Extrait

La montre en or et autres contes
de Joachim Maria Machado De Assis

Le 17/07/2015 à 16:28

Auteur : Joachim Maria Machado De Assis
Editeur : Métailié
Genre : litterature hispano-portugaise
Date de parution :
ISBN : 9791022603485
Total pages : 168
Prix : 11 €
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Résumé du livre
Une montre en or apparaît sur une table de nuit ; les bras d'une femme troublent un adolescent ; une cartomancienne révèle un avenir radieux ; un miroir ne reflète plus un jeune homme et permet la naissance d'une nouvelle théorie sur l'âme humaine ; une mère refuse obstinément de vieillir ; un jeune homme écoute une dame, un soir de Noël, et ne comprend plus rien... L'auteur met en scène ces situations pour l'intense plaisir du lecteur qui y retrouve la joie, le bonheur et l'incertitude qui ravit l'intelligence. " La Montre en or est un livre pour rêver. Les nouvelles qui le composent sont autant de gestes, de moments inattendus, de phrases simples qui prennent chez Machado de Assis la dimension de l'esquisse travaillée. De l'oeuvre d'art. " La Croix.

" C'est un plaisir trop rare que de pouvoir lire en français des nouvelles de Machado de Assis, l'un des maîtres de la prose brésilienne. " Le Monde

(Traducteurs : Maryvonne Lapouge et Florent Kohler)

 

Premier chapitre

Je m’en vais raconter maintenant l’histoire de la montre en or. C’était un oignon de belle taille, tout neuf, retenu par une chaîne élégante. Luis Negreiros avait bien raison lorsqu’il resta interloqué en voyant la montre chez lui, une montre qui ne lui appartenait pas, et ne pouvait davantage appartenir à sa femme. Était-il victime d’une hallucination ? Pas le moins du monde ; la montre était bien là, sur la table de chevet dans la chambre, qui le regardait, éberluée peut-être tout autant que lui de se trouver en pareil lieu et situation.

Clarinha n’était pas dans la chambre lorsque son mari entra. Elle se reposait dans le salon, en feuilletant un roman, et n’avait ni plus ni moins réagi au baiser qu’il lui avait donné en arrivant. C’était une très jolie femme, cette Clarinha, encore qu’un peu pâle ou peut-être, justement, à cause de sa pâleur. Elle était menue et de petite taille ; de loin, elle paraissait une enfant ; mais de près, pour peu qu’on rencontrât ses yeux, on se rendait compte qu’elle était femme au contraire, comme il y en a peu. Elle était mollement étendue sur le sofa, son livre ouvert, et les yeux sur le livre, les yeux seulement car les pensées, je ne pourrais affirmer, si elles étaient quelque part, qu’elles avaient trait au livre. Clarinha en tout cas paraissait à des lieues et de la montre et de son mari.

Luis Negreiros s’empara de la montre avec une expression que je ne me hasarderai pas à décrire. Pas plus la montre que la chaîne ne lui appartenaient ; elles n’appartenaient pas davantage à des personnes de sa connaissance. Il avait affaire à une charade. Luis Negreiros aimait les charades, et il passait pour un déchiffreur qu’aucune difficulté ne rebute ; mais il aimait les charades telles que les proposent les almanachs et les journaux. Les charades palpables et chronométriques, les charades dont le Tout est absent, Luis Negreiros ne les appréciait pas le moins du monde.

Pour cette raison, et d’autres qui sautent aux yeux, le lecteur aura compris dans quelles dispositions, rebroussant ses cheveux et tapant du pied, Luis Negreiros se laissa tomber sur une chaise, et lança la montre et la chaîne sur la table. Cette première manifestation de fureur calmée, Luis Negreiros prit de nouveau les deux pièces fatales, et de nouveau les examina. Il conclut de même. Il croisa alors les bras pendant un moment, et réfléchit à l’affaire, en interrogeant tous ses souvenirs ; il finit par trancher que, sans un éclaircissement de la part de Clarinha, toute conduite quelle qu’elle fût serait vaine ou précipitée.

Il se leva, alla vers sa femme.

Clarinha achevait justement sa page et tournait la suivante avec l’air indifférent et tranquille de qui n’est pas aux prises avec des charades chronométriques. Luis Negreiros la regarda en face ; ses yeux étaient comme deux poignards luisants.

– Qu’est-ce que tu as ? lui dit la jeune femme, de la voix douce et caressante que tout le monde s’accordait à lui reconnaître.

 

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