Extrait

La dame de Reykjavik
de Ragnar Jonasson

Le 12/06/2019 à 09:40 - 0 commentaire

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ISBN :

Total pages :

Prix :

Ragnar Jonasson

La Martiniere

07/03/2019

9782732488417

320

21 €

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ISBN : 9782732488417

Editeur : La Martiniere

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ISBN : 9782732488424

Editeur : La Martinière

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Résumé du livre
" L'inspectrice islandaise Hulda Hermannsdóttir est la meilleure héroïne tragique que nous avons lue depuis longtemps. " The Times

Hulda a tout donné à sa carrière. Mais en faisant toujours cavalier seul. Elle a beau être une des meilleures enquêtrices du poste de police de Reykjavik, à soixante-quatre ans, sa direction la pousse vers la sortie.

La perspective de la retraite l'affole. Tout ce temps et cette solitude qui s'offrent à elle, c'est la porte ouverte aux vieux démons et aux secrets tragiques qu'elle refoule depuis toujours. Et ses échappées dans la magnificence des paysages islandais, pour respirer à plein poumons la sauvagerie de son île, ne suffiront plus, cette fois.
Alors, comme une dernière faveur, elle demande à son patron de rouvrir une affaire non résolue. Elle n'a que quinze jours devant elle. Mais l'enquête sur la mort d'Elena, une jeune russe demandeuse d'asile, bâclée par un de ses collègues, va s'avérer bien plus complexe et risquée que prévu. Hulda a-t-elle vraiment pesé tous les risques ?

 

Premier chapitre

À ma mère

 

 

La colère, comme un éclair jaillit de l’enfer, brise les membres des hommes et attise un brasier démoniaque dans leurs yeux.

Évêque Jón Vídalín

 

 

JOUR 1

 


* * *

 

 

* * *

 

 

1

 

– Comment m’avez-vous trouvée ? demanda la femme.

Sa voix tremblait. Son visage était livide.

L’inspectrice principale Hulda Hermannsdóttir sentit son intérêt redoubler. Rompue à ce petit jeu, elle s’attendait à susciter ce type de réactions – même quand les personnes qu’elle interrogeait n’avaient rien à se reprocher. Être passé au crible par la police est toujours intimidant, que ce soit au poste ou lors d’une conversation informelle comme celle qu’elles avaient en ce moment.

Elles étaient assises l’une en face de l’autre dans la petite salle de repos, juste à côté de la cantine du personnel de la maison de retraite de Reykjavík où la femme travaillait. La quarantaine, les cheveux coupés court, l’air fatigué… La visite imprévue de Hulda semblait la perturber. Bien sûr, son trouble ne prouvait rien, mais Hulda avait la sensation que la femme lui cachait quelque chose. Au fil des ans et des interrogatoires, elle avait fini par acquérir un certain talent pour sentir quand on essayait de la mener en bateau. Certains auraient parlé d’intuition, mais Hulda détestait ce mot, l’alibi commode des flics paresseux.

– Comment je vous ai trouvée ? répéta-t-elle calmement. Mais vous vouliez être trouvée, n’est-ce pas ?

Elle jouait sur les mots, mais c’était une façon comme une autre de lancer la conversation.

– Quoi ? Oui…

Une vague odeur de café flottait dans l’air – un relent âcre. La pièce, exiguë, était sombre et meublée à l’ancienne, sans éclat.

La femme avait posé sa main sur la table. Sa paume laissa une empreinte moite quand elle la ramena vers sa joue. En temps normal, Hulda se serait réjouie de repérer un tel signe. Peut-être le préambule à des aveux ? Mais elle n’éprouvait pas sa satisfaction habituelle. Elle reprit :

– Je voudrais vous poser quelques questions à propos d’un incident qui s’est déroulé la semaine dernière.

Elle parlait vite, comme à son habitude. Son ton était chaleureux et enjoué, élément important de la personnalité positive qu’elle s’était façonnée pour sa vie professionnelle et qui lui servait pour des tâches aussi délicates que celle-ci. Le soir, chez elle, elle était totalement différente. Seule, vidée de toute énergie, en proie à la fatigue et à la déprime.

La femme hocha la tête. Elle savait ce qui l’attendait.

– Où étiez-vous vendredi soir ?

La réponse fusa.

– Au travail, je crois bien.

Hulda se sentit presque soulagée. Son interlocutrice ne renoncerait pas à sa liberté sans combattre.

– Vous êtes sûre ?

L’inspectrice se pencha en arrière, bras croisés, scrutant la réaction de la femme. Cette attitude, qu’elle adoptait toujours lors d’un interrogatoire, pouvait passer autant pour une posture défensive que pour un manque d’empathie. Posture défensive ? Et puis quoi encore ? C’était juste une façon d’occuper ses mains, éternellement agitées, et de rester concentrée. Quant au manque d’empathie… Elle n’éprouvait pas le besoin de s’impliquer, sur le plan émotionnel, davantage qu’elle ne le faisait déjà, tant son travail monopolisait sa vie : l’intégrité et l’implication qu’elle manifestait dans ses enquêtes frôlaient l’obsession.

 

 

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