Extrait

La conspiration des médiocres
de Ernesto Mallo

Le 20/04/2018 à 07:50 - 0 commentaire

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Total pages :

Prix :

Ernesto Mallo

Rivages

18/04/2018

9782743643508

136

18 €

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ISBN : 9782743643508

Editeur : Rivages

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ISBN : 9782743643713

Editeur : Éditions Rivages

Prix grand format : 18.00...77331501....

 

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Résumé du livre
En cette première moitié des années 1970, la situation est confuse en Argentine. Le pays est sous la coupe de José Lopez Rega, dit « Le Sorcier », ministre des Affaires sociales et co-fondateur de la Triple A, une organisation policière d’extrême droite qui constitue un véritable Etat dans l’Etat. Le commissaire adjoint Lascano n’en fait pas partie, il est plutôt considéré comme gênant car trop intègre. Alors quand un Allemand du nom de Böll est retrouvé mort à son domicile avec une balle dans la tête, on conclut rapidement au suicide. Une affaire idéale pour occuper Lascano et son adjoint. Mais « Perro » Lascano qui n’est pas surnommé « le Chien » pour rien, a le don de flairer les choses louches et de reconnaître une scène de crime quand il en voit une. De plus, il découvre, caché dans un double fond du bureau de Böll, un mystérieux carnet rédigé en allemand. Pour en comprendre la teneur, il recrute une traductrice nommée Marisa. Il ne sait pas que cette rencontre va profondément bouleverser sa vie.
traduction Olivier Hamilton

 

Premier chapitre

À Cristina Manresa,

Pour ce regard rempli d’éternité

 

 

La dernière victime des guerres napoléoniennes n’est pas encore née.

Rodolfo WALSH

 

 

1

 

Lorsque le téléphone s’était mis à sonner, Rolf Böll avait immédiatement compris qu’aujourd’hui on viendrait pour le tuer. Lorsqu’il raccroche, un son aigu et bref s’échappe de l’écouteur, comme le chant ininterrompu d’un oiseau mécanique. Il se prend la tête entre les mains. La seule chose qu’il peut faire c’est fuir, mais il se sent trop vieux pour continuer à courir, se cacher, apprendre de ses erreurs, se défendre, implorer… Un rayon de soleil s’immisce par la fenêtre et fait scintiller comme des diamants les grains de poussière du passé qui flottent dans la pièce. Une tristesse infinie l’envahit lorsqu’il repense à toutes ces choses qui auraient pu être et qui ne seront plus jamais. Jusqu’à ce jour, il avait su alimenter l’espoir d’un retour triomphal de sa race. Aujourd’hui, il est convaincu de son extinction.

 

Du bruit à la porte. Il ouvre les yeux. Il est déjà là. Des pas lents, discrets, dans le couloir. Il y avait pourtant pensé : attendre avec son Walther chargé, armé et à portée de main, le surprendre, lui tirer dessus, et lui exploser le crâne, le tuer. Mais ce serait le geste d’un homme poussé par l’espoir, et Rolf n’en a plus aucun. Au-delà des questions philosophiques, il n’aurait pas non plus la force ni l’énergie nécessaires pour déplacer un cadavre et s’en débarrasser. Dans l’embrasure de la porte, la moitié d’un corps, la moitié d’un visage, une jambe, un bras et une main gantée armée d’un pistolet. La voix de Rolf est calme, douce.

 

Entre, ne crains rien.

 

La méfiance peinte sur le visage du jeune homme ne disparaît pas pour autant, mais le ton de la voix l’encourage à entrer, le canon de son arme pointé vers le sol. D’un geste courtois, Rolf l’invite à s’asseoir. L’homme regarde autour de lui. Son flair lui confirme qu’ils sont bien seuls. Il fusille le vieux de son regard bleu et s’installe en face de lui.

 

Vous savez que l’heure est venue ?

Je sais, gamin. Je le savais bien avant que tu naisses.

 

Le jeune homme saisit son arme, actionne la culasse pour expulser le chargeur. Rolf lève les mains, les paumes dans sa direction.

 

Ce ne sera pas nécessaire.

J’en suis sûr, monsieur, mais je préfère suivre le protocole, si ça ne vous fait rien.

Allons-y.

 

Il ôte toutes les balles du chargeur et les aligne sur le bureau. Sept points d’une droite parfaite. Il encastre le chargeur dans la crosse, actionne le bloc culasse pour libérer la chambre et y glisser une balle avant de la refermer. Il regarde fixement Rolf et pose l’arme devant lui. Les yeux de Rolf s’arrêtent sur la manchette de sa chemise. Il porte les fameux boutons que fabriquait Brause & Co. Cette journée semble s’entêter à le replonger dans le passé.

 

Jolis boutons de manchettes.

Merci.

J’en ai eu de semblables, d’où viennent les tiens ?

 

 

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