Extrait

La bête qui mangeait le monde
de Antoine Nochy

Le 03/07/2018 à 10:32 - 0 commentaire

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Antoine Nochy

Arthaud

14/03/2018

9782081413245

280

19.90 €

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Editeur : Arthaud

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ISBN : 9782081429222

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Résumé du livre
"La première fois que j’ai vu des loups, c’était en Cévennes, en 2004, à quatre kilomètres à pied du village dont est originaire ma famille. J’ai compris à cet instant que nous avions une meute. J’ai voulu en parler, ça n’était pas le moment. Les visages se ferment, les sourcils se dressent. Des loups ! Pensez donc ! Les années sont passées. Et puis d’un coup, plus de sangliers ou de chevreuils là où on les attendait d’habitude à la battue, des troupeaux fébriles, des traces en losange, des chiens qui disparaissent, quelque chose dans le pays avait bel et bien changé." Dans les Cévennes où il vit, à une centaine de kilomètres du Gévaudan, sur les terres qui ont inspiré La Chèvre de monsieur Seguin, au royaume de cette bête dont on disait autrefois qu’elle mange le monde, Antoine Nochy a traqué le loup pendant plusieurs mois. Il a arpenté les sentiers, les berges, les drailles à la recherche de signes et de traces et a écouté parler les hommes. Le loup, ce prédateur dont l’éradication fut pour les Européens un des premiers critères de la modernité, est de retour. Saurons-nous cohabiter avec le sauvage ? Lui apprendre des limites et lui faire respecter les activités des humains, avec qui il doit, lui aussi, partager son territoire et ses usages ?

 

Premier chapitre

La bête qui mangeait le monde

 

 

La première fois que j’ai vu des loups, c’était en Cévennes, en 2004, à quatre kilomètres à pied du village dont est originaire ma famille. J’ai compris à cet instant que nous avions une meute. Son retour avait officiellement été annoncé en 1992, il n’y avait aucune raison pour que cet animal se cantonne à la frontière italo-française. J’ai voulu en parler, ça n’était pas le moment. Les visages se ferment, les sourcils se dressent. Des loups ! Pensez donc ! Les années sont passées. Et puis d’un coup, plus de sangliers ou de chevreuils là où on les attendait à la battue, des troupeaux fébriles, des traces en losange, des chiens qui disparaissent, quelque chose dans le pays avait bel et bien changé.

En juin 2016, une première attaque a eu lieu. Un jeune berger venait de reprendre un troupeau sur les hauts. Le loup n’aime pas le changement, ou plutôt il le guette. En cela, il n’est pas différent de l’homme, mais l’anthropomorphisme est ridiculisé depuis que nous avons enfoncé les portes d’une modernité que nous appelons progrès.

Le nouveau berger est là depuis quelques semaines. Son troupeau est surveillé par un chien et protégé par une clôture en bois. Ici, pas de loup alors pourquoi investir dans des systèmes de protection onéreux ? Pourtant ça n’a pas manqué. Un matin, l’homme découvre son bouc blessé à l’arrière-train et des traces de morsures sur son chien. Voilà comment les loups, propriétaire des lieux, punissent ou remettent à leur place les intrus. Le berger comprend aussitôt et contacte l’organisme qui envoie ses émissaires. Quelques semaines plus tard, le constat de l’ONCFS, Office national de la chasse et de la faune sauvage, tombe : attaque de chiens errants. Les chiens errants, c'est pratique, ça évitait de faire passer une zone en ZPP, Zone de présence permanente, et donc d’indemniser les bergers. Au mois de novembre de cette année, rebelote. Philippe, un ami charcutier, se fait manger un veau à la naissance. Ces deux éleveurs auraient dû faire partie des quelque huit mille neuf cent quarante et une victimes des loups que la France indemnise chaque année. Mais lorsque l’ONCFS traite le dossier de Philippe, c’est la consternation, le déni total, les chiens errants ont envahi nos campagnes. C'est fou ce qu'il peut y en avoir dans les parages depuis que le loup est revenu ! Mais comment font-ils pour échapper à la qualification de nuisible ?

Je demande à Philippe de me raconter l’attaque dans les détails.

Il me fait visiter l’étable, un grand hangar en tôle bleu ardoise. Elle donne sur un parc séparé d’un autre par une allée en vieilles pierres. La maison est sur les hauts, elle accroche l’ensemble de la vallée. L’étable est isolée, à 500 mètres en contrebas, c’est là que se trouvaient la vache et son veau. Les pâturages tombent en pente, l’herbe est déjà d’un vert printanier. Au fond, à 800 mètres du lieu de l’attaque, la lisière du bois crée une sorte de pénombre, mirador idéal pour observer les habitudes d’un troupeau.

 

 

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