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Les deux sources de la morale et de la religion
de Henri Bergson

Le 23/05/2013 à 10:45 - 0 commentaire

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ISBN : 9782081270299

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Résumé du livre
Comment les sociétés se forment-elles ? Pourquoi s¿affrontent-elles ? Ces conflits peuvent-ils être évités ? Morale et religion visent-elles seulement à rendre possible la vie en société, ou permettent-elles à l'espèce humaine de dépasser sa condition naturelle et de trouver une issue à la violence ? Telles sont quelques-unes des questions au coeur des Deux Sources de la morale et de la religion (1932), la somme de philosophie morale et politique de Bergson, qui fut aussi son dernier grand livre.
Dans ce texte hanté par le spectre de la guerre et par le développement de la technique, mais aussi guidé par une méditation sur le mysticisme chrétien, Bergson articule l'étude de la société à sa philosophie de la vie.
Mettant sa doctrine à l'épreuve, il s'efforce de formuler des principes d¿action pour des hommes devenus conscients de la nécessité d¿affronter leur destin commun. Et tandis que " l'humanité gémit, à demi écrasée sous le poids des progrès qu¿elle a faits ", il nous rappelle que son avenir dépend d'elle.

Illustration de couverture : Virginie Berthemet © Flammarion

 

Premier chapitre

INTRODUCTION

 

 

Dans ses « Considérations actuelles sur la guerre et la mort » de 1915, Freud dresse en quelques pages le portrait de cette génération qui, à l’apogée de la civilisation et de ses progrès, a vu soudain s’effondrer ce à quoi elle tenait le plus, ses certitudes, sa fierté comme ses espoirs. Pour les membres de la bourgeoisie éclairée, et notamment pour « ceux de l’arrière » dont Freud scrute la « misère psychique », la Grande Guerre fut bien plus qu’un coup d’arrêt ou la disparition d’un rêve. En un temps très bref, les appuis les plus fermes sur lesquels on croyait pouvoir compter se sont dérobés un à un, presque sans résistance, laissant les individus profondément désemparés. De quelle force se soutenaient-ils alors, s’ils ont pu tomber si vite, et surtout si bas ? Car c’est bien la technique qui s’est faite meurtrière, la science qui s’est compromise dans l’idéologie, l’entente des peuples qui a brusquement reflué sous les coups des nationalismes. Vivre au cours d’une même existence un retournement si complet – éprouver l’abaissement de « ce qui était si élevé », dit Freud – ne peut manquer de conduire à la désillusion. Et pour qui cherche à se reprendre, un effort considérable est désormais exigé, à la mesure de la perte subie. C’est toute la psychanalyse qui s’y trouve même assignée : au seuil d’une nouvelle époque, il faut trouver la force de changer de regard, d’aborder l’expérience par un tout autre biais que celui admis jusqu’ici comme la plus claire des évidences.

L’opposition de principe à la guerre et l’invocation des anciennes valeurs humanistes sont loin d’être à la hauteur du nouveau défi. La lucidité voudrait plutôt qu’on s’interroge sur la nature de ces valeurs et sur ce qu’il en coûte de les porter pour les individus et pour les peuples. Quel poids les progrès de l’humanité font-ils peser sur elle ? N’en ressort-elle pas « à demi écrasée » ? De même, invoquer la solidarité du genre humain paraît dérisoire. On doit plutôt revenir sur la façon dont les sociétés se forment, s’affrontent et ne cessent de se mesurer, libérant une violence dont il ne s’agit plus de savoir si elle est résorbable, mais d’explorer les formes d’investissement, les canaux qu’elle emprunte et les relais qu’elle trouve au plan du psychisme individuel comme de la structure des groupes. Ce défi fut celui de Freud, tout particulièrement dans les textes à consonance sociopolitique qui sont à l’origine de la « seconde topique ». Il fut aussi celui de Bergson, au cours d’une réflexion qui culmine dans Les Deux Sources de la morale et de la religion, un an avant l’accès de Hitler au pouvoir. À cette œuvre de vieillesse il revient d’accomplir plus, et au fond autre chose, que le couronnement d’une doctrine : sa mise à l’épreuve, une manière de sonder l’avenir à partir d’elle, et donc aussi d’espérer à nouveau grâce à elle, une fois la désillusion traversée. Bergson, cependant, se prononce avec précaution. Il avise son lecteur de l’obscurité dans laquelle il avance, et de l’impossibilité de la lever tout à fait. Il s’agira, on en est prévenu, d’une exploration qui s’aventure dans le « domaine du vraisemblable », non d’une construction apodictique de même statut que ses autres livres. Mais le risque doit être couru, les questions que le temps a fait surgir s’imposant par elles-mêmes, dans un contexte incertain que le philosophe, tout épris de rigueur qu’il est, ne peut éluder.

 

 

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