Extrait

Le chien de Schrödinger
de Martin Dumont

Le 16/06/2018 à 08:31 - 0 commentaire

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Editeur :

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Martin Dumont

Delcourt Littérature

Littérature française

11/04/18

9782413009924

160

10,99 €

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ISBN : 9782413009924

Editeur : Delcourt Littérature

Prix grand format : 10,99 €

 

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Résumé du livre
Premier roman français. Le monde de Jean, c'est Pierre, le fils qu'il a élevé seul. Depuis presque vingt ans, il maraude chaque nuit à bord de son taxi, pour ne pas perdre une miette de son fils. Il lui a aussi transmis son goût pour la plongée, ces moments magiques où ensemble ils descendent se fondre dans les nuances du monde, où la pression disparaît et le coeur s'efface. Mais depuis quelque temps, Pierre est fatigué. Trop fatigué. Il a beau passer son temps à le regarder, Jean n'a pas vu les signes avant-coureurs de la maladie. Alors de l'imagination, il va lui en falloir pour être à la hauteur, et inventer la vie que son fils n'aura pas le temps de vivre. Quand la vérité s'embrouille, il faut parfois choisir sa réalité. Un premier roman pudique et poignant, le roman de l'amour fou d'un père pour son fils.

 

Premier chapitre

À ma mère

 

 

« Il y a eu des philosophes grandement renommés – comme Schopenhauer – qui ont déclaré que notre monde était extrêmement mal fait et triste, et d’autres – comme Leibniz – qui l’ont trouvé le meilleur des mondes possibles. »

Erwin Schrödinger

 

 

Partie I

 

 

1.


Il y a quelqu’un derrière le mur.

Je ne crois pas que je dormais. Je somnolais, peut-être. Je suis allongé sur le dos, je n’ai pas ouvert les yeux.

Le parquet grince, on s’approche lentement de la chambre. Je ne suis pas sûr. Peut-être que je rêve encore.

Les pas s’éloignent vers la cuisine. Les secondes s’égrènent et je ne perçois plus le moindre son.

Et si ce n’était pas Pierre ?

C’est possible, après tout ; il pourrait s’agir d’un cambrioleur. Un type habile et bien entraîné – je n’ai pas relevé de bruit particulier. Il aura crocheté la serrure puis ouvert doucement.

C’est facile de vérifier. Je me lève et je vais voir. Je peux même me contenter d’appeler : Pierre répondra s’il m’entend. Le voleur, lui, prendra plutôt la fuite. Dans les deux cas, je dissipe le doute.

Pour savoir, il me suffit d’agir.

Alors pourquoi est-ce que je reste là ?

C’est étrange, cette impression ; j’ai le sentiment que je gâcherais tout. Parce qu’il y a un équilibre. Au fond, c’est presque un jeu : derrière le mur, il y a quelqu’un qui marche. Ce n’est pas Pierre, ce n’est pas un cambrioleur ; c’est comme s’ils se superposaient. Oui, c’est ça. Tant que je ne m’en assure pas, c’est un peu des deux.

 

 

2.


J’ai fini par me redresser. Mes réflexions me semblaient stupides. Peut-être que l’idée d’un cambrioleur avait fini par m’inquiéter, je ne sais pas. Disons simplement que j’avais envie de voir mon fils.

Je suis sorti du lit et j’ai regardé l’heure. Je n’avais presque pas dormi. J’ai soupiré en pensant que je le payerai en fin de nuit.

En sortant de la chambre, j’ai aperçu Pierre. Il s’installait sur le balcon. Il avait posé des gâteaux et un verre de lait sur la petite table en fer.

Pierre a vingt ans, il ne manque jamais un seul goûter. Quand je lui fais remarquer, il hausse les épaules en souriant.

Je me suis servi un café dans la cuisine – je déteste le lait. Les biscuits, j’ai toujours aimé ça, mais lui mange des trucs trop sucrés pour moi. Le temps de le rejoindre, il avait déjà fini la moitié du paquet.

« Salut papa. »

Il m’a souri, un gâteau entre les dents, puis il m’a demandé comment s’était passée ma journée.

Le matin, j’avais chargé plusieurs clients à l’aéroport. Direction le centre-ville. La plupart n’avaient pas lâché leur téléphone ; les autres avaient dormi, tête appuyée contre la vitre. Je ne suis plus surpris de les entendre ronfler à peine installés sur la banquette. En début d’après-midi, j’étais rentré et je m’étais couché.

Ce n’était pas intéressant, alors j’ai simplement répondu « bien » et je lui ai retourné la question.

 

 

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