Extrait

La déesse des marguerites et des boutons d'or
de Martin Millar

Le 24/08/2018 à 09:59

Auteur : Martin Millar
Editeur : Intervalles
Genre :
Date de parution : 12/09/2016
ISBN : 9782369560418
Total pages : 288
Prix : 19 €
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Editeur : Éditions Intervalles

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Résumé du livre
Aristophane est inconsolable : ses rivaux dramaturges monopolisent toute l’attention d’Athènes, un aspirant poète en mal de reconnaissance lui colle aux basques, ses acteurs sont incapables de retenir la moindre réplique et son propre mécène semble avoir été piqué par la mouche de l’avarice.



Comment La Paix, sa dernière comédie, pourrait-elle convaincre les Athéniens de s’opposer à la guerre contre Sparte dans de telles conditions ?

Mais il y a pire. Aristophane ignore que les généraux de Sparte et d’Athènes ont confié à Laet, la déesse de la bêtise et des mauvais choix, la mission d’instiller le chaos et le bellicisme à Athènes. Pour contrer l’influence de Laet, la déesse Athéna dépêche Brémusa, une redoutable mais peu loquace amazone, et Métris, une nymphe désarmante de naïveté au secours de La Paix.



Jonglant entre les mouvements d’humeur de dieux tatillons, des débats politiques qui rappellent furieusement ceux du XXIe siècle, les luttes intestines dans les coulisses d’un théâtre et un aperçu de la vie dans la Grèce antique, Martin Millar compose une farce spirituelle et fort à-propos sur nos petits et grands travers.

 

Premier chapitre

Cité d’Athènes, 421 avant J.-C.

Aristophane, dramaturge

L’Agora ne désemplissait jamais. Tout le monde venait y faire ses courses. Les pièces volaient de bouche en main et de main en caisse, au rythme des produits achetés et vendus. Les marchands criaient leurs prix, les amis se saluaient et se donnaient des nouvelles, de temps à autre un petit garçon échappait à la surveillance de son tuteur pour venir chercher refuge derrière les étals. À quelques jours du festival des Dionysies, la place était noire de monde.

Aristophane aimait beaucoup cet endroit. Non qu’il fût particulièrement doué pour faire le marché ou tenir une maison – pour l’essentiel, il laissait cela à son majordome Epiktetos – mais l’Agora était un excellent terrain d’observation, et l’une des principales sources d’inspiration des pièces qu’il écrivait. Les gens savaient qu’Aristophane les observait. Cela ne les dérangeait pas. Pour beaucoup, c’était devenu un sujet de plaisanterie.

« Si Aristophane te voit, tu vas finir dans sa prochaine comédie ! »

Sosinos, le vendeur de gâteaux au miel, le salua chaleureusement depuis son étal.

— Alors Aristophane, où est-ce que j’apparais, dans ta prochaine pièce ?

— Aucun acteur n’est assez beau pour jouer ton rôle, Sosinos.

Le marchand éclata de rire, comme à son habitude. L’étal de Sosinos était plutôt bien fourni en gâteaux ce jour-là, ce qui était assez rare pour être noté. Au bout de dix ans de guerre, sans aucun espoir de paix en vue, les stocks en tout genre étaient au plus bas. Les gâteaux au miel de Sosinos restaient l’une des rares douceurs encore disponibles en ville.

— Ça fait quelques jours qu’on ne t’a pas vu. Tu es en répétition ?

Aristophane hocha la tête.

— Ça se passe bien ?

Aristophane fit la grimace, et demanda à Sosinos s’il pariait toujours.

— Tout le temps.

— Alors, mise sur la concurrence. Ma pièce est un désastre.

— Aristophane, je suis sûr que tu exagères.

— Pas du tout. J’ai plus de chances de voir la déesse Athéna débarquer au marché les bras chargés de gâteaux au miel que de remporter le premier prix cette année.

Brémusa, amazone

Brémusa se tenait en retrait pendant que la déesse Athéna discutait avec la déesse Héra. Brémusa avait beau être arrivée sur le mont Olympe presque huit cents ans plus tôt, elle sentait bien qu’Héra ne l’avait pas encore réellement acceptée. Peut-être parce que Brémusa était une amazone. Ou encore, parce qu’Héra n’aimait guère les nouveaux venus. Héra n’aimait pas grand-monde.

— Il paraît que tu as parlé à Hélios.

La voix d’Héra était teintée de cette légère nuance de désapprobation que connaissaient bien les résidents de l’Olympe.

Athéna eut un large sourire. Héra ne l’avait jamais intimidée.

— C’est exact. Je lui ai demandé de produire du beau temps pour les Dionysies.

— Tiens donc. Personnellement, je n’ai jamais réussi à m’intéresser à ce festival. Tu me diras, je n’ai jamais réussi à m’intéresser à Athènes tout court.

 

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