Extrait

La trilogie crossfire t.1 ; dévoile-moi
de Sylvia Day

Le 30/09/2013 à 18:30

Auteur : Sylvia Day
Editeur : J'Ai Lu
Genre : litterature sentimentale poche
Date de parution : 07/11/2012
ISBN : 9782290064672
Total pages : 416
Prix : 13 €
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Résumé du livre
Elle vient d'arriver à New York, il est businessman. Elle est jeune, il est riche et sexy.Elle est séduite, il la désire. Ils se donnent rendez-vous. Et se revoient. Régulièrement.Elle est marquée par son passé, il dissimule des secrets.Une relation tumultueuse et sensuelle faite de plaisir assumé et d'une grande liberté.

 

Premier chapitre

1


— Il faut aller fêter ça !
Cette suggestion ne me surprit pas. Cary Taylor, mon colocataire, cherchait toujours le moindre prétexte pour faire la fête, c'est ce qui faisait son charme.
— Boire la veille de mon premier jour de travail n'est pas une bonne idée, objectai-je.
— Allez, Eva...
Assis en tailleur sur le parquet du séjour, au milieu d'une demi-douzaine de cartons de déménagement, il me gratifia de son sourire le plus charmeur. Nous venions de passer plusieurs jours à trimer mais, à le voir, on ne s'en serait pas douté. Grand brun aux yeux verts, Cary était le genre d'homme qui demeure séduisant en toutes circonstances. Si je n'avais pas eu autant d'affection pour lui, je lui en aurais certainement voulu.
— Je ne te propose pas de prendre une cuite, insista-t-il. Juste un verre ou deux. On se pointe pour le happy hour et on sera de retour ici à 20 heures au plus tard, promis juré.
— Je ne suis pas sûre d'être rentrée à 20 heures. Une fois que j'aurai chronométré le temps qu'il me faut pour me rendre au boulot à pied, je compte faire un tour au club de gym.
— Marche vite et fais du sport encore plus vite, me conseilla-t-il en arquant si parfaitement un sourcil que je ne pus m'empêcher de rire.
Un jour, ce visage ferait la une des magazines de mode du monde entier, j'en étais convaincue.
— Que dirais-tu de demain après le boulot ? tentai-je de négocier. Si je survis à ma première journée de travail, ça nous fera deux trucs à fêter au lieu d'un.
— Vendu. Du coup, je vais pouvoir étrenner notre nouvelle cuisine dès ce soir.
— Heu... super.
Cuisiner est l'un des grands plaisirs de Cary, mais cela ne fait malheureusement pas partie de ses talents.
— Les plus grands chefs tueraient pour avoir une cuisine pareille, assura-t-il. Impossible de rater quoi que ce soit avec ce matos.
J'étais plus que dubitative, mais je n'avais pas le temps de me lancer dans une conversation culinaire et j'adressai un signe de la main à Cary avant de filer.
À peine franchie la porte du grand hall surmontée de sa marquise de verre ultramoderne, les bruits et les odeurs de Manhattan m'assaillirent, attisant mon envie d'explorer la ville. J'avais traversé tout le pays depuis San Diego, et je me retrouvais projetée dans un autre monde.
San Diego, New York. Deux grandes métropoles : la première, éternellement ensoleillée et nonchalante, la seconde, pleine d'une énergie frénétique. Quand je rêvais de New York, je m'imaginais vivre dans l'un de ces immeubles à perron de pierre si caractéristiques de Brooklyn. En bonne fille obéissante, j'avais atterri dans l'Upper West Side. Si Cary n'avait pas emménagé avec moi, je me serais retrouvée toute seule dans cet immense appartement dont le loyer mensuel dépassait le revenu annuel de la majorité des Américains.
— Souhaitez-vous un taxi, mademoiselle Tramell ? s'enquit le portier.
— Non, merci, Paul. Je vais marcher.
— Le temps s'est un peu rafraîchi. Ça devrait être agréable.
— On m'a conseillé de profiter de la douceur de juin avant la canicule.
— Un conseil judicieux, mademoiselle Tramell.
