Extrait

Les bracassées
de Marie-Sabine Roger

Le 30/08/2018 à 07:02 - 0 commentaire

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Editeur :

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Marie-Sabine Roger

Rouergue

22/08/2018

9782812616358

320

20 €

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ISBN : 9782812616358

Editeur : Rouergue

Prix grand format : 20 €

 

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ISBN : 9782812616365

Editeur : rouergue littérature

Prix grand format : 20.00...77960457....

 

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Résumé du livre
Fleur et Harmonie ont des prénoms un peu… trompeurs.

Harmonie est jeune, nerveuse, sensible. Elle est affligée d’un syndrome pénible, et se collète résolument avec une vie qui ne lui fait pas de cadeaux.

Fleur est âgée, obèse, pétrie d’angoisses, de manies. Elle vit seule avec son chien Mylord et son armoire à pharmacie. Elle se méfie de tout le monde, sauf de son thérapeute, le cher docteur Borodine.

Autour d’elles, Elvire, Tonton, le merveilleux Monsieur Poussin. Autant de personnages singuliers, touchants et drôles.

Rien n’aurait dû les rassembler, si ce n’est leur étrangeté et le fait que la société fait d’eux des inclassables, incapables, déclassés, bras cassés.

Dans ce roman, il y a de la musique russe, un petit chien en surpoids, des gens un peu fêlés, des monstres improbables, de très beaux portraits en noir et blanc, de la traîtrise et du drame, et – ce n’est pas du luxe – un peu de tolérance.

Les romans de Marie-Sabine Roger ont remporté de nombreux prix et sont traduits à l’étranger avec succès. Deux d’entre eux ont été adaptés au cinéma par Jean Becker, La tête en friche et Bon rétablissement. Elle vit en Charente.

 

Premier chapitre

 

I

Annonce

 

 

Je trouve l’annonce un vendredi punaisée à l’épicerie sur le tableau d’affichage que je vais consulter sur les conseils de Diego pour vérifier si quelqu’un n’aurait pas retrouvé par hasard le parapluie que j’ai égaré le mardi précédent c’est-à-dire trois jours plus tôt c’est facile de s’en souvenir depuis il n’a pas plu je ne suis allée nulle part ailleurs C’est d’autant plus facile de s’en souvenir que je reviens au magasin le jour même le mardi en question pour voir si je n’aurais pas laissé mon parapluie ce qui semble une évidence puisqu’il n’est pas chez moi.

Wouh-Ouh-Ah-Ah.

 

 

Lundi 26 juin 16 h 38

 


J’ai rendez-vous à 18 h 15 avec la jeune femme qui m’a téléphoné pour l’annonce, et je me suis aperçue après son appel que je n’avais même pas pensé à lui demander son nom. C’est stupide de ma part, et d’une telle indélicatesse ! Je n’ai pas osé la rappeler. Je me le suis vertement reproché, même si j’ai des excuses, car parler au téléphone est bien trop pénible pour moi. Le docteur Borodine m’encouragerait à ce genre d’exercice, j’en suis sûre. Il aurait certainement raison. Malgré tout, si je peux éviter de me mettre toute seule dans des situations que je déteste, je ne vais pas m’en priver. Thérapie ou pas thérapie.

Je ne sais pas de quelle façon cette jeune femme aura interprété mon manque de curiosité. Je ne voudrais pas passer à ses yeux pour une de ces personnes prétentieuses pour lesquelles une employée de maison en vaut une autre, sans qu’il soit nécessaire de connaître son nom.

De plus, elle m’a fait très bonne impression, même si j’ai eu par moments quelques difficultés à la comprendre. Mais ça, c’est le mal du siècle : les gens n’articulent plus. Ils n’articulent plus du tout. Jusqu’aux acteurs qui se mettent à marmonner, c’est un comble. Pourtant, il me semble que le moins que l’on puisse espérer d’un acteur, c’est qu’il parle clairement ? Eh bien non, c’est à croire que certains ont décidé de ne plus s’exprimer qu’en voyelles et grommelots. C’est pire encore pour les nouveaux chanteurs : entre ceux qui s’époumonent en braiements ridicules et ceux qui chuchotent de si près dans leur micro qu’on s’attend à les voir le lécher comme une glace en cornet, impossible de comprendre les paroles, maintenant. Le soir, dans mon fauteuil, je penche de plus en plus vers mon téléviseur tel un vieux sapin qui s’effondre, l’oreille tendue, à tenter en vain de décrypter les paroles sur leurs lèvres. Sans parler de ces cameramen qui filment de façon saugrenue et enchaînent les gros plans sur les mains des chanteurs ou le regard des danseurs, dont personne n’a rien à faire. C’est grotesque.

Enfin, je suppose que c’est à moi de m’adapter car je pressens bien que, si je ne le fais pas, il y a fort peu de chances que la société change, elle, pour mieux me satisfaire.

Comme le dirait Josiane « il faut savoir évoluer » – à supposer que vivre dans un monde dans lequel les gens ne se comprennent plus qu’à moitié, lorsque par hasard ils se parlent, représente une évolution. Quoi qu’il en soit c’est la réalité, les gens ne font plus aucun effort pour se rendre intelligibles.

 

 

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