Extrait

Mademoiselle dite Coco
de Madeleine Mansiet-Berthaud

Le 26/03/2013 à 19:47 - 0 commentaire

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ISBN : 9782812908415

Editeur : De Boree

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Résumé du livre
Gabrielle Bonheur Chasnel est devenue la grande prêtresse de la mode et n'a plus rien à prouver. Chacune de ses créations déclenche tout à la fois scandale et engouement. Mais celle que l'on surnomme Coco n'en demeure pas moins femme et ne peut se consoler de la perte tragique de son amant. En cette époque de bouillonnement intellectuel, elle retrouvera à force de talent le goût de la vie pour s'imposer comme l'une des plus grandes figures du XXe siècle.

 

Premier chapitre

La gondole glissait doucement sur le Grand Canal. Les palais semblaient posés sur une immense barque aux extrémités invisibles.

– Que cette ville est donc belle ! Unique et fascinante. Tu ne trouves pas, Gaby ?

– Ne m’appelle pas Gaby. J’ai horreur des diminutifs et de celui-ci en particulier.

– Tu lui préfères Coco ? Je sais, j’ai obtenu ce que je cherchais. Je voulais te voir réagir, entendre le son de ta voix. Tu es là mais tu es ailleurs. Tantôt de mauvaise humeur, tantôt complètement absente. Pourtant, Venise n’est-elle pas merveilleuse ? Elle devrait t’éblouir. Au lieu de cela tu restes muette. Tant de beauté ne peut te laisser indif- férente.

Gabrielle soupira :

– Je la découvre dans le miroir de l’eau. J’espérais... enfin j’ima- ginais...

– La voir avec quelqu’un d’autre. C’est une ville faite pour les amoureux, je te l’accorde. Pourtant, elle ne laisse personne insensible. Toi qui aimes tant les belles choses, tu devrais t’extasier à chaque coup de rame !

– C’est cette perfection qui m’attriste ; ces merveilles me donnent envie de pleurer.

– Et le gondolier ? N’est-il pas superbe dans son pantalon de toile blanche ?

– Je ne l’avais pas remarqué.

– Lui, il t’a reconnue.
– Crois-tu ? Ça m’étonnerait.
– Tous mes efforts sont vains. Ah ! Le palais des Doges, ou des

Ducs ! Que te faudrait-il pour te dérider ?
Misia parlait, parlait, essayant de distraire son amie. Elle devinait

bien ce que cette ville lui évoquait. « Je n’aurais pas dû lui proposer cette destination », se reprochait-elle. Mais Venise recelait tant de palais, de musées, qu’elle avait cru bon de l’y entraîner pour la dis- traire de cet amour qu’elle ne parvenait pas à oublier. Parfois, elle se prenait à penser que sans cet accident, son histoire avec l’Anglais Arthur Capel, « Boy » pour les intimes, serait peut-être terminée et qu’elle se trouverait de nouveau prête à vivre une autre aventure. Au lieu de cela, ils s’étaient quittés plus épris que jamais : d’où le mal qui rongeait son amie.

– Veux-tu que nous rentrions à Paris, proposa Misia ?

– Ici ou ailleurs, qu’importe. Revenir dans mon appartement vide ne me tente guère. N’as-tu pas prévu quelques réjouissances ?

– C’est juste. La grande Biennale ouvre ses portes demain, tu ne peux pas repartir sans avoir assisté à cet événement. Nous sommes surtout venues pour admirer des chefs-d’œuvre. Et Venise est l’endroit idéal pour ce genre d’exposition. L’art moderne, j’adore, même si dans cette cité nous baignons dans ceux des siècles passés.

Coco s’anima soudain. Elle n’était pas venue de son plein gré. Misia et son ami José Sert l’avaient presque emmenée de force : un véritable enlèvement. Il s’agissait de l’arracher à son travail, de la divertir, afin qu’elle s’imprègne d’une autre atmosphère. L’inspiration lui venant souvent à la suite d’un voyage, de la visite d’un musée ou d’une galerie de peinture, Misia l’accompagnait régulièrement à la découverte d’anciens et de nouveaux talents, guettant ses réactions. Parfois, une idée surgissait au premier coup d’œil sur l’œuvre immor- talisant des vénustés d’une autre époque. La plupart du temps, ce n’est qu’après une longue méditation qu’elle dégageait sa création ; dans la contemplation du beau s’élaborait son génie.

 

 

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