Extrait

Malgré tout la nuit tombe
de Antonio Xerxenesky

Le 29/01/2019 à 09:00 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Antonio Xerxenesky

Asphalte

24/01/2019

9782918767848

224

20 €

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ISBN : 9782918767848

Editeur : Asphalte

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ISBN : 9782365330848

Editeur : Asphalte éditions

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Résumé du livre
Doctorante en histoire des religions, Alina est prisonnière d'un boulot alimentaire dans la publicité. Jusqu'au jour où elle est contactée par la police, qui a besoin de son aide pour démasquer une secte soupçonnée d'enlèvements. Et si c'était là l'occasion unique de briser sa routine ?
Alina a bientôt trente ans et vit à São Paulo. Doctorante en histoire des religions, elle passe ses journées devant un ordinateur, au vingt et unième étage d'un gratte-ciel, prisonnière d'un boulot alimentaire dans la publicité. Elle peine à surmonter un deuil familial et perd peu à peu sa joie de vivre. Jusqu'au jour où elle est contactée par la police, qui a besoin de ses connaissances pour démasquer une secte soupçonnée d'enlèvements. Et si c'était là l'occasion unique de briser sa routine ? De prendre sa vie en main et de trouver un sens aux questions qui l'assaillent ?

Une journée et une nuit suffiront à ébranler les certitudes d'Alina, et par là même celles de toute une génération anesthésiée par son quotidien. Dans Malgré tout la nuit tombe, Antônio Xerxenesky fait surgir l'irrationnel dans nos existences cartésiennes, éveillant nos angoisses les plus profondes.
traduction Mélanie Fusaro

 

Premier chapitre

Il fut un temps où les nuits étaient faites pour dormir, d’un profond sommeil, sans rêves. Dormir et s’éveiller sans peur. […] Nous restons éveillés toute la nuit, jusqu’à l’aube. […] À présent, c’est l’heure de nos cauchemars. Et si nous sommes éveillés, nous avons peur.

 

Ingmar Bergman, L’Heure du loup

 

 

Pour Gabriela Castro

 

et

À la mémoire de Natalia

 

 

Quelques années plus tôt

 


AU début, c’était difficile : elle se réveillait en criant, des hurlements si désespérés qu’ils alarmaient ses parents et son frère, qui se précipitaient dans sa chambre, imaginant une tragédie ou a minima un accident sanglant, et la trouvaient redressée sur son lit, les mains appuyées sur le matelas, agrippant le drap avec force, ses ongles déchirant presque le tissu, et les cris diminuaient peu à peu jusqu’à ce qu’elle comprenne ce qui s’était passé, jusqu’à ce qu’elle situe la ligne de démarcation entre le monde des rêves et la réalité. Alors elle se taisait, tandis que ses parents et son frère demandaient « qu’est-ce qu’il y a, qu’est-ce qu’il y a ? », puis elle répondait, avec la voix rauque de quelqu’un qui s’est écorché les cordes vocales, que « c’était juste un cauchemar », mais elle savait que c’était une explication simpliste, que ce n’était pas la peine de répéter ce qu’elle avait raconté à ses parents les premières fois où elle s’était réveillée en criant : que, même une fois réveillée, elle continuait à apercevoir des ombres dans sa chambre, car son père, rationnel comme il l’était, lui avait expliqué que le cerveau tarde un peu à comprendre qu’il n’est plus en train de rêver, d’autant plus quand on se réveille ainsi, soudainement, et qu’il continue à projeter des images rémanentes du cauchemar.

C’est un phénomène absolument normal, lui avait raconté son père, ça arrive à tout le monde, c’est banal, c’est comme quand, par exemple, on aperçoit le mot « WC » alors qu’il n’est écrit nulle part, parce qu’on est dans la rue et qu’on a très envie d’aller aux toilettes, et elle lui avait répondu que ça ne lui était jamais arrivé, qu’elle n’avait jamais aperçu le mot « WC » sauf là où il était bien écrit, et son père lui avait dit que c’était juste un exemple de la manière dont le cerveau nous joue des tours. Elle lui avait demandé pourquoi lui et sa mère ne se réveillaient pas en criant, alors.

« Parce que nous sommes déjà habitués », avait-il dit.

Elle n’avait plus rien demandé. Elle imaginait son père se réveiller, voir une ombre au loin marcher vers lui et rejeter la scène d’un geste en disant « quelle bêtise », comme si c’était quelque chose de commun, comme si l’explication neurologique ne permettait pas le doute.

Est-il possible d’avoir une telle foi en la science ? se demanda-t-elle un jour. À l’époque, à treize ans, elle croyait encore un peu en Dieu, elle se signait quand elle passait devant une église, imitant sa grand-mère, mais elle sentait qu’il ne s’agissait déjà plus que d’une habitude et que sa foi, qui n’avait jamais été fervente, jamais importante, n’était plus que résiduelle et allait bientôt complètement disparaître. La question était : quand elle abandonnerait enfin ces rituels minuscules qui la liaient à une religion, adopterait-elle la froideur scientifique de son père ?

 

 

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