Je jouis un instant du calme relatif de ma rue bordée d'arbres avant de plonger dans l'effervescence de Broadway. Bientôt, espérais-je, je me fondrais complètement dans le décor. Pour l'heure, je ne me sentais pas encore dans la peau d'une New-Yorkaise. J'avais l'adresse et le job, mais je me méfiais encore du métro, et ma technique pour héler un taxi laissait à désirer. Je m'efforçais de ne pas promener autour de moi des yeux ronds de touriste. Ce n'était pas facile. Il y avait tant à voir et à découvrir.
Mes sens étaient en permanence sollicités – gaz de pots d'échappement se mêlant aux effluves de nourriture des street cars stationnant sur les trottoirs, cris des vendeurs ambulants répondant à la musique des artistes de rue, infinie variété des physionomies, des styles vestimentaires, des accents et des merveilles architecturales. Quant à la circulation automobile... je n'avais jamais vu un flux aussi dense.
Il se trouvait toujours une ambulance, un camion de pompiers ou une voiture de patrouille pour fendre, toutes sirènes hurlantes, ce vibrant serpent métallique. L'aisance avec laquelle les camions de ramassage des ordures brinquebalants et les camionnettes de livraison naviguaient dans les étroites ruelles me laissait béate d'admiration.
Les New-Yorkais traversaient ces flots tumultueux avec une facilité déconcertante. Les nuages de vapeur qui s'échappaient des bouches d'incendie et des soupiraux au ras du trottoir n'éveillaient plus chez eux le moindre frisson romantique, et la vibration du bitume au passage du métro souterrain ne leur tirait pas un battement de cils, alors que je souriais comme une idiote.
Au cours du trajet jusqu'à l'immeuble où j'allais travailler, je m'appliquai donc à adopter une attitude décontractée. Côté boulot, du moins, j'avais mené ma barque comme je l'entendais. Je tenais à gagner ma vie sans bénéficier d'un quelconque coup de pouce, ce qui signifiait commencer tout en bas de l'échelle. À partir du lendemain matin, je serais l'assistante de Mark Garrity chez Waters, Field & Leaman, l'une des agences de pub les plus prometteuses du pays. Mon beau-père, le magnat de la finance Richard Stanton, n'avait pas caché sa déception quand j'avais accepté ce poste. Si j'avais été un peu moins fière, avait-il déclaré, j'aurais pu travailler pour un de ses amis et en récolter les bénéfices.
— Tu es aussi entêtée que ton père ! s'était-il exclamé. Avec son salaire de flic, il va lui falloir des années pour rembourser l'emprunt qui lui a permis de financer tes études.
Il faisait allusion à une bataille familiale historique au terme de laquelle mon père n'avait pas cédé d'un pouce.
— Personne d'autre que moi ne paiera les études de ma fille, avait tonné Victor Reyes lorsque Stanton le lui avait proposé.
J'avais trouvé l'attitude de mon père parfaitement respectable, et je crois qu'elle inspirait le même respect à Stanton – même si ce dernier ne le reconnaîtrait jamais. Je comprenais le point de vue de l'un et de l'autre parce que je m'étais battue pour payer seule mes études... et que j'avais dû m'avouer vaincue. Il s'agissait d'une question d'honneur pour mon père. Ma mère avait refusé de l'épouser, pourtant il n'avait jamais manqué à aucun de ses devoirs vis-à-vis de moi.
Sachant d'expérience que remâcher de vieilles frustrations ne servait à rien, je me concentrai sur le minutage de mon trajet. J'avais délibérément choisi de le faire un lundi à l'heure de pointe, je fus donc satisfaite d'atteindre le Crossfire Building, qui abritait les bureaux de Waters, Field & Leaman, en moins de trente minutes.
Je me dévissai la tête pour caresser du regard la ligne élégante de l'édifice jusqu'au mince ruban de ciel qui le surmontait. Le Crossfire était impressionnant ; une flèche étincelante couleur saphir qui transperçait les nuages. Je savais qu'au-delà de l'immense porte à tambour sertie de cuivre le hall, avec son sol et ses murs de marbre veiné d'or, son imposant comptoir d'accueil et ses tourniquets d'aluminium brossé, était tout aussi impressionnant.
