Extrait

La ballade de Jim
de Céline Santran

Le 14/06/2014 à 17:04

Auteur : Céline Santran
Editeur : Numeriklivres
Genre :
Date de parution : 01 / 05 / 2014
ISBN :
Total pages : 86 pages
Prix : 1.49 €
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Résumé du livre
Quel lien peut-il bien y avoir entre le meurtre, aux confins des Pyrénées, d’une jeune employée d’une firme de cosmétiques bio, apparemment sans histoire, et la profanation de la sépulture de Jim Morrison à quelque 900 kilomètres de là? Accompagné d’Edison, son fidèle boulet canin, l’inspecteur Adrien Larchet va devoir naviguer entre les crèmes hydratantes aux pépins de courge et les compresses au fenouil pour reconstituer le puzzle d’une enquête peu ordinaire... Adrien Larchet, jeune inspecteur de police un rien gaffeur et grand timide, surtout devant la gente féminine, obtient enfin sa mutation dans les Pyrénées Atlantiques, son cher département de naissance. Tout irait pour le mieux pour lui dans le meilleur des mondes, enfin si l'on excepte les crimes et délits en tout genre auxquels il doit faire face, s'il n'était affublé d'un coéquipier bien particulier. Edison en effet a une haleine de phoque, et peut occasionnellement, à défaut d'aider à résoudre des affaires compliquées, mettre une jolie pagaille au sein du commissariat de Pau. Mais après tout, ce n'est qu'un chien, et c'est avec toute la bonne volonté dont il est capable qu'il seconde son maître. Un duo pour le moins original et fort sympathique. Les criminels en seront pour leurs frais!

 

Premier chapitre

— Allez, Edison, c’est l’heure ! Et pas de blagues cette fois, si tu mords encore les fesses de monsieur Pois pendant le cours, plus deQuestions pour un Champion pendant un mois !

Edison partit se cacher sous le bureau de son maître avant même que celui-ci ait terminé sa phrase. Edison adorait la télé en général, et Julien Lepers en particulier. Fait rare chez un chien, certes, mais allez savoir pourquoi, la fascination du labrador pour le jeu culte résidait d’après les observations de son maître Adrien dans le regard hypnotique de son présentateur. Alors, le priver de son émission, c’était comme enlever la vue à un chien d’aveugle. Depuis que l’inspecteur Larchet avait entrepris le dressage de son fidèle cabot, Edison affichait la mine apathique, la paupière lourde et le geignement plaintif du chien battu sous-alimenté. C’était pour son bien, pourtant, toute cette comédie ! Son chef avait posé à Adrien un ultimatum trois semaines auparavant :

— Ou vous dressez votre chien, ou il ne franchit plus l’enceinte du commissariat, sinon je me charge de l’envoyer valdinguer à la SPA à coups de pied dans le cul !

Il était furax, ce jour-là, le divisionnaire Mourenx. Et pour cause. Edison avait déboulé dans la salle d’interrogatoire pour poser affectueusement son museau sur les genoux du gardé à vue, ruinant ainsi en une seconde cinq heures passées à créer une tension propice à d’éventuels aveux.

Pour sûr, Adrien n’avait pas eu beaucoup de temps pour savourer sa mutation du Val de Marne en pays béarnais, son paradis, enfin, qu’il attendait depuis dix ans. Juste avant son départ de la région parisienne, Adrien avait hérité du chien de son coéquipier, mort en service quelques jours plus tôt après un banal contrôle de routine, le genre de contrôle pendant lequel un psychopathe aux allures de beauf inoffensif sort soudain une arme et tire, comme ça, sans même savoir pourquoi. Un fait divers de plus, un flic de plus parti à vingt-cinq ans, et médaillé à titre posthume. Putain de métier, s’était répété Adrien en pleurant de rage. Il avait dû apprivoiser Edison, déboussolé par la perte de son maître, avait enterré son ami en même temps que sa vie parisienne et avait opéré un retour en terre paloise des plus salvateurs. Pour lui. Car pour Edison, c’était une autre paire de manches… mais Edison portait en lui l’âme de son ami disparu, et à ce titre, Adrien s’était promis de tout faire pour le remettre sur les rails, aussi cabot soit-il.

— Si encore il avait l’air belliqueux, il pourrait servir à quelque chose ! Alors je vous préviens, c’est la dernière fois que je vous préviens – le chef avait tendance à se répéter dès qu’il s’énervait – je vous donne un mois pour me le transformer en rottweiler renifleur de coke ou en chihuahua shooté au prozac, c’est vous qui voyez !

Adrien avait opté pour la deuxième solution, histoire qu’Edison se fasse un peu oublier, mais les leçons de dressage s’avéraient un véritable désastre. D’ordinaire doux, il montrait les dents à chaque exercice et s’en était même pris au postérieur – certes rebondi – d’un autre client, monsieur Pois, venu pour dresser son roquet, un caniche nain abricot au poil touffu, la terreur de son quartier.

 

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