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La fille avec la robe à pois
de Beryl Bainbridge

Le 07/03/2013 à 19:36 - 0 commentaire

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Prix :

Beryl Bainbridge

Christian Bourgois

littÉrature anglo-saxonne

12/04/2012

9782267023336

214

17 €

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ISBN : 9782267023336

Editeur : Christian Bourgois

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ISBN : 9782267023343

Editeur : Christian Bourgois

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Résumé du livre
Durant l'été pluvieux de 1968, Rose quitte Kentish Town, dans la banlieue de Londres, pour se rendre aux Etats-Unis. Dans sa valise, elle a pris une robe à pois mais aucun billet de retour. Elle doit rejoindre là-bas un homme qu'elle connaît sous le nom de Washington Harold. Il est prévu que ces deux-là unissent leurs forces pour retrouver le docteur Wheeler, un homme à la personnalité aussi charismatique qu'insaisissable - oracle, gourou, sauveur d'âmes et sans doute charlatan ; Rose considère qu'il l'a bel et bien

 

Premier chapitre

Ce 18 mai, en début de matinée, Washington Harold avait fui devant une meute qui balançait des canettes, des bouts de bois et des pierres contre les fenêtres donnant sur le boulevard. Il n’y avait là rien de personnel, simplement il se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment ; il n’aurait pas dû courir derrière le chat d’Artie Brune.

Il était maintenant trois heures et demie de l’après-midi et, installé dans la cabine du camping-car d’occasion qu’il venait d’acheter, il attendait l’arrivée de l’Anglaise de Wheeler. Pas un grain de poussière sur le tableau de bord, la moindre trace essuyée au chiffon, tout était impeccable même derrière la pendule miniature avec la tête d’Abraham Lincoln imprimée en fond, derrière les chiffres. Dommage que la pluie laissât des giclées de boue sur la peinture ; mais, protégée par la couche de polish qu’il avait étalée avant que le temps se gâte, ça se nettoierait facilement. La copine de Wheeler allait en avoir plein la vue – la glacière, le lavabo avec eau courante, les petits rideaux coquets. Ils finiraient par se connaître à fond et au coucher du soleil, vêtue de sa robe à pois, elle tournerait la salade pendant qu’il préparerait les apéritifs et allumerait le feu ; plus tard, la nuit venue, il nommerait les étoiles, le doigt pointé vers le ciel.

Si ça marchait vraiment bien entre eux, il pourrait même la mettre dans la confidence à propos de Wheeler. Il ne raconterait pas tout, évidemment. D’après les souvenirs qu’il avait d’elle, il doutait fort qu’elle pût comprendre grand-chose à ses projets. Elle n’était pas bête, mais elle manquait d’instruction. Certaines choses parfaitement banales, comme le fonctionnement de Wall Street et les objectifs des groupes politiques, lui étaient étrangères, ce qui rendait encore plus étonnant l’attachement que Wheeler avait pour elle. Mais bon, Wheeler était un coureur de jupons alors que lui, Harold Grasse, était considéré comme timide. Un gamin timide et un adulte inabordable. Enfin pas exactement, il était plutôt circonspect, sélectif.

Il recula pour distinguer son visage en entier dans le miroir, mais ne vit que son front, dégarni et encore bronzé des vacances passées en Floride. Un front un peu à la William Shakespeare, bombé, intellectuel, même s’il devait bien reconnaître qu’il n’avait jamais fait de merveilles à la fac.

Il scruta le rideau de pluie qui masquait les bâtiments de l’aéroport et le rectangle bétonné du parking. Qu’ils s’enfoncent dans le Maryland et le temps allait s’améliorer. Il mettrait son short et peut-être qu’elle poserait la main sur sa cuisse pour lui caresser la peau. À en juger par le ton de leur correspondance, elle était sacrément amicale, à la frange de l’hystérie. La fois où il l’avait raccompagnée chez elle, en Angleterre, elle se cramponnait à sa main sous prétexte que la rue était dangereuse. Dans la lumière des réverbères, la mort pouvait frapper à n’importe quel moment, avait-elle laissé entendre.

 

 

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