Un instant plus tard, je sortais mon badge flambant neuf de ma poche et le présentais aux deux agents de sécurité plantés devant le comptoir. Ils prirent le temps de l'examiner, sans doute à cause de ma tenue de sport, puis me firent signe de passer. Une fois que j'aurais accompli le trajet en ascenseur jusqu'au vingtième étage, je disposerais d'une estimation précise de mon temps de trajet.
Je me dirigeai vers la rangée d'ascenseurs quand l'anse du sac à main d'une élégante jeune femme se coinça dans le tourniquet. Le contenu de son sac se déversa sur le sol dans un déluge de pièces de monnaie qui s'égaillèrent joyeusement dans toutes les directions. Personne cependant ne prit la peine de s'arrêter. Compatissante, je m'accroupis pour l'aider à ramasser les pièces, imitée par l'un des agents de sécurité.
— Merci, murmura la femme en me jetant un coup d'œil soucieux.
— Il n'y a pas de quoi, répondis-je avec un sourire. Ça m'est déjà arrivé.
J'avançais pour récupérer une pièce quand je me retrouvai soudain bloquée dans ma progression par une paire de luxueux mocassins Oxford noirs. Je m'immobilisai le temps que le propriétaire desdits mocassins se déplace. Comme il n'en faisait rien, je levai la tête. Le costume trois pièces que je découvris alors me fit un indéniable effet, mais ce ne fut rien comparé au corps à la fois svelte et puissant dont il était le faire-valoir. Pourtant, si impressionnante que fût cette virilité, ce ne fut que lorsque mon regard atteignit le visage du propriétaire de ce corps que je crus recevoir un coup au plexus.
L'homme s'accroupit devant moi. Cette superbe masculinité à hauteur des yeux me prit tellement de court que je le dévisageai. Sidérée.
Un phénomène étrange se produisit soudain.
Alors qu'il m'étudiait à son tour, son regard se modifia... distillant une énergie qui me coupa littéralement le souffle. Le magnétisme qui exsudait de toute sa personne s'intensifia, créant comme un champ de force presque palpable autour de lui.
Instinctivement, j'amorçai un mouvement de recul et me retrouvai les quatre fers en l'air.
Mes coudes heurtèrent violemment le marbre, mais j'enregistrai à peine la douleur ; j'étais bien trop occupée à fixer l'homme qui me faisait face. Cheveux d'un noir d'encre encadrant un visage d'une beauté saisissante, dont l'ossature aurait tiré des sanglots de bonheur à un sculpteur. Bouche au dessin affirmé, nez droit, et des yeux d'un bleu... Des yeux qui s'étrécirent imperceptiblement tandis que l'expression demeurait impassible.
Si sa chemise et son costume étaient noirs, sa cravate, elle, était assortie à ses iris. Son regard acéré plongea en moi comme pour me jauger. Les battements de mon cœur s'accélérèrent et mes lèvres s'entrouvrirent pour s'adapter au rythme accru de ma respiration. Le parfum qui émanait de ce type était entêtant. Ce n'était pas celui d'une eau de toilette. Un gel douche, peut-être. Ou du shampoing. Quel qu'il fût, il était aussi attirant que son physique.
Il me tendit la main, révélant des boutons de manchettes en onyx ainsi qu'une montre de luxe.
J'aspirai à grand-peine une bouffée d'air avant de m'emparer de sa main. Mon pouls s'emballa quand il affermit son étreinte. Le contact fut électrique. L'inconnu demeura un instant immobile tandis qu'un pli vertical se creusait entre ses sourcils à l'arc arrogant.
— Tout va bien ?
Sa voix à l'accent cultivé était très légèrement grave et suscita en moi des images carrément érotiques. Cet homme aurait été capable de me mener à l'orgasme rien qu'en parlant.
J'humectai mes lèvres subitement desséchées avant de répondre :
— Oui, tout va bien.
Il se redressa avec grâce, m'entraînant dans son mouvement. Nos regards demeurèrent verrouillés – j'étais tout bonnement incapable de détacher mes yeux des siens. Il était plus jeune que je ne l'avais d'abord cru. Moins de trente ans, estimai-je. C'était son regard – dur et incisif – qui le faisait paraître plus âgé.

 

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