Extrait

Le 4 septembre 1870 ; l'invention de la République
de Pierre Cornut-Gentille

Le 27/08/2017 à 19:49

Auteur : Pierre Cornut-Gentille
Editeur : Perrin
Genre :
Date de parution : 24/08/2017
ISBN : 9782262072094
Total pages : 224
Prix : 19 €
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Résumé du livre
Le récit parfois haletant d'une journée dont on a oublié qu'elle aussi a fait la France.

Le 2 septembre 1870, la France subit, à Sedan contre la Prusse, l'une des plus terribles défaites de son histoire. Napoléon III est prisonnier. A Paris, la nouvelle provoque la sidération, et la foule réclame l'abolition de l'Empire. Le 4 septembre, en quelques heures, la déchéance est votée, un gouvernement de la Défense nationale est constitué et la République est proclamée, dans une grande agitation, mais sans aucune goutte de sang, ce qui est sans précédent depuis 1789. Entre le Palais-Bourbon envahi, les Tuileries désertées, l'Hôtel de Ville et le ministère de l'Intérieur en ébullition, se joue et s'écrit un grand moment d'histoire de la France, puisque depuis lors la République, réinventée en un seul jour, n'a désormais plus cessé d'être notre régime institutionnel, mis à part la parenthèse de Vichy. L'auteur relate heure par heure et de lieu en lieu cette journée trop méconnue, mettant en scène l'impératrice Eugénie exfiltrée de son palais, le stupide ministre de la Guerre Palikao, le général Trochu, président du nouveau gouvernement, le vieil et vert orléaniste Thiers, les républicains de 1848 Grévy et Crémieux, les jeunes prudents comme J. Favre, J. Ferry, E. Picard, plus ardents comme Gambetta qui impose son énergie et son éloquence. Sur le fondement de ces événements, notre pays vit encore.

 

Premier chapitre

Pour Aurélien, et pour Margaux,

née un 4 septembre

 

 

« Le 4 septembre, au lendemain de Sedan,

on vit [la République] s'offrir au pays pour réparer le désastre. »

Charles DE GAULLE, discours

prononcé le 4 septembre 1958,

place de la République à Paris.

 

 

« J'ai lu un bon livre dans la Puerta del Sol : Le 4 septembre de Kératry qui fut le préfet de police de la République naissante. Bien écrit avec des lueurs qui éclairent vivement ces jours obscurs. »

François MITTERRAND,

lettre à Anne Pingeot (15 juillet 1971).

 

 

 

Avant-propos

 

 

Le 4 septembre 1870 se produisait un événement considérable dans l'histoire de la France contemporaine : la république était proclamée et pour la première fois elle allait durer. La IIIe République est née ce jour-là. Le pays désormais ne serait plus jamais (exception faite de la parenthèse de Vichy) gouverné par un régime monarchique ou dictatorial. C'est une révolution qui a porté les républicains au pouvoir. Ce fut un jour de fête, inondé de soleil. De toutes les journées révolutionnaires qui ont jalonné l'histoire de la nation depuis 1789, c'est la seule qui n'a pas vu couler une goutte de sang. Pourtant, jamais célébré, jamais commémoré, le 4 septembre 1870 semble aujourd'hui effacé de la mémoire nationale. Ni la révolution de juillet 1830, qui a chassé Charles X, ni celle de 1848, qui a détrôné Louis-Philippe, n'ont connu le même sort.

« Juillet 1830, écrit François Furet, constitue tout de suite un grand souvenir national1. » C'est si vrai que les trois journées révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet ont été baptisées les Trois Glorieuses et commémorées par l'érection de la colonne de Juillet place de la Bastille. Ce furent trois journées d'une extrême violence : 700 Parisiens ont trouvé la mort, plus de 2 000 ont été blessés (150 morts et 600 blessés du côté des troupes royales). Dans les livres d'histoire, l'événement est illustré par La Liberté guidant le peuple de Delacroix et par les reproductions de la scène du balcon de l'Hôtel de Ville où, sous les acclamations du peuple de Paris, Louis-Philippe et La Fayette se donnent l'accolade, enveloppés dans les plis du drapeau tricolore. Dans la révolution de 1830, faite au nom des principes de 1789, la plupart des acteurs voyaient l'accomplissement réussi de la Révolution. C'est à ce titre qu'elle figure parmi les pages glorieuses du roman national. Pourtant, très vite, il apparaîtra que l'événement avait porté au pouvoir une monarchie constitutionnelle censitaire, au fil du temps de moins en moins libérale. Les Trois Glorieuses ont finalement échoué dans leur ambition de réaliser les promesses de 1789. Elles n'en sont pas moins, légitimement, considérées comme un épisode mémorable de l'histoire de France.

En février 1848, la monarchie de Juillet a été renversée selon un scénario proche de celui de 1830 : un pouvoir raidi, replié sur lui-même, qui refuse toute réforme ; une insurrection populaire à laquelle se rallient les bourgeois, le succès proclamé à l'Hôtel de Ville dans la liesse. Mais cette fois, ce sont les républicains qui forment un gouvernement. La IIe République est née. Pour cela il a fallu que, le 24 février, la foule insurgée envahisse la salle des séances de la Chambre des députés pour empêcher un vote confiant la régence à la duchesse d'Orléans après l'abdication de Louis-Philippe en faveur de son petit-fils. C'est ainsi que deux députés, Lamartine et Ledru-Rollin, ont entraîné les manifestants vers l'Hôtel de Ville pour y proclamer la république, former un gouvernement provisoire, puis, le lendemain, faire prévaloir le drapeau tricolore sur le drapeau rouge que les insurgés voulaient accrocher au balcon. Ce même 24 février 1848, comme son cousin Charles X dix-huit ans auparavant, le roi Louis-Philippe prenait la route de l'exil. Ce fut aussi une révolution violente : plusieurs dizaines de morts du côté des émeutiers, autant parmi la troupe et la garde nationale, les Tuileries et le Palais-Royal mis à sac. Ces journées allaient naturellement s'inscrire dans la mémoire nationale. L'image emblématique est celle de Lamartine refusant le drapeau rouge et faisant acclamer le drapeau tricolore sur le parvis de l'Hôtel de Ville, le 25 février. Pourtant, comme la première, cette IIe République n'a pas survécu aux affrontements entre les républicains modérés attachés aux principes de 1789 et l'extrême gauche socialiste pour qui la référence demeurait 1793. Comme la première, son échec sera sanctionné par le coup d'Etat d'un Bonaparte.

 

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