Extrait

La belle échappée
de Baker Nicholson

Le 07/03/2013 à 19:28 - 0 commentaire

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Baker Nicholson

Christian Bourgois

littÉrature anglo-saxonne

06/04/2012

9782267023275

308

22 €

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ISBN : 9782267023275

Editeur : Christian Bourgois

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ISBN : 9782267023282

Editeur : Christian Bourgois

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Résumé du livre
Dans La belle échappée, Nicholson Baker crée un univers parallèle au sein duquel les visiteurs occasionnels peuvent, moyennant un tarif élevé, assouvir leurs plus extravagants désirs. Le point de départ de son nouveau roman tient en effet au fait qu'un certain nombre de personnes ordinaires, moyennement satisfaites de leurs sorts, disparaissent par des portes – sèche-linge, tunnel, trou de golf, etc – et se retrouvent dans un parc à thème baptisé La belle échappée. rnLe livre s'ouvre sur la découverte par la jeune Shandee, d'un avant-bras appartenant à un dénommé Dave. Ce membre autonome a des exigences - il demande à être entretenu et nourri - mais procure aussi des avantages : il peut apporter une satisfaction sexuelle, et il ne reste pas du tout indifférent à la souplesse et à la douceur du corps de Shandee. On apprend assez vite que l'apparition du bras de Dave est le fruit d'une amputation temporaire et volontaire acceptée par ce dernier en échange de son entrée dans La belle échappée, une « sex resort » très coûteuse mais où tous les fantasmes féminins et masculins sont stimulés, sinon assouvis. Les moyens d'accès à cet univers parallèle sont divers : certains y parviennent en cherchant à se débarrasser de tatouages encombrants, d'autres en répondant à une petite annonce, d'autres encore en s'introduisant dans le sèche-linge d'une laverie automatique, en pénétrant à l'intérieur d'une sculpture en bois (un corps de femme) créée par une artiste japonaise.rnÀ l'inverse de la plupart des grandes multinationales, L'échappée belle est dirigée par une certaine Lila dont la devise est « mon plaisir est votre plaisir ». Chaque chapitre conte ainsi une expérience différente, illustrant le caractère étrange, surprenant et divers de la libido humaine. Au fil des pages, on découvre l'éventail des divertissements proposés par l'établissement, dont les « masturbateaux », le « berceau-vulve », les « levrettes alignées » et cette « salle de velours » où les compositeurs Borodine et Rimski-Korsakov pratiquent un massage de pied à l'aide de leurs génitoires. Certains hommes acceptent aussi de se faire temporairement couper la tête et de servir sexuellement des femmes. Il est donc logique que le récit se termine par une grande fête dont l'un des buts est de remettre ensemble les membres (phallus, mains, têtes…) avec les corps respectifs qui avaient été privés de ces appendices. C'est ainsi que la jeune Shandee du début fait la connaissance de Dave au grand complet : le bras de Dave retrouve le reste du jeune homme et le désir de ce dernier pour Shandee est immédiat.

 

Premier chapitre

Shandee trouve le bras de Dave

Sa sœur, qui partait s’établir au Guatemala, laissa tous ses produits de maquillage à Shandee. Celle-ci passa ce soir-là deux heures à essayer des rouges à lèvres. Le lendemain matin, elle alla dans une carrière avec sa classe de géologie. L’endroit se nommait la « Pierre des Âges ». On en extrayait le granite pour faire des pierres tombales. Leur guide était plutôt mignon, bien que mal coiffé. Il devait avoir dans les vingt-sept ans. Carrément mignon tout de même, trouvait-elle. Ils se tenaient au bord d’un espace qui semblait appartenir à une autre planète, et le jeune homme de déclarer : « Il y a ici suffisamment de granite pour qu’il nous dure quatre mille cinq cents ans. » Juste ciel, pensa Shandee, ça fait un paquet de tombes ! Elle se détourna du rebord, et c’est alors qu’elle vit une main qui dépassait d’un bloc de roche.

Tandis que les autres écoutaient l’accompagnateur, elle s’approcha du rocher. Cette main était rattachée à un avant-bras, et un linge propre enveloppait l’extrémité qui aurait dû être reliée au reste du bras. Il n’y avait pas de sang sur le morceau de tissu. Shandee ramassa le tout. La main était tiède et ses doigts bougeaient un peu. Ils montraient de façon pressante son sac à main, si bien qu’elle l’y glissa avant de rejoindre le groupe pour la suite de la visite.

De retour chez elle, elle sortit l’avant-bras et le déposa sur son lit. Il était fort, avec des doigts sensitifs et une veine bleutée qui remontait le muscle sur sa face interne. Elle le souleva pour lui demander à voix basse : « Est-ce que tu m’entends ? »

En réponse, il lui caressa la joue à deux doigts. Il possédait un toucher délicat.

« Est-ce que tu es bien ? As-tu besoin de quelque chose ? » Il fit le geste d’écrire. Shandee lui trouva un stylo, et la main d’écrire : « S’il vous plaît, défaites la guenille et donnez-moi un peu de nourriture pour poissons dans une solution électrolytique.

— Par où ? interrogea Shandee

— Versez cela dans le petit orifice bordé de vert, écrivit le bras. Je suis content que vous m’ayez trouvé. »

Ayant ôté le linge, elle vit que l’extrémité de l’avant-bras était couronnée d’une sorte de bloc d’alimentation en caoutchouc noir. Il semblait comporter un logement pour une pile, un emplacement recevant les déjections et un autre par lequel introduire les nutriments.

« Tu es italien ? demanda-t-elle sur une intuition.

— Moitié italien, moitié gallois, écrivit le bras. On m’appelle le bras de Dave.

— Eh bien, bras de Dave, je suis ravie de faire ta connaissance. » Ils se serrèrent la main. Sur quoi, elle vit l’heure qu’il était. « Oh, mon Dieu ! Est-ce que tu veux bien attendre ici une heure ? J’ai promis à quelqu’un d’aller à sa fête et je ne voudrais surtout pas blesser cette personne.

— Oui, griffonna le bras de Dave. Mais laissez-moi vous passer votre rouge à lèvres.

 

 

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