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Les Sciences Sociales En Mutation
de Wieviorka, Michel ; Debarle, Aude ; Ohana, Jocelyne

Le 23/05/2013 à 10:04 - 0 commentaire

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Résumé du livre
Sous la direction de Michel Wieviorka. Avec la collaboration de Aude Debarle et Jocelyne Ohana. Le nombre de chercheurs en sciences humaines et sociales a explosé depuis les années 60. Cette évolution quantitative est d'une importance considérable avant tout en raison du lien étroit existant entre ces disciplines et la démocratie : les dictatures, les régimes totalitaires, mais aussi le règne de l'argent-roi interdisent, combattent ou méprisent ce qu'elles représentent. Pour aborder les contenus et les changements qui s'opèrent au coeur des sciences sociales, Michel Wieviorka aurait pu adopter l'idée communément admise de " crise ". Telle n'est pas sa perspective.
Il privilégie plutôt l'idée d'une formidable mutation, au fil de laquelle les outils théoriques et les orientations d'il y a trente-cinq ou quarante ans se sont décomposés ou raidis, tandis que d'autres s'ébauchaient. Cette idée peut évidemment être mise en débat et n'exclut pas que de forts éléments de continuité puissent être soulignés ; en outre, elle ne s'applique pas de la même manière d'une discipline à l'autre. Toujours est-il que la notion de mutation, polysémique et dynamique, permet d'ouvrir une grande réflexion collective sur les enjeux contemporains des sciences sociales.

Cet ouvrage, et le colloque dont il est issu, feront date. Ils rassemblent, sous la direction de Michel Wieviorka, les travaux des plus éminents spécialistes du monde entier. Autant de contributions majeures qui font entrer les sciences sociales de plain-pied dans le XXIe siècle. Un livre de référence. Michel Wieviorka est président de l'Association internationale de sociologie. Il est directeur d'études à l'EHESS où il dirige le CADIS (Centre d'Analyse et d'Intervention Sociologiques).

 

Premier chapitre

Introduction

 

Michel Wieviorka

 

 

 

 

 

Le nombre de chercheurs en sciences humaines et sociales a comme explosé depuis les années 1960, dans les pays où elles étaient déjà bien installées, puis dans le monde entier. Cette évolution quantitative est en elle-même d’une importance considérable, ne serait-ce qu’en raison du lien étroit entre ces disciplines et la démocratie : les dictatures, les régimes totalitaires, mais aussi le règne de l’argent-roi interdisent, combattent ou méprisent ce qu’elles représentent.

 

 

D’une rive à l’autre

Pourtant, c’est de leur contenu qu’il s’agit ici, et de ses changements. Car il n’est pas besoin d’une longue observation pour prendre conscience de la distance qui nous sépare des modes d’approche qui dominaient dans les années 1960 ou au début des années 1970. Cette distance peut elle-même être envisagée de deux manières distinctes. La première considère que des connaissances nouvelles ont été produites, que des méthodes, des théories, des instruments d’analyse, des paradigmes se sont ajoutés à ceux qui existaient alors, ou les ont affinés, et qu’il y a eu, avec éventuellement des hauts et des bas, et des moments d’incertitude, accumulation de savoirs et enrichissements des modes d’approche, quitte à ce que les rapports de force entre chacun d’eux se déplacent, les uns perdant de leur poids relatif, les autres en gagnant. Cette première façon de voir s’accommode bien de l’idée de crise, de « mauvaise passe » comme disait Karl Mannheim dans les années 1930 (dans Idéologie et Utopie), ou des propos de Robert Merton caractérisant toute l’histoire de la sociologie comme celle d’une « crise chronique » où s’opposent en permanence diverses doctrines.

 

Telle n’est pas ma perspective. Je privilégierai en effet l’idée d’une formidable mutation, au fil de laquelle les outils théoriques et les orientations d’il y a trente-cinq ou quarante ans se sont déstructurés et sont dans l’ensemble entrés en crise, tandis que des outils et des orientations nouvelles s’ébauchaient. C’est l’hypothèse de ce passage d’une rive à l’autre qui est à l’origine de cet ouvrage, et du colloque dont il est issu. Elle peut évidemment être mise en débat, et elle n’exclut pas que de forts éléments de continuité puissent être soulignés – nous vivons trop souvent dans l’illusion, dans l’impression d’inventer, d’être dans la nouveauté, nous ignorons trop facilement l’apport de nos prédécesseurs. De plus, cette hypothèse ne s’applique certainement pas de la même manière d’une discipline à l’autre.

 

Les remarques introductives qui vont suivre ne sont donc rien de plus qu’une invitation à y réfléchir, il s’agit bien d’ouvrir une réflexion collective, et assurément pas de la clore. Il est possible qu’elles semblent encore trop marquées par mes propres appartenances – à un pays, la France, à une discipline, la sociologie, à une génération, celle qui s’est éveillée à la vie de la Cité en 1968 : le contenu même de ce livre n’en a pas moins été conçu en s’efforçant de lutter contre ce biais.

 

 

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