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La fabrique des sciences modernes
de Simon Schaffer

Le 25/06/2014 à 13:04 - 0 commentaire

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Simon Schaffer

Seuil

histoire essais

20/03/2014

9782021036169

448

24 €

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Résumé du livre
La nature à l’aube des Lumières n’est plus un livre à déchiffrer, mais un champ à travailler. Comètes, marées, tremblements de terre, cessent d’être considérés comme les prodiges d’un univers immuable et transcendant. Aux XVIIIe et XIXe siècles, l’avènement du capitalisme industriel et son développement mondial jouent un rôle fondamental dans la constitution des sciences modernes. La nature devenue chantier peut être explorée, contrôlée et instrumentalisée. Dans les observatoires et laboratoires, cours et académies, théâtres et manufactures, les Newton, Lavoisier, Kant, Lord Kelvin, mais aussi des artisans, des médecins, des jésuites, des hommes de spectacles s’attèlent à une nouvelle forme à la fois de connaissance et de gouvernement de la nature: les sciences expérimentales. Bien au-delà d’une simple généalogie progressiste, Simon Schaffer met en œuvre une véritable archéologie des sciences modernes, cherchant leurs racines et suivant leurs multiples ramifications sociales et culturelles, des capitales européennes jusqu’aux mondes lointains. Il éclaire les micro-pouvoirs et les dispositifs qui organisent les sciences comme technologies disciplinaires et agencement de l’information. Ces processus multiples permettent de comprendre comment ces sciences finissent par façonner un monde naturel et social à leur mesure. Simon Schaffer, historien et philosophe des sciences réputé, enseigne à l’université de Cambridge. Il est l’auteur, avec Steven Shapin, d’un ouvrage qui a fait date en histoire des sciences, Léviathan et la pompe à air: Hobbes et Boyle entre science et politique, La Découverte, 1993. Traduit de l’anglais par Frédérique Aït-Touati, Loïc Marcou, Stéphane Van Damme

 

Premier chapitre

Les études réunies dans cet ouvrage couvrent vingt-cinq années de recherche historique et deux siècles et demi d’histoire des sciences. Le lecteur est invité à lire un recueil de nouvelles ou d’« histoires », et non un roman-fleuve. Ces « histoires des sciences » ont essentiellement pour cadre l’Europe occidentale, principalement la Grande-Bretagne et la France, depuis les crises politico-religieuses traversées par ces deux États au XVIIe siècle, jusqu’aux mutations industrielles et économiques de la fin du XIXe siècle. Le lecteur est convié à effectuer un voyage dans l’espace : cours et académies, observatoires et laboratoires, théâtres et manufactures constitueront le terrain d’élection de l’étude. Parfois, l’enquête se déplace aux Amériques ou en Asie ou dans l’immensité de l’espace intersidéral. Parfois encore, c’est dans l’univers des roues dentées et des appareils électromagnétiques, des atomes et des molécules, que le lecteur est invité à voyager. Toutes les histoires réunies dans ce livre se situent à un moment charnière : l’avènement du capitalisme et son développement aux quatre coins du monde – développement limité, sans doute, par les événements de cette période. Ces histoires sont destinées à être lues comme un ensemble de récits de voyage, un peu à la manière des Aventures de Robinson Crusoé ou des Voyages de Gulliver. Mais il s’agit ici de lire les récits de voyageurs qui se sont lancés dans un périple d’un nouveau genre : l’exploration des contrées vierges de la science. À l’instar des récits de voyage, l’intérêt de nos « histoires » repose sur l’évocation des coutumes des peuples rencontrés (les savants) et sur la fiabilité du récit de l’explorateur.

Une idée fortement répandue veut que la science obéisse à une méthode unique et qu’elle suive un progrès uniforme : c’est la raison pour laquelle on attend généralement des historiens des sciences qu’ils transcrivent dans leurs études ce cheminement rectiligne, marqué par le progrès scientifique et le triomphe des valeurs morales. Mais les études réunies dans cet ouvrage infirment cette théorie. L’un des objectifs de l’histoire des sciences devrait être de familiariser le lecteur avec la notion d’« étrangeté », en donnant à lire des récits présentant d’autres mondes et d’autres peuples, exclus du domaine de la raison par la force, le silence ou le mépris. C’est pourquoi la liste des personnages qui participent à ces « histoires des sciences » peut sembler aussi longue qu’étonnante : on y trouve des artisans et des journalistes, des soldats et des courtiers en Bourse, des teinturiers et des ingénieurs, des comédiens et des charlatans. Toutefois, l’histoire des sciences doit aussi avoir pour objectif de remettre en question ce qui nous semble « familier », en réexaminant les bases mêmes de notre savoir et de notre culture et en jetant sur ces derniers un regard extérieur, comme étranger. C’est la raison pour laquelle la liste des personnages que l’on retrouve dans nos « histoires des sciences » comprend aussi quelques scientifiques de renom : Newton et Clairaut, Priestley et Lavoisier, Maxwell et Arago. De même que les aventures de Robinson Crusoé et de Gulliver mêlent habilement l’exotisme et le monde connu, les études réunies ici associent étroitement l’« étrange » et le « familier ». On ne trouvera donc ici ni modèle unique ni principe universel des découvertes scientifiques. Bien au contraire, les études réunies dans cet ouvrage ont pour mission de proposer quelques moyens utiles de réfléchir au rôle joué par les sciences dans le monde. Ces essais suggèrent que le savoir scientifique se construit souvent de manière locale et triviale, qu’il ne s’appuie pas sur des méthodes particulièrement géniales ou rationnelles, mais sur l’effort de persuasion et de crédibilité. Une grande partie de ce savoir se forge sur la base d’un travail précis et ingénieux. Il dépend de lieux spécialement organisés pour lui, et à partir desquels il est diffusé. Mais ce travail n’est pas neutre, il constitue ces lieux en retour.

 

 

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