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Le serment de kolvillag
de Élie Wiesel

Le 16/06/2014 à 14:42 - 0 commentaire

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Résumé du livre
Un jeune homme veut se tuer; il a vingt ans; il est juif. Le vieillard qu'il rencontre l'après-midi de ce qu'il croit devoir être son dernier jour, est juif; il a quatre fois vingt ans; il est le seul survivant de Kolvillàg. Cette petite ville d'Europe centrale ne figure sur aucune carte, dans aucun manuel d'histoire. Elle n'existe plus que dans la mémoire du vieillard; et dans un livre dont il est le dépositaire. Lié par un serment, il assure ne pouvoir en parler. Pourtant, il en parlera: "Si je te racontais Kolvillàg?... Il y a là une leçon dont tu pourrais tirer profit. Kolvillàg: la haine contagieuse, le mal libéré. Les conséquences graves d'un épisode banal et insensé... Brisant les chaînes, l'Ange exterminateur a fait de tous les hommes ses victimes... " C'est l'histoire d'un pogrom. Histoire absurde à l'origine; angoissante dans le progression de l'inévitable; hallucinante par l'Apocalypse finale qui n'épargne pas plus les massacreurs que les massacrés. C'est aussi la peinture d'une communauté juive, avec ses figures pittoresques ou émouvantes dominées par celle du hassid Moshe, "le fou". C'est enfin l'illustration entre toutes pathétique d'un thème obsédant d'Elie Wiesel: la fidélité aux morts devenant raison de vivre: "Ayant reçu cette histoire, tu n'as plus le droit de mourir", dit le vieillards au jeune homme.

 

Premier chapitre

Pour Elisha, sa sœur Jennifer
et leur mère.

Si les peuples et les nations avaient su le mal qu’ils se faisaient à eux-mêmes en détruisant le Temple de Jérusalem, ils auraient pleuré plus que les enfants d’Israël.

Le Talmud.

 

Je ne parlerai pas, dit le vieillard. Ce que j’ai à dire, je ne tiens pas à le dire. Ni à toi ni à personne. Ni maintenant ni demain. Il n’y a plus de demain.

Il était une fois, il y a longtemps, une petite ville au passé mystérieux, tache noire sous un ciel pourpre, qui s’appelait Kolvillàg en hongrois, Klausberg en allemand, Virgirsk en russe. On ignore comment l’avaient nommée les Roumains, les Ruthènes, les Ukrainiens et les Turcs qui, à une époque ou à une autre, en avaient été les maîtres.

Ne la cherchez pas sur la carte ; elle n’y figure point. Ni dans les manuels d’histoire. Trop insignifiante pour y occuper une place même modeste. Lacune regrettable, d’autant plus qu’elle semble irréparable. J’en sais quelque chose. Une enquête laborieuse, minutieuse, de plusieurs années ne m’a fourni que peu d’éléments, peu de repères, trop peu pour la situer dans une réalité objective quelconque.

On la trouve mentionnée en cinq endroits dont trois assez surprenants.

Une des lettres que le colonel austro-hongrois Turas von Strauchnitz expédiait régulièrement à son épouse est datée : 4 avril 1822 à Kolvillàg. Malheureusement l’officier, pourtant fin observateur et bavard, ne prit pas la peine d’expliquer ce qu’il venait y faire ou découvrir : pas un mot sur les habitants, les maisons, les mœurs de l’endroit.

Klausberg est également mentionné dans la correspondance que le théologien scandinave Jan Saalbor entretenait avec un obscur moine roumain — Père Yancu — de Transylvanie : « … Pourriez-vous, vénérable ami, me rendre un grand service ? Il m’importe de savoir si le château de Virgirsk, plus connu comme le Monastère des Montagnards Muets, a été construit au Xe ou au XIIIe siècle. » La réponse, si réponse il y eut, n’a pas été conservée. J’ajouterai, pour les amateurs avisés, que ce Monastère existe toujours. Sa collection d’icônes vaut le dérangement. Par contre, rien dans ses archives n’indique une parenté même lointaine avec Klausberg, Kolvillàg ou Virgirsk.

Que la bourgade ait dû attirer les grands voyageurs, cela nous le tenons d’Avraham Ha-katan qui, dans son Journal (éd. Oppenheimer, 1847) en vante l’hospitalité : « Je comprends, écrit-il, qu’on veuille s’y arrêter pour Shabbat. Les marchands sont honnêtes quoique rusés, les femmes dévotes quoique gracieuses, les enfants turbulents mais respectueux. L’étranger ici ne se sentira jamais indésirable. »

Apparemment un Sage nommé Yekutiel ben Yaaqov a dû y siéger au début du XVIe siècle puisque son opinion est citée dans l’ouvrage de Responsa du célèbre Rabbi Menashe, au sujet d’une femme délaissée — une Agouna — qui tenait à se remarier pour échapper au châtelain qui l’aimait d’amour.

 

 

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