Extrait

Les haut conteurs t.1 ; la voix des rois
de Olivier Peru

Le 20/09/2017 à 11:36

Auteur : Olivier Peru
Editeur : Scrineo
Genre :
Date de parution : 14/10/2010
ISBN : 9782953495409
Total pages :
Prix : 14.90 €
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Résumé du livre
Au XIIe siècle, les Haut-Conteurs, prestigieux aventuriers et troubadours portant la cape pourpre, parcourent les royaumes d'Europe en quête de mystères à éclaircir, d'histoires à collecter et à raconter. Leur quotidien se nourrit de la vérité cachée derrière la rumeur, les superstitions et les légendes. Ceux qui ont la chance de les entendre s'en souviennent toute leur vie. Les Conteurs possèdent la voix des rois, une voix dont ils usent comme d'un instrument magique. Mais ces éblouissants vagabonds ne chassent pas que des frissons. Dans le secret, ils recherchent les pages disparues d'un livre obscur, un ouvrage vieux comme le monde que certains croient écrit par le diable en personne. Et ce livre, Roland, un fils d'aubergiste que rien ne destine à l'aventure, pourrait bien en percer l'énigme. Car à treize ans, il devient le plus jeune garçon à poser la cape pourpre sur ses épaules et il semble tout désigné pour devenir le héros d'une grande histoire, une histoire de Haut-Conteur...

 

Premier chapitre

1

Le Flamboyant


Novembre 1190, Tewkesbury,

comté de Gloucestershire, royaume d’Angleterre

 

 

Vingt et un litres de bière et trois de vin. Sept volailles, quatre faisans et trois porcelets assortis d’une quinzaine de bols de soupe. Un panier de fruits et deux plateaux de fromages. Un duel d’ivrognes gagné par deux dents cassées à rien. Il était midi passé et enfin le calme revenait dans l’auberge.

Comme à son habitude, à midi comme le soir, Roland aidait son père et ses sœurs à débarrasser les tables. Empilant assiettes de bois, bols et gobelets, le garçon pensait, encore et toujours, aux discussions qu’il avait indiscrètement écoutées en servant de table en table.

Depuis peu, la Broche Rutilante, l’auberge de son père, connaissait de florissantes affaires et de plus en plus de nouveaux clients en franchissaient la porte. Certains venaient même du comté voisin et de villages situés à une demi-journée de cheval. Toutes les chambres de l’étage étaient louées et la grange ne pouvait accueillir davantage de montures. La nourriture et la bière n’avaient pourtant pas meilleur goût que la semaine précédente et les lits n’étaient pas soudainement devenus plus confortables. Ce harassant regain d’activité s’expliquait en deux mots. Deux mots que tous les clients avaient à la bouche : Haut-Conteur.

 

 

En effet, l’un des membres de la prestigieuse caste des Haut-Conteurs explorait la région et il avait choisi leur auberge pour prendre gîte lors de son arrivée, quatre jours plus tôt. Depuis, beaucoup de gens du village (et des alentours) espéraient le voir. Et tous attendaient de lui une histoire.

Car c’est ainsi que les Haut-Conteurs payaient leurs notes : en récits. Ils connaissaient toutes les sagas chevaleresques, les légendes des rois du passé, les histoires d’amour ou d’horreur. Aucun troubadour ou rhapsode ne disposait de la moitié de leur talent. Quiconque avait déjà entendu un Haut-Conteur pouvait prétendre avoir rêvé les yeux grands ouverts. Les hommes et les femmes de cette caste possédaient un don rare qu’ils appelaient la Voix des rois. Ils utilisaient leur langue comme d’autres la magie et ensorcelaient leurs auditeurs en quelques mots. Ils murmuraient pour captiver, hurlaient pour terrifier, grondaient pour faire taire. Telles des mains douces et puissantes, leurs phrases pouvaient aussi bien caresser que gifler. Leur verbe était presque magique. Une magie que tolérait l’Église car, à leur façon, les fables des Haut-Conteurs dispensaient certains enseignements religieux et une forme de morale. Et puis des ouï-dire prétendaient que Clément III, le pape ayant appelé les chrétiens à prendre les armes pour la troisième croisade, aimait déraisonnablement leurs histoires (bien que certaines fussent plutôt païennes).

Ainsi, depuis la fin de la Rome antique, les Haut-Conteurs allaient et venaient de royaume en royaume. Lettrés, polyglottes, nés de pays parfois ennemis, quand ils revêtaient la cape pourpre, symbole de leur caste, ils devenaient comme des frères et se dévouaient à leurs maîtresses, les histoires.

 

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