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Michel Houellebecq, rester vivant
de Michel Houellebecq

Le 12/03/2018 à 16:23 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Michel Houellebecq

Flammarion

22/06/2016

9782081389229

190

15 €

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ISBN : 9782081389229

Editeur : Flammarion

Prix grand format : 15 €

 

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ISBN : 9782290108765

Editeur : J'Ai Lu

Prix grand format : 3 €

 

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Résumé du livre
RESTER VIVANT, exposition évènement dont le catalogue éponyme est entièrement conçu par Michel Houellebecq.
" Rester vivant ", titre de son premier recueil de poèmes, est une reconstitution de l'univers mental de l'écrivain.
120 photographies de Michel Houellebecq seront reproduites ainsi que des oeuvres d'artistes invités comme Robert Combas, Renaud Marchand...
Seront reproduits des extraits de La Carte et le Territoire, d'Approches du désarroi (essai théorique, réflexion sur le monde contemporain, l'art, l'écriture, le travail, la conversation, la politique...), de La Possibilité d'une île et des poèmes extraits des recueils La Poursuite du bonheur et Le Sens du combat. "Un poète mort n'écrit plus. D'où l'importance de rester vivant."

 

Premier chapitre

D'ABORD, LA SOUFFRANCE

« L'univers crie. Le béton marque la violence avec laquelle il a été frappé comme mur. Le béton crie. L'herbe gémit sous les dents de l'animal. Et l'homme ? Que dirons-nous de l'homme ? »

 

 

Le monde est une souffrance déployée. À son origine, il y a un nœud de souffrance. Toute existence est une expansion, et un écrasement. Toutes les choses souffrent, jusqu'à ce qu'elles soient. Le néant vibre de douleur, jusqu'à parvenir à l'être : dans un abject paroxysme.

 

Les êtres se diversifient et se complexifient, sans rien perdre de leur nature première. À partir d'un certain niveau de conscience, se produit le cri. La poésie en dérive. Le langage articulé, également.

 

La première démarche poétique consiste à remonter à l'origine. À savoir : à la souffrance.

 

Les modalités de la souffrance sont importantes ; elles ne sont pas essentielles. Toute souffrance est bonne ; toute souffrance est utile ; toute souffrance porte ses fruits ; toute souffrance est un univers.

 

Henri a un an. Il gît à terre, ses couches sont souillées ; il hurle. Sa mère passe et repasse en claquant des talons dans la pièce dallée, cherchant son soutien-gorge et sa jupe. Elle est pressée d'aller à son rendez-vous du soir. Cette petite chose couverte de merde, qui s'agite sur le carrelage, l'exaspère. Elle se met à crier, elle aussi. Henri hurle de plus belle. Puis elle sort.

 

Henri est bien parti dans sa carrière de poète.

 

 

Marc a dix ans. Son père est en train de mourir d'un cancer à l'hôpital. Cette espèce de machinerie usée, avec des tuyaux dans la gorge et des perfusions, c'est son père. Seul le regard vit ; il exprime la souffrance et la peur. Marc souffre aussi. Il a peur également. Il aime son père. Et en même temps il commence à avoir envie que son père meure, et à s'en sentir coupable.

 

 

 

 

 

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