilles. Nous avons du mal à passer la porte ensemble, empêtrés dans une étonnante danse de salon. Je prends place sur une chaise entre mes deux thuriféraires. Le policier me présente ses condoléances avec une politesse toute fonctionnelle.

— Votre mari est mort d’une overdose d’héroïne, dit-il. Les musiciens succombent rarement à un excès de vitamine C.

Devant lui est posé un volumineux dossier. Je détourne la tête pour ne pas voir les photos.

— Vous saviez qu’il se droguait ?

 

 

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