Extrait

N'être plus que naître... (présence de l enfant disparue)
de S.L. Francesca Pesci

Le 11/04/2019 à 11:49

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Prix :

S.L. Francesca Pesci

Editions Du Net

avril 2019

9782312065533

124

15 €

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ISBN : 9782312065533

Editeur : Editions Du Net

Prix grand format : 15 €

 

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Résumé du livre
A ceux qui meurent et qu'on aimait on dit adieu... Même les athées le disent. Nous n'avons tous que le même choix entre l'au revoir et l'à Dieu. Comme si l'adieu qui ne renverrait qu'au néant était impensable, indicible. Comme si même les athées ne pouvaient pas dire le non-être sans référence à un grand Etre. Mais quand décide de mourir un enfant à qui l'on a transmis la vie, et à travers elle l'invivable, alors l'indicible du " ne plus être ", l'impensable du " comme si de rien n'aurait dû être ", il faut pourtant tenter de les dire et de les penser. De même que les études menées sur le Linceul de Turin, les témoignages des expérienceurs d'EMI (expérience de mort imminente) rendent compte de phénomènes qu'on ne peut ni reproduire ni expliquer dans l'état actuel de nos connaissances. L'hypothèse d'un au-delà, d'une vie après la vie ne peut pas plus être infirmée que confirmée. Une chose pourtant est sûre : nous faisons l'expérience du deuil. Et cette expérience se développe et s'affine tout au long de l'évolution. Laquelle ne l'a pas écartée comme une conduite inadaptée, mais continue de l'enrichir à travers la culture. Pourquoi ? Pourquoi notre cerveau ne s'affranchit-il pas du traumatisme qu'est la mort d'un être aimé ? Pourquoi notre mémoire se donne-t-elle le mal du souvenir ? C'est au retentissement de ces questions que ce témoignage fait écho...

 

Premier chapitre

 

« Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie. »

C’est par ces mots qu’Albert Camus introduit le mythe de Sisyphe. Au beau milieu d’une guerre mondiale. Et dans un monde auquel une nation devenue folle tentait d’imposer son délire. C’était l’année de ma naissance.

Les hasards ou plutôt les déterminismes absurdes de la filiation ont poussé ton grand-père, Italien émigré en France au début des années 20, dont le jeune frère avait milité au fascio de Mussolini, et dont le père avait caché des Juifs, à exiger de ta grand-mère, sous la menace de la quitter, qu’elle accepte enfin, au bout de sept ans de mariage succédant à trois de fiançailles, de concevoir l’enfant qu’il désirait depuis toujours. Le moment était étrangement choisi : d’autres déterminismes, peut-être issus de ceux qui avaient présidé au destin d’Hitler, présidaient aux destins du monde auquel on me mettrait, pour lequel Albert Camus écrivait en s’interrogeant sur l’absurde.

Aloïs Schicklgruber, inscrit sur son certificat de baptême comme « filsillégitime »de Maria Anna Schicklgruber et d’un père biologique non désigné, était donc un bâtard portant le nom de sa mère, jusqu’à ce qu’elle épouse Johann Georg Hiedler, permettant alors à son fils de troquer son matronyme pour le patronyme de Hitler (les graphies n’étant pas fixées). Et ce, bien que Johann n’ait pas reconnu comme le sien l’enfant qu’avait conçu sa femme.

Devenu Aloïs Hitler à l’âge de quarante ans, Aloïs ex Schicklgruber épouse huit ans plus tard, en troisièmes noces, son employée de maison qu’il a récemment engrossée, Klara Pölzl, un ange aux yeux célestes, de vingt-trois ans sa cadette. Elle lui donne six enfants dont seuls deux survivront, parmi lesquels un dénommé Adolphe Jacob.

Adolphe Jacob Hitler était sans doute, si l’on en croit Sciences et Avenir ainsi que des recherches adn, le petit-fils biologique du vieux baron Salomon Mayer de Rothschild, de lignée juive nord-africaine, banquier de l’empire austro-hongrois, premier Juif ayant été fait citoyen d’honneur de l’Autriche, anobli en 1822, grand baiseur de jeunes filles devant l’Éternel, et qui avait, lui aussi, engrossé sa servante, Maria Anna.

La rage inextinguible de l’épuration par le feu, la passion de la pureté ethnique prendraient-elles source dans cet opprobre originel, ce métissage inaccepté d’où Adolphe Jacob est issu ? Et la grandiose exécration de sa propre lignée l’aurait-elle inspiré à ériger des cathédrales de haine à la gloire de ce peuple élu qu’il incarnait, et qu’il désincarnait, de ces millions de frères de race, sinon de religion, en qui il n’en finirait pas de se détruire et de se célébrer ?

Je n’avais pas demandé à vivre ! Et surtout pas à venir, contre le désir de ma mère que l’idée de maternité terrifiait, dans ce monde envahi par le délire d’un homme et livré à la haine et à la destruction. Toute ma vie je me suis d’ailleurs jointe à ceux qui s’efforçaient de le changer. Mais toi, Nouche, tu as été conçue dans la foulée de mai 68, dans un monde en effervescente espérance, par des parents qui t’ont voulue, ensemble, et l’un de l’autre. À la rentrée, un de mes camarades du comité de grève de psycho, en me voyant enceinte, a mis affectueusement ses deux mains sur mon ventre et m’a dit, tout émerveillé, tout attendri : « Oh ! mais tu nous prépares un petit révolutionnaire ! » Tant d’avenir s’ouvrait devant toi… Il y avait dans ce mouvement tant de créativité, d’énergie généreuse, de ludisme et d’humour, tant d’affectivité, et parfois de tendresse. Nous t’attendions, ton père et moi, dans tant de bonheur, d’optimisme, imaginant ta vie se dérouler « comme un bel écheveau de laine », comme dit Péguy…

 

 

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