Extrait

La jeune fille et la nuit
de Guillaume Musso

Le 24/04/2018 à 09:13 - 0 commentaire

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Guillaume Musso

Calmann-Levy

24/04/2018

9782702163634

21.90 €

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ISBN : 9782702163634

Editeur : Calmann-Levy

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ISBN : 9782702164006

Editeur : Calmann-Lévy

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Résumé du livre
Un campus prestigieux figé sous la neige
Trois amis liés par un secret tragique

Une jeune fille emportée par la nuit

Côte d’Azur - Hiver 1992

Une nuit glaciale, alors que le campus de son lycée est paralysé par une tempête de neige, Vinca Rockwell, 19 ans, l’une des plus brillantes élèves de classes prépas, s’enfuit avec son professeur de philo avec qui elle entretenait une relation secrète. Pour la jeune fille, « l’amour est tout ou il n’est rien ».

Personne ne la reverra jamais.

Côte d’Azur - Printemps 2017

Autrefois inséparables, Fanny, Thomas et Maxime – les meilleurs amis de Vinca – ne se sont plus parlé depuis la fin de leurs études. Ils se retrouvent lors d’une réunion d’anciens élèves. Vingt-cinq ans plus tôt, dans des circonstances terribles, ils ont tous les trois commis un meurtre et emmuré le cadavre dans le gymnase du lycée. Celui que l’on doit entièrement détruire aujourd’hui pour construire un autre bâtiment.

Dès lors, plus rien ne s’oppose à ce qu’éclate la vérité.

Dérangeante

Douloureuse

Démoniaque…

 

Premier chapitre

À Flora,

en souvenir de nos conversations,

cet hiver-là, pendant le biberon

de 4 heures du matin…

 

 

Le problème de la nuit reste entier.

Comment la traverser ?

Henri Michaux 

Le sentier des contrebandiers

 

 

La Jeune Fille :

Va-t’en, ah, va-t’en !

Disparais, odieux squelette !

Je suis encore jeune, disparais !

Et ne me touche pas !

 

La Mort :

Donne-moi la main, douce et belle

créature !

Je suis ton amie, tu n’as rien

à craindre. Laisse-toi faire !

N’aie pas peur

Viens sagement dormir dans

mes bras.

Matthias Claudius (1740-1815)

La Jeune Fille et la Mort

 

 

 

2017

Pointe sud du Cap d’Antibes. Le 13 mai.

Manon Agostini gara sa voiture de service au bout du chemin de la Garoupe. La policière municipale claqua la porte de la vieille Kangoo en pestant intérieurement contre l’enchaînement de circonstances qui l’avait conduite ici.

Vers 21 heures, le gardien d’une des plus luxueuses demeures du Cap avait téléphoné au commissariat d’Antibes pour signaler un pétard ou un coup de feu – en tout cas un bruit étrange – qui aurait été tiré sur le sentier rocheux jouxtant le parc de la propriété. Le commissariat n’avait pas fait grand cas de l’appel et l’avait redirigé vers les bureaux de la police municipale, qui n’avait rien trouvé de mieux que de la contacter elle, alors qu’elle n’était plus en service.

Lorsque son supérieur l’avait appelée pour lui demander d’aller jeter un œil sur le sentier côtier, Manon était déjà en tenue de soirée, prête à sortir. Elle aurait voulu lui répondre d’aller se faire voir, mais elle n’avait pas pu lui refuser ce service. Le matin même, le bonhomme avait accepté qu’elle conserve la Kangoo après ses heures de boulot. La voiture personnelle de Manon venait de rendre l’âme et, en ce samedi soir, elle avait absolument besoin d’un véhicule pour aller à un rendez-vous qui lui tenait à cœur.

Le lycée Saint-Exupéry, où elle avait été élève, fêtait ses cinquante ans et, à cette occasion, une soirée rassemblerait les anciens élèves de sa classe. Manon espérait secrètement y revoir un garçon qui l’avait marquée autrefois. Un garçon différent des autres, qu’elle avait bêtement ignoré à l’époque, lui préférant des types plus âgés qui s’étaient tous révélés de sombres crétins. Cet espoir n’avait rien de rationnel – elle n’était même pas certaine qu’il serait présent à la soirée, et il avait sans doute oublié jusqu’à son existence –, mais elle avait besoin de croire qu’il allait enfin se passer quelque chose dans sa vie. Manucure, coiffure, shopping : Manon s’était préparée tout l’après-midi. Elle avait claqué trois cents euros dans une robe droite en dentelle bleu nuit et en jersey de soie, avait emprunté un collier de perles à sa sœur et des escarpins à sa meilleure amie – une paire de Stuart Weitzman en daim qui lui faisait mal aux pieds.

Juchée sur ses talons, Manon alluma la torche de son téléphone et s’engagea sur le chemin étroit qui, sur plus de deux kilomètres, longeait la côte jusqu’à la Villa Eilenroc. Elle connaissait bien cet endroit. Lorsqu’elle était enfant, son père l’emmenait pêcher dans les petites criques. Autrefois, les gens du coin appelaient cette zone le chemin des douaniers ou des contrebandiers. Plus tard, le lieu était apparu dans les guides touristiques sous le nom pittoresque de « sentier de Tire-Poil ». Aujourd’hui, il répondait au nom plus plat, aseptisé, de sentier du littoral.

 

 

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