Extrait

L'a-t-elle empoisonné ?
de Kate Colquhoun

Le 21/12/2014 à 17:11 - 0 commentaire

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ISBN : 9782267027013

Editeur : Christian Bourgois

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Editeur : Christian Bourgois

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Résumé du livre
Liverpool, le 11 mai 1889. James Maybrick succombe à une maladie dont les médecins ne savent déterminer la nature ni la cause. Florence, sa jeune épouse américaine, est immédiatement soupçonnée de l’avoir empoisonné à l’arsenic. Mais cette substance est aussi l’ingrédient majeur des remèdes et toniques consommés par son mari depuis sa jeunesse… Florence est accusée de meurtre et appelée à comparaître. Férocement débattue au tribunal et relayée en « une » des principaux journaux, cette affaire riche en rebondissements et en polémiques a retenu l’attention de la population pendant des mois. À travers la reconstitution d’un fait divers retentissant, Kate Colquhoun analyse avec une grande finesse les paradoxes et dilemmes qui marquèrent la société anglaise de la fin de l’ère victorienne. « Une histoire captivante, détaillée à la perfection, où affleure sans cesse la sensation de danger et de tragédie imminente. » (Kirsty Wark, The Telegraph)

 

Premier chapitre

 

 

 

 

 

 

 

St George’s Hall, Liverpool, mercredi 7 août 1889

 

 

 

Elle ne s’était pas attendue à ce qu’ils fassent si vite et, quand vint l’appel, son pouls battait encore très fort ; elle avait la bouche sèche.

Elle entendit la clé tourner dans la serrure. Elle sentit, plutôt qu’elle ne vit, la porte s’ouvrir brusquement. Elle rassembla d’une main gantée ses jupes noires ; d’un mouvement hésitant, elle se leva de son banc de bois, puis sortit dans le couloir et tourna vers l’escalier en pierre, ignorant la surveillante qui proposait de la soutenir.

À présent, elle entend le murmure de nombreuses voix là-haut, le bruit de pas, des raclements de gorge. L’air même semble animé d’un frémissement lourd de sens. Gravissant lentement chaque marche, elle lutte pour composer son visage et calmer sa respiration.

Mesurant cinq pieds et trois pouces, d’une pâleur d’albâtre sous un fin voile noir, la jeune veuve toute mince n’a jamais semblé plus fragile qu’au moment où elle apparaît dans l’espace central du tribunal bondé. Ayant franchi, sur sa droite, un portillon qui lui arrive à hauteur de hanche, elle pénètre dans le box des accusés et avance une nouvelle fois son siège près de la rambarde. Elle laisse délibérément reposer ses mains fluettes sur ses genoux. Deux gardiennes de prison se tiennent à proximité derrière elle, une de chaque côté.

Elle s’est réveillée à l’aube et il est maintenant presque quatre heures moins dix de l’après-midi. Le juge voûté revient par une porte située directement en face d’elle. Au moment où elle lève les yeux vers lui, le regard fixe et déterminé, elle est le point de mire de toute la salle. À la gauche du juge Stephen, un rideau foncé ondule avant d’être tiré sur le côté. Douze hommes vêtus d’un manteau noir pénètrent en rang dans le box des jurés. Il ne leur a fallu que quarante-trois minutes. Elle se demande si l’un d’entre eux osera se tourner vers elle. Elle est résolue à ne pas éviter leur regard.

Des grains de poussière dansent dans la lumière qui filtre obliquement par les fenêtres, avant qu’un nuage ne cache les rayons du soleil. Chassées par un vent fort, des gouttes de pluie s’éparpillent contre la verrière au-dessus de sa tête. Suivent alors plusieurs secondes de silence.

Elle entend l’avoué poser sa dernière question.

Elle se redresse dans son fauteuil, sent le plancher nu sous ses pieds, tente de lever le menton.

C’est l’heure.

 

 

 

 

 

 

 

 

PREMIÈRE PARTIE

 

 

 

1

 

Mars 1889

 

 

« Chaque fois que la sonnette retentit, je me sens prête à défaillir de peur que ce ne soit quelqu’un venu se faire payer un acompte. »

Tandis qu’elle réfléchissait, sa plume était restée un instant en suspens au-dessus de la lettre.

« Quand Jim rentre le soir, poursuivit-elle de sa belle écriture cursive, c’est apeurée et toute tremblante que je scrute son visage pour voir si quelqu’un est passé au bureau à propos de mes factures. »

 

 

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