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L'Ordre Libertaire ; La Vie Philosophique D'Albert Camus
de Michel Onfray

Le 23/05/2013 à 08:25 - 0 commentaire

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ISBN : 9782081264410

Editeur : Flammarion

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Editeur : Editions Flammarion

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Résumé du livre
Albert Camus écrivait en 1953 dans ses Carnets : « Je demande une seule chose, et je la demande humblement, bien que je sache qu’elle est exorbitante : être lu avec attention. » Pour lui rendre justice, croiser sa pensée et son existence, saluer une vie philosophique exemplaire, j’ai souhaité écrire ce livre après l’avoir lu avec attention. (M. Onfray) Pour mettre fin à une légende fabriquée de toutes pièces par Sartre et les siens, celle d’un Camus « philosophe pour classes terminales », d’un homme de gauche tiède, d’un penseur des petits Blancs pendant la guerre d’Algérie, Michel Onfray nous invite à la rencontre d’une œuvre et d’un destin exceptionnels. Né à Alger, Albert Camus a appris la philosophie en même temps qu’il découvrait un monde auquel il est resté fidèle toute sa vie, celui des pauvres, des humiliés, des victimes. Celui de son père, ouvrier agricole mort à la guerre, celui de sa mère, femme de ménage morte aux mots mais modèle de vertu méditerranéenne : droiture, courage, sens de l’honneur, modestie, dignité. La vie philosophique d’Albert Camus, qui fut hédoniste, libertaire, anarchiste, anticolonialiste et viscéralement hostile à tous les totalitarismes, illustre de bout en bout cette morale solaire.

 

Premier chapitre

INTRODUCTION

 

UNE BIOGRAPHIE DES IDÉES

 

 

Qu’est-ce  qu’une vie philosophique ?

 

 

 

 

 

 

« Kierkegaard brandissait devant Hegel une terrible menace : lui envoyer un jeune homme qui lui demanderait des conseils. »

(Camus, Carnets IV. 1268).

 

 

 

 

Le Danemark et la Prusse

 

Jadis, la preuve du philosophe était donnée par la vie philosophique qu’il menait. Ce jadis a duré longtemps. Le long temps béni de la philosophie antique, soit une dizaine de siècles avant que le Christianisme et l’Université ne transforment les philosophes en théologiens, puis en professeurs, autrement dit l’illumination et la pédanterie. On s’en doute, plus d’un millénaire de ce régime laisse des traces dans le monde de la philosophie où le goût pour l’illumination et la pédanterie, l’un n’excluant pas l’autre, a produit d’infâmes brouets ayant détourné nombre de gens sensés de cette sublime discipline. On les comprend. Un lignage de philosophes résiste à cette contamination de la pensée par le Ciel et la Chaire. Camus en fait partie – il aimait la Terre et la Vie.

Que veut-il dire quand il écrit dans ses Carnets, goguenard :

« Kierkegaard brandissait devant Hegel une terrible menace : lui envoyer un jeune homme qui lui demanderait des conseils » (IV. 1268 *) ? Qu’il existe deux façons d’être philosophe. La première, celle du penseur danois, qui permet la construction d’une identité, la fabrication d’une existence, la sculpture de soi pour quiconque souhaite donner un sens à sa vie. La philosophie est alors existentielle, autrement dit, elle concerne les techniques de production d’une existence digne de ce nom. Toute la philosophie antique fonctionne ainsi : après avoir découvert une pensée, on en fait la boussole de sa vie, elle donne une colonne vertébrale au chaos que l’impétrant ressentait de façon intime avant cette rencontre. Dès lors, le philosophe peut conseiller à un jeune homme ce qui lui permet d’échafauder sa subjectivité. La vie devient une œuvre, rien n’interdit qu’elle constitue une œuvre d’art, autrement dit, une production sans duplication possible.

La seconde façon de pratiquer la philosophie, celle du penseur prussien, envisage les conditions de possibilité de la pensée, elle se soucie des modalités de la connaissance, elle veut réduire la diversité et la multiplicité du monde, sa vitalité et ses efflorescences aussi, à une poignée de concepts agencés dans des architectures systématiques. Le désordre du réel doit obéir à la cravache du concept. Tout ce qui fuit, vit, bouge, se trouve fixé, comme un papillon sur le liège, par des néologismes piqués sur une surface théorique. Une fois cette pure opération de l’esprit effectuée, le philosophe recule d’un pas, contemple son édifice : certes, il a construit un immense château – mais il s’avère inhabitable. Un jeune homme n’a rien à faire de cette passion pour le verbe qui l’éloigne des choses.

 

 

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