Extrait

Les fabuleuses tribulations d'Arthur Pepper
de Patrick, Phaedra

Le 10/06/2017 à 12:01 - 0 commentaire

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Patrick, Phaedra

Milady Romans

23/09/2016

9782811217990

320

18.20 €

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ISBN : 9782811217990

Editeur : Milady Romans

Prix grand format : 18.20 €

 

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ISBN : 9782820506535

Editeur : Milady Littérature

Prix grand format : 18.20...72041540....

 

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Résumé du livre
" Ses recherches l'avaient sorti de sa torpeur. Arthur n'allait pas se contenter d'en apprendre davantage sur Miriam : il avait aussi quelque chose à apprendre sur lui. Désormais, il ne pourrait plus se laisser pourrir dans son fauteuil à pleurer sa défunte épouse en attendant un coup de téléphone de ses enfants, avec pour seuls passe-temps l'arrosage d'une fougère et le programme télé. " Comme tout Anglais qui se respecte, Arthur boit son thé à heure fixe. Mais depuis qu'il a perdu sa femme, rien ne va plus. Lorsqu'il consent enfin à tourner la page et à se séparer des affaires de sa défunte épouse, Arthur trouve un bracelet qu'il n'avait jamais vu auparavant. Les breloques suspendues à ce bijou constituent autant d'énigmes qui lui donnent envie de mener l'enquête. Que sait-il vraiment de celle qui a partagé sa vie pendant plus de quarante ans ? Ainsi commence un périple riche en rebondissements qui réserve à Arthur de surprenantes révélations.
traduction Cédric Degottex

 

Premier chapitre

Pour Oliver

 

 

Chapitre premier

 

UNE SURPRISE DANS L’ARMOIRE


Arthur se levait chaque matin à 7 heures, comme lorsque sa femme, Miriam, était encore en vie. Il se douchait, enfilait le pantalon gris, la chemise bleu clair et le pull-over moutarde sans manches qu’il avait mis de côté la veille, se rasait, puis descendait au rez-de-chaussée.

À 8 heures, il se préparait un petit déjeuner en piochant parmi les restes dans son réfrigérateur, puis s’asseyait à la table en pin campagnarde qui, au lieu des six convives qu’elle pouvait accueillir, ne se faisait plus l’hôte que de lui seul. À 8 h 30, il s’occupait de sa vaisselle, puis essuyait son plan de travail de la paume, avant de le briquer à l’aide de deux lingettes antibactériennes Cif parfumées au citron. Sa journée pouvait alors commencer.

Tout autre matin ensoleillé de mai, il se serait réjoui de voir le soleil déjà radieux : quelle meilleure opportunité pour désherber et bêcher le jardin, les rayons du jour réchauffant sa nuque et léchant son cuir chevelu dégarni jusqu’à ce qu’il rosît et le picotât agréablement ? Voilà qui lui aurait rappelé qu’il respirait encore et poursuivait sur cette Terre son petit bonhomme de chemin.

Mais aujourd’hui, le 15 de ce mois, la donne était toute différente : le jour s’était levé sur cet anniversaire qu’il appréhendait depuis des semaines, cette commémoration dont la date le dévisageait chaque fois qu’il passait près de son calendrier « Envoûtant Scarborough ». Il la défiait du regard quelques secondes, puis s’efforçait de se trouver quelque menue besogne pour ne plus y penser : arroser sa fougère, Frederica, ou ouvrir la fenêtre de sa cuisine pour déloger d’un « Ouste là ! » les matous des voisins occupés à reconvertir en litière les gravillons de son jardin minéral.

Cela faisait un an, jour pour jour, que sa femme était morte.

Les gens préféraient dire d’elle qu’elle était « partie », comme si le mot « morte » avait quelque chose de blasphématoire. « Partie ». Arthur ne supportait pas cette formulation. Elle avait quelque chose de doux, de délicat : une péniche voguant, paisible, sur l’onde frémissante d’un canal ou une bulle de savon flottant dans la lumière d’une journée sans nuages, oui, c’était délicat, mais la mort de sa femme n’avait rien eu de cette douceur-là.

Après plus de quarante ans de mariage, voilà qu’il se retrouvait seul dans cette maison de trois chambres avec cette salle d’eau que leurs adultes d’enfants, Lucy et Dan, leur avaient conseillé de faire installer avec l’argent de leur pension. La cuisine en hêtre véritable, refaite à neuf, disposait d’une cuisinière qui, avec ses boutons et autres options futuristes, aurait tout aussi bien pu avoir été dérobée à la NASA ; d’ailleurs, Arthur ne l’utilisait jamais, de peur de voir la maison filer droit vers la Lune. Comme les rires lui manquaient, ici… Les bruits de pas dans l’escalier, aussi, et même les claquements de portes ; il aurait tant aimé redécouvrir des piles de vaisselle sur le plan de travail et trébucher dans l’entrée sur des bottes en caoutchouc couvertes de gadoue. Les « bottes à patouille », comme les appelaient les enfants… Le silence de sa solitude était plus assourdissant que la somme entière du chaos sonore familial qui, autrefois, lui tirait des grognements.

 

 

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