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Le royaume des quatre rivières ; constructions et représentations de l'espace politique français au XVe siècle
de Dauphant, Leonard

Le 14/06/2014 à 16:00 - 0 commentaire

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Dauphant, Leonard

Champ Vallon

sciences politiques essais

06/09/2012

9782876735941

442

29 €

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ISBN : 9782876735941

Editeur : Champ Vallon

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Résumé du livre
Le Rhône, la Saône, la Meuse et l'Escaut sont les quatre rivières qui délimitent pendant des siècles le royaume de France. Grâce à une méthode nouvelle - la géohistoire appliquée à l'histoire politique - qui consiste à mettre en carte les données historiques pour visualiser et donc mieux comprendre l'espace des hommes du Moyen Âge, ce livre montre comment les Français se représentent et administrent le pays avant l'ère de la cartographie. Les pratiques territoriales du XVe siècle ont eu un impact durable : c'est alors que le roi étend son pouvoir sur l'ensemble du territoire, que les provinces renforcent leurs identités propres et qu'apparaît une forme d'Etat-nation originale, un Etat territorial mixte, unitaire et hétérogène.
L'ouvrage comprend un cahier couleur de 32 pages présentant une superbe cartographie.

 

Premier chapitre

Pendant des siècles, le royaume de France a été défini par les quatre rivières qui délimitaient ses frontières : le Rhône, la Saône, la Meuse et l’Escaut. Pourtant, la naissance de la « nation France » n’a lieu qu’à la fin de la guerre de Cent Ans, au milieu du XVe siècle. En ces temps de crise multiple, économique, démographique, politique, comment le roi de France pouvait-il se représenter le territoire de son royaume et gouverner les 450 000 km2 de sa souveraineté ?

Le pays ne s’est pas unifié seulement par l’uniformisation et la centralisation, ni par une marche forcée vers « l’absolutisme », mais par la formation d’espaces nettement différenciés : des provinces sont gouvernées par le roi, d’autres sont confiées à un gouverneur, à un prince ou à un parlement. L’unité royale et l’Etat d’offices n’empêchent nullement la construction et l’affirmation de fortes identités régionales, comme en Languedoc, en Normandie ou en Bretagne. Au début du XVI’ siècle, la France devient ainsi un État-nation original, État royal et territorial mixte et polymorphe, à la fois unitaire et hétérogène. Cette organisation survit jusqu’à la Révolution ; son souvenir structure encore, aujourd’hui, l’identité française.

Fruit d’une méthode originale, ce livre montre quelle était la culture géographique des Français de la fin du Moyen Âge et l’impact durable de leurs façons de se représenter l’espace (avec les premières cartes), de voyager et de communiquer, de gouverner et de vivre ensemble.

 

Préface d’Élisabeth Crouzet-Pavan

Au centre de cet ouvrage, une interrogation principale : comprendre comment au cours du XVe siècle, de Charles VI à Louis XII, se construisit l’espace politique français, l’espace de la « Nation France », cet espace que Jeanne d’Arc nommait comme celui de « toute France » lorsqu’elle définissait sa mission qui était de bouter les Anglais hors du royaume. Reste que répondre à cette question supposait d’en poser une autre : comment la royauté française et ses agents, mais aussi ses sujets, se représentaient-ils le territoire qu’ils administraient ou habitaient puisque ces représentations produisaient aussi l’espace de « toute France » ? D’où les deux pôles autour desquels se structure la réflexion : les représentations spatiales du royaume, les pratiques de gouvernement et d’administration de ce même royaume. En somme, quels étaient les différents sens du mot « France » ? Que signifiaient les termes de Gallia, Francia, regnum Francorum et quels rapports avaient-ils entre eux ? Comment interpréter la théorie des « quatre rivières » ? Quelle vision Charles VII, mais aussi ses officiers, pouvaient-ils avoir du royaume et de ses frontières ? Quelle fut dans le même temps la capacité des hommes à appréhender et à maîtriser l’espace pour le transformer en territoire ?

Autant dire que l’enquête à mener était formidablement ample et qu’elle revenait à faire émerger un sujet neuf, étrangement neuf. Sans doute d’abord parce qu’à sa réalisation, un obstacle majeur s’opposait. Les archives royales formaient, L. Dauphant le rappelle, une masse colossale au XVe siècle. Même si les pertes ont été grandes, le gisement documentaire de sources manuscrites et imprimées restait énorme puisque, pour un tel sujet, il n’existait pas de sources spécifiques, connues et prédéfinies. Cet imposant ensemble, qu’une vie de chercheur ne saurait épuiser, L. Dauphant l’a affronté sans vertige ni affolement, en menant des dépouillements à différentes échelles, en assemblant, agençant, à la manière d’un immense et saisissant puzzle, de multiples dossiers peu à peu définis, isolés, constitués. Il a parfois repris, au bénéfice de ses analyses, une matière à disposition. Ainsi celle qui soutient la très belle étude de l’extension de la justice du roi, une première histoire d’espace, celle d’un espace judicaire où l’on passe d’une France des fiefs et des apanages où la souveraineté royale était largement déléguée à une France des cours souveraines où la souveraineté « n’est plus seulement imposée » mais « est intégrée par les élites ». Mais il a aussi beaucoup dépouillé et l’on pourrait multiplier les exemples de l’invention de tous ces corpus, petits, amples, très amples, infiniment variés, qui nourrissent le propos, corpus de listes, de lettres de naturalité, analyse de la modeste production cartographique française conservée qui témoigne des différentes formes de cartographie en usage, la liste serait fort longue… Sa quête documentaire l’a conduit en effet à croiser l’histoire locale et l’histoire générale, à associer les fonds d’archives de l’État royal à des fonds locaux, à relire cet ouvrage « inclassable, sans prédécesseurs ni postérité » écrit vers 1453 qu’est le Livre de la Description du Pays de Gilles le Bouvier, sans jamais oublier d’observer les images conservées (l’Armorial de Revel) ou de mobiliser les sources littéraires, sollicitées pour conduire un développement, fournir un exemple, une simple mention (E. Deschamps, La Farce de Maître Pathelin autant que Du Bellay…) Cette variété des sources constitue une des grandes richesses d’un travail qui en compte beaucoup d’autres.

 

 

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