Extrait

La puissance discrète du hasard
de Denis Grozdanovitch

Le 01/10/2013 à 19:10 - 0 commentaire

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ISBN : 9782207113349

Editeur : Denoel

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Résumé du livre
Découvertes inattendues, rencontres singulières, coïncidences troublantes : au cours de nos vies, l'essentiel arrive souvent par hasard. Dans une promenade où se croisent les souvenirs familiaux, les exploits sportifs et un riche bagage littéraire, Denis Grozdanovitch nous invite à desserrer les contraintes d'un esprit trop rationnel. Depuis les prouesses au tennis de Roger Federer jusqu'aux présages dont semblent parfois porteurs les animaux - que ce soit dans nos rêves ou dans la réalité -, en passant par la réapparition d'objets que l'on croyait perdus, l'auteur sait mélanger la grande histoire et l'anecdote, le plus anodin et le plus profond.
Avec humour, il nous initie à ces curieux concepts que sont la sérendipité, art des trouvailles inopinées, l'happenstance, don d'être au bon endroit au bon moment, ou encore le lâcher-prise, secret de certains champions, grands scientifiques et autres joueurs d'échecs. Alliant l'impertinence du franc-tireur et les merveillesd'une libre érudition, il nous invite à d'autres raisons de vivre que celles que nous offre un monde stérilisé par la technique.

 

Premier chapitre

Ce livre est dédié à mon fidèle compagnon d’écriture, le chat Ricardo, aux martins-pêcheurs roboratifs des bords de l’Yonne, ainsi qu’à tous les animaux intercesseurs.

« Un moine interrogea Ts’ui wei sur la signification du zen.

— Attends qu’il n’y ait plus personne autour, alors je te le dirai.

Un peu plus tard, le moine, n’y tenant plus, s’approcha à nouveau de Ts’ui wei :

— Il n’y a plus personne, de grâce éclairez-moi.

Ts’ui wei le conduisit dans le bosquet de bambous et, une fois qu’ils y furent arrivés, ne dit rien. Comme le moine ne comprenait pas et insistait, Ts’ui wei enfin lui confia :

— Certains bambous sont grands, d’autres sont petits. »

TSUI WEI (IXe siècle),

Recueil de la transmission de la lampe1

1.  Éditions Moundarren, 1997, Millemont, traduction de Cheng Wing fun et Hervé Collet.

 

« … on dirait du logis d’un collectionneur que l’accumulation sans frein des trouvailles successives a expulsé peu à peu, sans drame et comme par un processus naturel, de son espace habitable : c’est moins un musée qu’une maison colonisée où les dépouilles du tableau de chasse se sont installées en squatters et, en fin de compte, ont obtenu droit de cité. En quoi il s’apparente aux seuls musées qui me touchent, qui sont des coquilles humaines expropriées, et qui sont presque tous fils à la fois de la cohabitation, du progrès rongeur d’une passion dévorante, et du hasard. »

Julien GRACQ

« Il n’y a rien de plus naturel que le hasard ni de plus constant que l’imprévu. L’ordre, en somme, est une entreprise antinaturelle. »

Paul VALÉRY

 

Tandis que j’étais assis au bord de la rivière à lire la biographie du poète Robert Browning par Chesterton (chaque détail, en apparence le plus falot, aura ici son importance), de sorte que mon arrière-pensée était accaparée par la question de la survivance de l’esprit poétique à la surface d’une planète si prosaïque, j’entendis de menus remuements dans mon dos et ma première pensée fut pour le chat Ricardo, venu sans doute, comme à son habitude, m’accompagner dans mon après-midi méditatif. Pourtant, me retournant, j’eus la surprise de voir un écureuil en train de sautiller parmi les brindilles et les feuilles mortes de l’avant-automne. Après que je l’eus observé sans bouger pendant quelques minutes, le hasard voulut que je me replace dans ma position initiale à la seconde même où un couple de martins-pêcheurs rasait la surface de la rivière à vitesse intersidérale. Cet étrange enchaînement d’apparitions animales (car je devais y inclure le fantôme du chat) me laissa longuement songeur. Lorsque je replongeai dans mon bouquin, je lus ceci :

Si quelqu’un était venu trouver Browning et lui avait demandé avec toute la solennité d’un excentrique : « Pensez-vous que la vie vaille la peine d’être vécue ? » il est intéressant de chercher à se représenter ce que sa réponse aurait pu être. S’il s’était trouvé, à ce moment, sous l’influence du déisme rationaliste et orthodoxe des théologiens, il aurait dit : « L’existence est justifiée par son dessein manifeste, son adaptation manifeste de moyens et de buts. » Ou en d’autres termes : « L’existence est justifiée par sa plénitude. » Si, au contraire, il s’était trouvé sous l’influence de ses propres et graves théories intellectuelles, il aurait dit : « L’existence est justifiée par son imperfection. » Mais s’il n’avait pas été influencé dans sa réponse, soit par des idées acceptées, soit par ses propres opinions, il aurait simplement répondu à la question « La vie vaut-elle la peine d’être vécue ? » par la réponse réelle, vitale, qui se trouvait dans son âme même, il aurait pu dire : « Champignons cramoisis du Hampshire ! »

 

 

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