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Journal de la veuve
de Mick Jackson

Le 07/03/2013 à 19:26 - 0 commentaire

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Total pages :

Prix :

Mick Jackson

Christian Bourgois

littÉrature anglo-saxonne

09/02/2012

9782267022889

275

15 €

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ISBN : 9782267022889

Editeur : Christian Bourgois

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ISBN : 9782267023091

Editeur : Christian Bourgois

Prix grand format : 11.99 €

 

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Résumé du livre
La narratrice, une femme d'une soixantaine d'années, a perdu subitement son mari. Elle n'a ni enfants ni famille, et ses rares connaissances ne lui proposent qu'un soutien très élémentaire. Assaillie de témoignages de sympathie qu'elle n'a pas le sentiment de mériter, elle cède à la panique et saute à bord de la Jaguar du défunt pour s'enfuir loin de leur grande demeure londonienne, désormais vide.

 

Premier chapitre

Je crois qu’au moment où j’ai fiché le camp de la maison, je n’avais pas d’idée bien précise quant à ma destination. Mais je devais me douter qu’il ne s’agissait pas seulement d’une courte escapade, sinon je n’aurais pas emporté un sac.

À l’âge qui est le mien, on ramasse machinalement clés, sac à main, étui à lunettes, etc., dès qu’on met le pied dehors. Mais j’avais également trouvé le moyen d’attraper une poignée de vêtements et de les glisser dans un fourre-tout. Je devais donc savoir que je n’allais pas rentrer avant au moins un jour ou deux.

Des parties considérables du trajet sont restées en pointillés. Je me souviens toutefois d’avoir à un moment donné baissé la vitre pour pousser un hurlement. J’avais du mal à respirer. Non, ce n’est pas tout à fait exact. Il me semblait que j’étais en train de perdre la raison. J’ai donc baissé la vitre pour passer la tête à l’extérieur dans l’espoir que le vent m’aiderait à quitter l’endroit aussi terrible que terrifiant où je m’étais laissé enfermer. Et je me revois en train de hurler sans désemparer, à pleins poumons, dans la nuit.

Je suis quand même soulagée de n’avoir pas causé d’accident. Car j’aurais fort bien pu me tuer et tuer quiconque aurait traversé la route devant moi. Cette fichue Jag est beaucoup trop grosse et trop puissante. Je ne l’ai jamais aimée. Mais c’est tout ce que j’avais sous la main, puisque ma ravissante petite Audi était restée chez Ginny.

Erratique.

C’est, j’imagine, le terme qu’auraient employé les policiers si j’avais eu affaire à eux. « La désaxée conduisait son véhicule de façon erratique quand nous l’avons forcée à s’arrêter », auraient-ils consigné dans leur rapport.

Je me rappelle m’être retrouvée sur la M11, autoroute pour laquelle j’ai pas mal d’affection, pour autant qu’une telle observation ne soit pas parfaitement ridicule, étant donné que j’ai aussi énormément d’affection pour d’autres choses, comme les broches anciennes, les petits animaux à fourrure et même une ou deux personnes. Toujours est-il que je me suis retrouvée en train de rouler vers le nord sur la M11. Je n’avais plus qu’à décider si j’allais m’arrêter à Cambridge ou bien prendre à droite et filer vers Walberswick et Southwold, ou bien encore poursuivre en direction de la côte nord du Norfolk. J’ai tout de suite su ce que j’allais choisir.

Au départ, mon idée était avant tout de déguerpir de Londres. J’avais réussi je ne sais comment à trouver la M25, puis j’avais pris vers l’est. Je revois encore cette décourageante succession de passages souterrains, du côté de Waltham Abbey. Puis je me suis engagée sur la M11. Et j’ai abouti ici.

J’ai fait le plein juste avant Cambridge et j’en ai profité pour demander ma route. Peut-être parce qu’il avait affaire à une femme – a fortiori une femme au visage bouffi et trempé de larmes –, le jeune homme du garage s’est borné à me suggérer de suivre les panneaux indiquant Norwich, puis la signalisation menant à l’une ou l’autre des localités de la côte. Sur quoi je l’ai laissé à son magazine et chacun de nous a poursuivi sa vie de son côté.

 

 

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