Extrait

Les survivantes
de Lalie Walker

Le 23/05/2013 à 08:42

Auteur : Lalie Walker
Editeur : Actes Sud
Genre : romans et fiction romanesque
Date de parution : 06/02/2010
ISBN : 9782742787883
Total pages :
Prix : 21.30 €
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Résumé du livre
Anne Boher, la très sérieuse et réputée légiste de la morgue de l'hôpital de Strasbourg, est harcelée et acculée, au bord du gouffre. Lettres anonymes et poupées ensanglantées déposées à son domicile sont sur le point de la rendre folle. Qui lui en veut ? Pour quelles raisons ? Serait-ce lié à sa volonté de demander l'exhumation des corps des victimes du fou de Blauelsand, affaire pourtant brillamment résolue, grâce à elle, deux ans plus tôt ? Y a-t-il un rapport avec le dossier 242 ? la maladie de sa mère ?

Son amie Laure Bellanger, psychologue, et Franck Albertini, un ancien flic tourmenté, tentent de voler à son secours. De son côté, Enzo Marquèz, l'assistant de la légiste, cherche ce mystérieux dossier 242 dans les labyrinthiques archives de l'hôpital, un lieu sur lequel courent d'étranges rumeurs parlant d'expériences médicales.

En toile de fond, la canicule sévit, la capitale alsacienne connaît un été effroyable. L'hôpital est débordé, les décès se multiplient, la morgue est saturée. Les citoyens volontaires, militants d'un ordre nouveau, veillent tandis que dans l'atmosphère saturée de la ville, jaillis de nulle part, retentissent les grands airs de La Traviata.

 

Premier chapitre

1

 

 

Les bras le long du corps, Anne fixait l’étagère sur laquelle reposaient deux boîtes. Rectangulaires et plates.

Papa n’aurait jamais dû laisser ça, lâcha-t-elle mal à l’aise.

Immobile. Fébrile.

Jamais ! répéta-t-elle.

Aimantée. Hypnotisée.

Elle s’approcha. Caressa le bois du couvercle, rugueux sous les doigts, se saisit d’une boîte et la serra fermement entre ses mains. Les yeux à demi fermés, elle enfila un étroit couloir en tenant religieusement l’objet. Comme on porterait un présent de valeur. Une offrande. Le corridor s’élargissait à peine quand Anne se retrouva en face d’une porte. Elle tourna la tête et contempla le mur. S’étonna de la couleur de la peinture, semblable à celle du canal en bas de chez elle. Par une fenêtre, elle entraperçut la masse sombre et touffue des arbres le long de la rive, et frissonna. Le souffle du vent lui parvenait, sans couvrir celui de sa respiration. Rauque et lourde.

La boîte dans une main, l’autre sur la poignée, Anne inspira et entra.

Assise sur un lit, une femme âgée articulait d’inaudibles paroles, sa bouche ridée se fendant graduellement sur une ombre de sourire. D’un geste raide, quasi douloureux, Anne souleva le couvercle et, soudain, il y eut tant d’incompréhension dans le regard de la septuagénaire qu’elle vacilla.

Puis il n’y eut plus rien.

Main moite et gorge sèche, Anne retourna alors l’arme contre sa tempe. Ferma les yeux et appuya. Une fois. Sentit son cœur battre furieusement. Deux fois. Les muscles de ses jambes se grippèrent sous l’effet de la tension. La peur lui brouillait l’esprit et opacifiait son sang. Elle bloqua sa respiration et appuya une troisième, quatrième et cinquième fois, avant de baisser lentement son bras. Elle expira encore bien plus lentement, tant elle craignait de s’étouffer. D’effroi et de désarroi.

Enrayée, s’entendit-elle penser.

Consternée. Affolée.

L’arme de papa s’est enrayée !

Anne jeta le pistolet par la fenêtre, sans lâcher du regard la boîte en bois qui se fondait dans la moquette sable. Imperceptiblement, au bout du pied maternel, une pantoufle bleue se balançait. Un rictus lui déforma la bouche, et Anne dut lutter pour conserver les yeux ouverts. Hagarde, elle suivit la courbe émaciée du mollet. Remonta le long du corps en enregistrant le moindre détail. La peau autrefois lisse et porcelaine, mais depuis longtemps flétrie, et l’azur morne de la chemise de nuit lui flanquèrent la nausée. Elle s’arrêta au niveau de la tache sur la poitrine. Rouge du sang du matricide.

Délaissant enfin le pied de la morte, la pantoufle tomba à terre.

À reculons, Anne quitta la chambre et resta longuement adossée contre la porte. Ses paupières s’alourdirent et se fermèrent, puis se scellèrent. La peur devint liquide. Se transforma en terreur.

Bon Dieu, papa, mais qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? hurla-t-elle, les yeux clos.

Son cri n’en finissait pas de résonner à ses oreilles, et Anne Boher se réveilla. Éperdue et couverte de sueur. Elle s’assit, porta une main vers son cœur, et se rallongea avec l’idée brumeuse qu’elle devait retrouver le dossier 242.

 

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