Extrait

Moment d'un couple
de Nelly Alard

Le 16/09/2013 à 14:16

Auteur : Nelly Alard
Editeur : Gallimard
Genre : litterature francaise romans nouvelles correspondance
Date de parution : 27/08/2013
ISBN : 9782070141951
Total pages : 382
Prix : 20 €
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Résumé du livre
Juliette, ingénieur dans l'informatique, et Olivier, journaliste, ont deux enfants et une vie de couple moderne. Lorsque Olivier avoue à sa femme avoir une liaison, l'univers de Juliette vacille. Comment survivre à la trahison? C'est à cette question que ce roman, écrit au scalpel, sans concession mais non sans humour, entend répondre. Rien n'y échappe, ni les risques de la vie à deux et les glissements du désir ni les contradictions d'un certain féminisme et la difficulté d'être un homme aujourd'hui.

 

Premier chapitre

Pour Alain.

Pour Martine, encore.

« Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. »

On ne badine pas avec l’amour

ALFRED DE MUSSET

Couple : MÉCAN. Système de deux forces égales, parallèles et de sens contraires ; valeur de leur moment.

Dictionnaire encyclopédique Larousse

Moment d’un couple : Produit de la distance des deux forces par leur intensité commune.

Le Robert, dictionnaire de la langue française

C’était le jeudi 29 mai 2003, en fin d’après-midi. Le jour de l’Ascension. Encore le printemps, donc, mais il faisait déjà très chaud. Les pelouses du parc des Buttes-Chaumont étaient non pas noires de monde, mais colorées, gaiement, de familles bruyantes et agitées. Il y avait des ballons, des serviettes de plage, des cris, des rires, des petites culottes qui séchaient sur l’herbe, des enfants tout nus ou en slip, un côté Front populaire, premiers congés payés. Juliette était arrivée tôt. Elle était assise près de Florence, une de ses amies du quartier, à l’un des endroits les plus recherchés, sur la grande pelouse en pente avec la rivière en contrebas. Toutes deux regardaient leurs enfants qui pataugeaient avec les autres dans le ruisseau, quand le téléphone portable de Juliette a sonné.

Juliette venait de crier à son fils de quatre ans, Johann, de garder ses sandales pour marcher dans l’eau. Pas seulement à cause des cailloux qui en tapissent le fond et qui sont, par endroits, acérés ou glissants. Surtout parce qu’on peut y tomber sur des débris de verre, des capotes usagées ou des capsules de bière. On peut y tomber sur à peu près n’importe quoi, en fait, malgré la fermeture du parc la nuit et les rondes régulières des gardiens.

L’autre jour, Emma a trouvé un bâton de ski, au fond. Tu te rends compte ? Qui peut s’amuser à jeter un bâton de ski dans la rivière des Buttes-Chaumont ?

En décrochant, Juliette avait encore un sourire sur les lèvres.

C’était son mari, Olivier. Il avait la voix altérée, comme à bout de souffle, ou étranglé.

Tu es où ? — Aux Buttes — Tu es seule ? — Non, je suis avec Flo et les enfants. — Tu peux t’éloigner un peu, j’ai quelque chose à te dire.

Le sourire de Juliette s’était envolé. Elle jeta un regard vers Florence, se leva et remonta la pelouse d’une dizaine de mètres. À l’autre bout du fil Olivier semblait sangloter. Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-elle. Avant d’entendre la réponse, elle sentit comme une morsure au creux du ventre. L’idée la traversa que Maria était morte.

Voilà. J’ai une histoire avec une fille, c’est une élue socialiste, ça dure depuis trois semaines, et maintenant elle veut que je te quitte, et là, nous parlions au téléphone, je lui ai dit que j’allais au cinéma avec toi, elle a commencé une crise d’épilepsie, elle a laissé tomber le téléphone, elle crie, je ne sais pas ce qu’elle a, je ne sais pas quoi faire, il faut que j’aille la voir.

 

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